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Agressions sexuelles : l'entreprise Uber devra rendre des comptes au gouvernement

Uber, qui a révélé avoir enregistré des milliers d'agressions sexuelles aux États-Unis, est aussi en pleine polémique après une série de plaintes de clientes en France.

Uber : les chauffeurs sont désormais des salariés
Uber : les chauffeurs sont désormais des salariés Crédit : JOSH EDELSON / AFP
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Sarah Rozenbaum et AFP

L'entreprise Uber va être reçue par le gouvernement jeudi afin de rendre des comptes concernant une série de plaintes de clientes sur des agressions sexuelles commises par des chauffeurs.

Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations rencontrera jeudi les dirigeants d'Uber France. "Il faut qu'Uber rende des comptes", affirme-t-elle. "Lors de cette réunion, nous allons prendre au cas par cas les histoires qui me sont remontées et parler, au global, de ce qui est mis en place pour les femmes qui utilisent Uber".

Cette mise en demeure du gouvernement français intervient après la révélation le 5 décembre par l'entreprise que 5.981 agressions sexuelles (attouchements, tentatives d'agression, viols) ont été rapportées par des utilisateurs ou des conducteurs de son service, ainsi que des tiers, aux États-Unis en 2017 et 2018. Le groupe américain avait précisé que cela représentait "0,00002% des courses".

"Une faille dans le système"

Camille*, 25 ans, a été agressée en rentrant de festival en juillet dernier. Elle porte plainte le jour-même et lorsque le #Ubercestover est devenu viral sur les réseaux sociaux, la plateforme a transmis la plaque et l'identité de son chauffeur aux autorités, selon Camille et Uber France. "Auparavant, si les forces de l'ordre ne nous contactaient pas, nous ne donnions pas les informations", affirme Rym Staker, chargée de la communication de l'entreprise. Après les cas qui ont été signalés, l'entreprise a décidé de transmettre les informations aux forces de l'ordre dès que la victime portait plainte.  

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Anaïs*, 25 ans, a été violée dans un véhicule Uber en 2016. Son agresseur, condamné en première et deuxième instance à 8 ans d'emprisonnement, s'est pourvu en cassation. Après le viol, l'homme dépose Anaïs chez elle et sa colocataire prévient la police. L'ADN parle : c'était en fait le frère de "celui qui avait le compte Uber". Malgré son témoignage qui a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, Anaïs n'avait toujours pas été contactée par Uber vendredi. Mme Staker assure qu'Uber "souhaite entrer en contact avec elle". Anaïs témoigne, car elle estime qu'"il y a une faille dans le système", et veut que "la parole se libère".

"Situation très préoccupante"

C'est justement pour que la "parole des victimes soit entendue" qu'Anna Toumazoff, "influenceuse" et militante féministe, a lancé le mot-clé #Ubercestover. Le 17 novembre, elle raconte aux 30.000 abonnés de son compte Instagram les cas de Sonia et Noémie, qui disent avoir été agressées par le même chauffeur à deux ans d'intervalle à Strasbourg et reçoit près de 700 témoignages dans ses messages privés.

"Je pensais que grâce à cette plateforme, j'allais mettre en relation ces deux personnes avec Uber et que le problème se réglerait entre eux", se souvient Anna Toumazoff. Mais le géant des VTC ne réagit pas. Et pire encore, "les commentaires Twitter qui signalent le problème sont supprimés".

Depuis, l'entreprise s'est confondue en excuses. Avoir supprimé les commentaires "est inacceptable", reconnaît Steve Salom, patron d'Uber France. Il a justifié a suppression de ces commentaires par l'emploi d'un système de modération automatisé.

*Camille et Anaïs n'ont pas souhaité que leur nom de famille apparaissent

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