3 min de lecture Thanksgiving

Andréa Bescond tance "la frénésie commerciale" des fêtes traditionnelles

BILLET - Thanksgiving, Black Friday, Saint-Valentin, Noël, des fêtes commerciales "aux origines parfois violentes et douteuses", estime Andréa Bescond.

oeil monde - L'oeil de... Natacha Polony & Andréa Bescond & Philippe Caverivière & Olivier Mazerolle iTunes RSS
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Andréa Bescond tance "la frénésie commerciale" des fêtes traditionnelles Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Date :
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Andréa Bescond édité par Paul Turban

Maxime est amoureux. Il était à la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles samedi avec ses copains. Un d’entre eux lui avait dit : "Nous sommes des hommes, et la moindre des choses est que nous soutenions les femmes dans les injustices qu’elles subissent, il faut que ça change." 

Il y était allé, et avait été enchanté que des millions d’hommes étaient présents dans un symbole de fraternité. Et alors qu’il scandait sa solidarité avec ferveur, il avait aperçu cette femme, énergique et souriante, habillée de violet. 

Le temps s’était ralenti. Elle avait croisé son regard, et ils s’étaient aimés tout de suite. Elle était Américaine. Elle était en voyage à Paris. Elle était venue quelques jours chez lui et leur passion était intense. Puis elle avait évoqué la fête de Thanksgiving qui arrive jeudi. Maxime n’avait jamais été sensible aux fêtes importées des Etats-Unis. 

Thanksgiving, la fête avant le massacre

Il était déjà bien agacé que saint Nicolas n’apporte plus les cadeaux le 6 décembre dans son costume vert, mais ait été transformé par les chrétiens américains qui avaient repris la tradition en datant la venue de ce bienfaiteur le même jour que la naissance du petit Jésus. Le clou de l’indécence avait été ce dorénavant Père Noël rouge par la marque Coca-Cola. 

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A l’évocation de Thanksgiving, Maxime avait tout de suite pensé à cette tragique partie de l’histoire américaine qui racontait qu’en 1620, les Indigènes avaient apporté de l’aide aux Européens débarqués sur cette terre nouvelle. Les Indiens leur avaient appris à cultiver les sols, et en guise de remerciement, le gouvernement Bradford les avait conviés à déguster une dinde lors d’un repas festif. La tradition de Thanksgiving était née de cet événement. 

Une grande fête avant le génocide des Indiens d’Amérique décimés un à un par les colons blancs européens. L’idée de la traditionnelle dinde et de la purée de patate douce aux shamallows donnait à Maxime la nausée. Il avait intelligemment évité de donner une réponse à la précieuse Américaine qui s’était alors empressée de se réjouir qu’au lendemain de Thanksgiving, c’était le Black Friday. 

Une frénésie commerciale

Maxime avait lu un article qui raconte que le lendemain de Thanksgiving, de nombreux salariés se faisaient porter pâle et n’allaient pas travailler. Les patrons avaient mis en place le Black Friday pour permettre aux salariés en arrêt maladie de faire les magasins, et rapporter ainsi quelques milliards de dollars aux entreprises américaines. La frénésie commerciale s’était répandue jusqu’en France et cette idée de dépenser de l’argent qu’il n’avait pas révulsait Maxime. 

Il avait pensé à toutes ces fêtes à des fins commerciales, aux origines parfois violentes et douteuses, destinées à une seule chose : dépenser. La fête des mères pour favoriser la natalité, la fête des pères créée par une marque de briquet, la fête des grands-mères créée par une marque de café. 

La Saint-Valentin, une histoire de viols et violences

Il s’était alors projeté au 14 février, la Saint-Valentin. La panique l’envahissait car il aimait cette fille. A l’époque médiévale, à cette date, les hommes se déguisaient en ours afin de chasser les femmes, les amener dans leur tanière pour leur faire subir des viols, sans compter les coups de fouet pour les rendre plus fécondes et les purifier en frappant leur corps nu. 

Maxime s’était tu. Il avait embrassé sa précieuse Américaine. Il avait fermé les yeux. Il s’était retrouvé à l’instant magique où il l’avait aperçu quelques jours avant, entourée d’hommes et de femmes marchant contre les violences dans une unité parfaite. Un instant dénué de toute cupidité. Il l’avait regardé, et il lui avait souri. 

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