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Affaire Weinstein : Quentin Tarantino savait, mais a "mis de côté"

REPLAY - Le réalisateur américain a reconnu qu'il savait que son ami, Harvey Weinstein, agressait et harcelait des actrices.

Le réalisateur Quentin Tarantino lors de la présentation de son film Django Unchained à Berlin en janvier dernier.
Le réalisateur Quentin Tarantino lors de la présentation de son film Django Unchained à Berlin en janvier dernier.
Crédit : afp
Affaire Weinstein : Quentin Tarantino savait, mais a "mis de côté"
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Amandine Bégot

Le scandale Harvey Weinstein continue de faire la une des journaux. Aux États-Unis d'abord avec Quentin Tarantino, un très proche du producteur, qui sort du silence. "Je savais", reconnait-il ce matin dans les colonnes du New York Times. "J'en savais suffisamment pour réagir". Il ajoute : "C'était plus que les rumeurs habituelles, les ragots. ce n'était pas des 'on dit'. Je savais qu'il avait fait plusieurs de ces choses."

Tarantino raconte notamment que Mira Sorvino, son ancienne compagne, lui avait fait part d'attouchements non consentis de la part d'Harvey Weinstein. Le réalisateur regrette aujourd'hui d'avoir "mis de côté" cet épisode, d'autant que ce n'était pas le seul dont il avait eu connaissance. Tarantino reconnait aussi avoir été au courant de l'accord à l'amiable signé entre Rose McGowan et Harvey Weinstein.

"J'aurais aimé avoir agi de façon responsable devant ce que j'ai entendu. Si j'avais fait ce que j'aurais dû faire, il aurait fallu que je ne travaille pas avec lui." Weinstein-Tarantino c'est l'un des duos magiques du cinéma américain. On leur doit notamment Reservoir Dogs, Kill Bill, Pulp Fiction ou encore Inglourious Basterds.

Mélanie Laurent se confie

L'affaire Weinstein que l'on retrouve également à la une de bons nombres des hebdos cette semaine. L'Obs, Paris Match, VSD. Et quand ce n'est pas la une, ce sont au moins plusieurs pages qui sont consacrées à la question. Six dans le magazine Elle, où l'on retrouve notamment une interview de Mélanie Laurent qui a rencontré Harvey Weinstein sur le tournage justement d'Inglorious Basterds.

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"J'avais en tête, raconte-t-elle, des rumeurs qui circulaient, je n'avais jamais entendu de témoignages directs mais ce qui circulait c'était le traumatisme des rencontres avec lui. On sentait bien qu'il y avait un avant et un après. On m'avait dit 'fais attention'. J'ai fait attention, il ne m'est rien arrivé. J'ai esquivé toute rencontre en tête à tête. C'est bien simple, quand il m'invitait, je disais que je n'étais pas là".

"Certaines personnes de mon entourage, raconte l'actrice, me suggéraient de ne pas le froisser. 'Fais gaffe, il pèse'". "C'est, conclut-elle, mon instinct de protection qui m'a poussée à le fuir."

Faut-il tout dire ?

Des révélations, des confessions qui suscitent de très nombreux débats, dans la presse, mais aussi au bureau, partout. Faut-il tout dire ? Que faire, comment réagir face à ce que certains appellent le grand déballage ? Sébastien Lacroix s'indigne ce matin dans son édito dans l'Union. Trop c'est trop. "L'heure est à la dénonciation tous azimuts, chacun doit s'y mettre. Il faut dénoncer les riches qui profitent de la réforme de l'ISF, dénoncer les élus magouilleurs, les clients des prostituées, les restaurateurs qui ne font pas la cuisine, les mauvais parents, il faut dénoncer ceux qui refusent de dénoncer. Tout le monde doit être une balance. Et la justice, dans tout ça ?" s'interroge-t-il. "Contournée, ignorée. Car incapable de faire face. Uberisée par Twitter. Attention, danger !"

Du grand déballage au décryptage. L'Humanité voit dans les événements de ces dernières semaines l'illustration d'un mouvement profond qui secoue la France depuis plusieurs années. "Nouvelle vague, renouveau, troisième vague... Si les mots utilisés font parfois débats, tout le monde s'accorde à dire que le mouvement féministe est aujourd'hui plus fort que jamais", écrit le quotidien. L'historienne Christine Bard confirme : "On vit un pic de mobilisation avec un fort intérêt chez les jeunes".

Mouvement initié il y a quelques années déjà, notamment par des stars comme Beyoncé. Le 24 août 2014, la reine de la pop affichait un immense "FEMINIST" derrière elle aux MTV Video Music Awards. "L'impact a été énorme auprès des jeunes générations", raconte la journaliste Elise Thiébaut. "Les événements de ces dernières semaines n'ont, d'après elle, fait qu'amplifier les choses"

Adieux à Danielle Darieux

La presse rend hommage ce matin à Danielle Darieux. "L'actrice du siècle", titre Libération, qui lui consacre une magnifique une. Photo en noir et blanc et ce regard mélancolique
archétype de la femme affranchie. "L'actrice a toujours eu une longueur d'avance sur les nombreuses époques qu'elle a traversées", écrit Libé. "Fausse désinvolte et vraie mélancolique, elle fut l'antivamp par excellence."

Retour sur une carrière débutée à l'âge de 13 ans et presque annoncée. La mère de Danielle Darieux avait, raconte Libération, vu une voyante, peu de temps après sa naissance
en tirant le thème astral du bébé, cette dame avait dit : "c'est absolument invraisemblable, on voit son visage un peu partout dans le monde". Elle n'avait pas su en dire plus à l'époque.

La suite on la connait. Des dizaines et des dizaines de films, pendant plus de 80 ans pour elle qui se disait flemmarde. Ça lui coûtait avait-elle raconté en 2002 à Libération de tourner ou d’être sur scène, elle préférait rester chez elle face à son jardin, à regarder les arbres. Heureusement pour nous, elle ne s'est pas écoutée.

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