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Attentats à Paris : "ll était indispensable que l'état d'urgence soit contrôlé", explique le porte-parole du Parti socialiste

REPLAY / INVITÉS RTL - Éric Dupond-Moretti et Carlos Da Silva, favorables à l'état d'urgence prolongé pour trois mois, souhaitent cependant qu'il soit encadré afin d'éviter les abus et de basculer dans un état de non-droit.

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État d'urgence et abus : "Le fait qu'on ait ce débat montre que l'état d'urgence est regardé avec vigilance", explique le porte-parole du PS Crédit Image : AFP PHOTO PIERRE ANDRIEU | Crédit Média : Yves Calvi | Durée : | Date : La page de l'émission
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Yves Calvi et Édouard Nguyen

"Avant d'être en guerre, nous sommes en deuil et j’appréhende à quel point c’est difficile de sortir de cet unanimisme qui unit notre pays et qui fait que François Hollande vient de gagner dix points", commence Éric Dupond-Moretti qui comprend le désir de sécurité des Français. Cependant, il met en garde contre certains abus comme celles des gardes à vue alors qu'elles sont en forte baisse dorénavant : de 900.000 gardes à vue par an, on en est à 250.000 aujourd’hui. "Ce qui veut dire que l’on a abusé. Et d’ailleurs c’est vieux comme Montesquieu, tout homme qui a du pouvoir est tenté d’en abuser. Ce que je regrette c’est qu’il n’y a pas d’intervention du judiciaire".

Or, pour Carlos Da Silva, le porte-parole du Parti socialiste, "le simple fait qu’on ait ce débat et que maître Dupond-Moretti s’exprime librement montre que l’état d’urgence est évidemment regardé avec vigilance. Il était indispensable qu’il soit contrôlé", explique-t-il. "Je le rappelle, la prolongation de l’état d’urgence telle que nous l’avons votée permet un contrôle accru du Parlement. Il y aura un point tous les quinze jours réalisé par le Premier ministre avec les présidents des groupes parlementaires et les présidents des commissions concernées". Le président de la commission des lois, Jean-Jacques Urvoas, doit ainsi faire des propositions mercredi 2 décembre afin de vérifier que l'état d'urgence se fasse pleinement dans l'État de droit. 

Soyons vigilant, ceux qui contrôlent la police ce n’est pas que l’administration, ça doit être aussi le juge judiciaire

Éric Dupond-Moretti
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"Nous voulons l’état d’urgence et l’État de droit, explique Carlos Da Silva. Mais ce n’est pas seulement des armes de guerre, c’est près de 300 armes en tout. Pas des canifs, pas des lance-pierres, des armes qui pouvaient servir à des attentats. Voilà ce qui a été intercepté par les forces de l’ordre". Ainsi, parmi les 316 assignations à domicile, 26 ont eu lieu dans le cadre de la COP21. Bien que le porte-parole du Parti socialiste affirme que "des gens cagoulés, avec des boulons dans les poches, on ne peut pas considérer que ce sont des militants de la COP21".

Les abus ont toujours existé

Des arrestations et des assignations que pointent du doigt l'avocat Éric Dupond-Moretti. '"Voilà un exemple type d’abus parce que si les gens se promènent, dans le but de troubler l’ordre public avec des boulons, on peut les appréhender et on peut les déférer devant un juge. Mais attendez, avant l’état d’urgence, qu’est-ce qu’on faisait ?", questionne-t-il même s'il confesse que les abus ont toujours existé. "Que l’on se batte contre ces barbares qui ont commis ces crimes qui nous révoltent tous, c’est une chose. Mais que cela nous permette de quitter la Constitution qui précise que le garant de la liberté individuelle de notre pays c’est le juge judiciaire, c’est un pas qu’on ne peut pas accepter", conclut-il.

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Pour Carlos Da Silva, les institutions fonctionnent : la quasi-totalité des parlementaires ont voté l’état d’urgence et un contrôle parlementaire accru. Les parlementaires s'engagent également à une réflexion à travers des voies importantes. Parmi lesquelles ? Celle du président de la commission de l’Assemblée nationale ou de l’ancien garde des Sceaux pour vérifier que l’état d’urgence garantit l’État de droit.

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