1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Attentats à Paris : "l'émir blanc" d'Artigat mis en garde à vue
3 min de lecture

Attentats à Paris : "l'émir blanc" d'Artigat mis en garde à vue

PORTRAIT - Cette figure historique de la mouvance jihadiste en France a été mise en garde à vue mardi 24 novembre, après une perquisition dans sa ferme à Artigat, dans l'Ariège.

"L'émir blanc" Olivier Corel avait déjà été placé en garde à vue en 2014 dans le cadre de l'affaire Merah.
"L'émir blanc" Olivier Corel avait déjà été placé en garde à vue en 2014 dans le cadre de l'affaire Merah.
Crédit : AFP / REMY GABALDA
Geoffroy Lang
Geoffroy Lang
Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Les enquêteurs continuent d'explorer toutes les pistes dans leur recherche d'éventuelles complicités après les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. Le questionnement sur la présence en France de Fabien Clain, le porte-parole de l'État islamique qui a revendiqué les attaques, a fait remonter l'enquête jusqu'à une vielle connaissance de la justice française, Olivier Corel, mise en garde à vue après une perquisition à son domicile dans l'Ariège. Surnommé "l'émir blanc", cette figure historique de la mouvance jihadiste en France avait déjà été dans le collimateur de la justice française au moment de l'affaire Mohammed Merah.

Des moyens ont été déployés pour la perquisition menée le 24 novembre dans la ferme du mentor de Fabien Clain à Artigat (Ariège) : deux hélicoptères de gendarmerie ont survolé les lieux pendant l'intervention des membres des forces de l'antiterrorisme et de la sécurité informatique. Depuis cette petite commune de 600 habitants, ce théologien de l'islam radical, âgé aujourd'hui de 69 ans, est soupçonné d'avoir prêché le jihad et favorisé le départ vers la Syrie de nombreux jeunes de la région toulousaine dans les années 2000. Dans sa ferme, Fabien Clain, le porte-voix francophone de Daesh fera la rencontre d'Abdelkader Merah et son ami Sabri Essid, le frère et le beau-frère de Mohammed Merah. Ce dernier a été identifié en Syrie depuis, sur des vidéos d'exécutions publiées par l'État islamique.

Mis en examen mais jamais condamné

Les services de renseignements français s'intéressent pour la première fois à Olivier Corel en 2005. Une lettre anonyme est alors adressée à l'ambassadeur de Tunisie pour prévenir qu'un certain Sabri Essid prépare des attentats terroristes dans des supermarchés toulousains mais aussi contre le consul américain à Lyon. Le suspect est aussitôt arrêté mais aucun indice n'indique la préparation d'attentat chez Sabri Essid. En revanche, les enquêteurs découvrent de nombreuses prêches islamistes, pour certaines à la gloire d'Oussama Ben Laden, le leader d'Al-Qaïda.

Petit à petit, la police découvre l'existence d'un véritable réseau salafiste à Toulouse, à la tête duquel se trouve le mystérieux Olivier Corel, un français d'origine syrienne qui s'est installé dans l'Ariège à la fin des années 80. Parmi les fidèles de "l'émir blanc", on retrouve des pratiquants d'un l'islam rigoriste et des convertis du quartier populaire du Mirail à Toulouse, comme les frères Jean-Michel et Fabien Clain et leur "clan des Belphégor". Les Toulousains se rendent régulièrement à la ferme d'Olivier Corel pour assister à des réunions où leur mentor donne des prêches et des séances de lecture du Coran. Mais les plus intimes ont aussi le droit à des séances d'initiation au jihad.

À écouter aussi

En 2006, Sabri Essid et Thomas Barnouin, un converti albigeois, sont arrêtés en Syrie alors qu'il tentent de faire passer des candidats au jihad en Irak. Des perquisitions sont menées dans la ferme d'Artigat et de nouveaux textes radicaux sont trouvés, ainsi que des icônes d'Oussama Ben Laden et Abou Moussab Al-Zarquaoui, l'ancien chef d'Al Qaïda en Irak. Rien ne permet d'étayer les soupçons de la justice sur l'implication direct d'Olivier Corel. Plusieurs condamnation sont prononcées, notamment à l'encontre