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Automobile : est-ce encore rentable de produire des petites voitures en France ?

L'usine Toyota d'Onnaing, dans le Nord, a sorti plus de 4 millions de véhicules depuis son ouverture il y a vingt ans, et le succès est toujours au rendez-vous.

L'usine Toyota à Onnaing, dans le Nord (image d'illustration)
L'usine Toyota à Onnaing, dans le Nord (image d'illustration)
Crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Automobile : est-ce encore rentable de produire des petites voitures en France ?
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Christophe Bourroux - édité par Florine Boukhelifa

Le 12 novembre 1998, Jean-Louis Borloo, maire de Valenciennes, et Hiroshi Okuda, patron de Toyota, boivent symboliquement du saké devant les caméras du monde entier. Ils scellent ainsi le mariage entre le troisième constructeur automobile mondial de l'époque et Valenciennes, une ville industrielle touchée par le chômage après la crise de la sidérurgie, avec l'usine Toyota d'Onnaing, dans le Nord. 

Depuis le "made in France" version nippone est un succès qui démontre que produire une petite voiture sur le sol national est rentable. En vingt ans, plus de 4 millions de véhicules sont sortis de l'usine nordiste. Celle-ci a plus que doublé ses effectifs avec actuellement 5.000 salariés. L'usine d'Onnaing est désormais le deuxième site automobile de France, après celui de Stellantis à Sochaux. 

De leur côté, les constructeurs nationaux, eux, fabriquent de plus en plus leurs petits modèles à l'étranger. Par exemple, les deux stars du marché, la Peugeot 208 et la Renault Clio, sont respectivement fabriquées en Turquie et Slovaquie. La Twingo vient quant à elle de Slovénie. Pour le Renault Captur, la Peugeot 2008 et la Citroën C3 Aircross, cela se passe en Espagne. Pendant ce temps-là, la Yaris est devenue la première voiture à décrocher le label "Origine France garantie"

Toyota "moins impacté" par la crise que d'autres constructeurs

Une réussite grâce à plusieurs secrets. Plutôt que d'importer ses voitures du Japon, Toyota a choisi de réduire les coûts de transport en s'implantant dans le nord de la France, plus proche de ses clients européens. Le constructeur fait également beaucoup travailler ses fournisseurs à proximité. Enfin, l'usine est l'une des plus compacte au monde : avec 30% de superficie de moins par rapport à d’autres sites comparables, les stocks sont réduits et les besoins énergétiques pour chauffer sont moins importants. Toyota a donc su trouver le bon filon avec sa Yaris, dont la nouvelle version a été élue voiture de l'année

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Les Japonais ont également une avance sur l'hybride. Alors qu'au départ tout le monde se moquait de leur moteur essence électrique, l'hybride représente désormais 80% de la production pour la Yaris, soit quatre fois plus qu'il y a cinq ans, même 95% pour le Yaris cross, le petit SUV désormais produit à l'usine.

Avec la pandémie, la production Toyota a subi de plein fouet, comme les autres constructeurs, la crise des semi-conducteurs. 30.000 véhicules ne sont pas sortis des lignes de production depuis l'été dernier, avec une longue fermeture du site, mais le bout du tunnel semble proche.

"Nous n'avons pas coupé nos commandes donc nous avons pu bénéficier de livraisons (de semi-conducteurs, ndlr) plus longtemps que nos concurrents. À partir de ce moment là, nous sommes impactés, mais beaucoup moins que d'autres constructeurs", détaille ainsi Didier Leroy, président du conseil d'administration Toyota Europe, et premier dirigeant de l'usine d'Onnaing.

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