4 min de lecture Terrorisme

2017, une bonne année pour qui ?

Les journaux se demandent, ce lundi 2 janvier, qui seront les gagnants de cette nouvelle année, qui promet d'être marquée par la menace terroriste toujours à son niveau maximum et l'élection présidentielle.

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2017, une bonne année pour qui ? Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

En ce 2 janvier, les journaux sont comme nous, ils rêvent, ils s'interrogent, ils essaient de garder le sourire, mais ils sont vite rattrapés par la réalité. La réalité du terrorisme d'abord, en une du Figaro "La Turquie dans la spirale de la violence" et en une du Monde cet après midi "Réveillon tragique à Istanbul". "Carnage à Istanbul", titre Le Parisien-Aujourd'hui en France. L'attaque dans une boîte de nuit d'Istanbul a fait 39 morts et n'avait toujours pas été revendiquée dimanche soir, mais comme l'écrit notamment Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne, tout laisse à penser qu'elle porte la signature de Daech (le groupe terroriste a finalement revendiqué l'attentat lundi matin).

L'acte visait tout ce que déteste l'organisation terroriste : la fête, les boissons alcoolisées, la musique, l'émancipation féminine (...) La date choisie - le 31 décembre - n'est pas due au hasard non plus : ce sont les vœux sanglants du terrorisme international qui tient à nous faire connaître ses intentions pour l'année qui vient juste de commencer (...) Dans la République des Pyrénées, Jean-Michel Helvig rappelle que Daesh n'a jusqu'à présent jamais signé ses crimes en Turquie, tout en ne faisant rien pour qu'on en ignore l'origine. La raison est que l'État islamique s'est toujours servi du territoire turc comme base arrière avec de larges complicités quand le président Erdogan le soutenait en sous main pour abattre le régime de Bachar al-Assad. Ça c'était avant, avant qu'Ankara ne choisisse d'être dans le camp de ceux qui combattent les rebelles anti-Bachar. Ce que Geogres Malbrunot appelle dans le Figaro "les zig zag d'Erdogan sur le dossier syrien".

2017, année du patron ou du salarié ?

Dans un long édito en une du Figaro puis sur une pleine page, Serge Dassault, le propriétaire du journal adresse ses vœux aux lecteurs comme à chaque nouvelle année. L'année 2017 qui verra l'élection d'un nouveau président; "peut-être l'occasion, la dernière, de briser la spirale du déclin et d'enclencher un sursaut salutaire", écrit-il, avant de parler du chômage, de la faillite de notre système éducatif, de la lutte contre le terrorisme et "un autre péril dont on ne dit rien je veux parler de notre dette publique et du danger de faillite que l'augmentation des taux d'intérêt fait peser sur la survie de notre pays".

Et Serge Dassault de développer des propositions, "mon système", comme il dit, "réinstaurer un certificat d'éudte à la fin du CM2, remplacer l’impôt sur le revenu par un impôt moderne proportionnel et universel avec trois taux constants". Bref Dassault président !

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Les vœux du patron c'est fait, mais que l'on ne s'y trompe pas, 2017 ne sera pas l'année du patron, ce sera l'année du salarié. C'est Philippe Marcacci dans L'Est Républicain qui nous le dit, parce que par la magie du prélèvement à la source qui devrait entrer en vigueur en janvier 2018, la plupart des revenus de l'année ne seront pas pris en compte dans le calcul de l'impôt. "À partir d'aujourd'hui, écrit l'éditorialiste, travaillez sans relâche. Ce que vous gagnerez en 2017 ne sera, dans la majorité des cas, jamais soumis à l'impôt. Et cela ne durera qu'un an."

Et puis c'est aussi l'année du salarié grâce au calendrier que vous pourrez découper dans le Parisien-Aujourd'hui en France et qui nous prévient : 2017 année des ponts! Sur les 11 jours fériés de l'année, 5 tombent un lundi, c'est le cas des 1e et 8 mai. Le journal a fait le calcul, 2017 va nous offrir 6 week-end de trois jours et 2 week-end de 4 jours ! En revanche, oubliez le 11 novembre qui tombe un samedi !

2017, année de commémoration

La Croix nous le rappelle en une : il a 15 ans ce matin, et il continue sa crise d'ado...l'euro ! L'entrée en vigueur de la monnaie unique c'était en janvier 2002 et le journal dresse un premier bilan, pour les uns l'euro est un bouclier efficace face aux turbulences du monde, pour les autres un carcan qui épuise les plus faibles. La Croix proppose 15 chiffres pour souffler les 15 bougies. Et l'article a au moins le mérite de nous montrer que peu à peu, on ne résonne plus en francs, en rappelant par exemple qu'une Clio coûtait 72 400 francs. Et puis autre chiffre, 4 francs 40, c'était le prix de ma baguette de pain en 2001 soit 67 centimes d'euros. Le prix moyen est aujourd'hui de 87 centimes. Soit une augmentation moyenne de 2% par an depuis 2002. c'est à peine plus que l'inflation. Merci La Croix d'avoir mis fin à cette idée reçue qui voudrait que le pain soit le meilleur moyen de voir qu'avec l'euro on s'est fait avoir.

2017 année politique

"Année très politique" titre même en une La Dépêche du Midi. Dans cinq mois, nous élirons un nouveau président de la République. "L'année s'ouvre sur l'inconnu", écrit Jean-Claude Souléry dans la Dépêche. Rarement élection présidentielle n'aura réservé autant d'incertitudes, suscité autant de craintes. "L'année 2016 a tellement bousculé la perspective, que 2017 s'ouvre en vertigineuse interrogation", renchérit Jean Pierre Barjou dans la Charente Libre.

"On va débattre. On va se battre. On va jauger les uns et les autres", écrit Patrice Carmouze dans L'Éclair des Pyrénées. Face à Trump, face à Poutine, face à Erdogan, face aux terrorismes, l'année 2017 peut être celle de tous les dangers. Elle est surtout celle de tous les possibles. Les Britanniques ont opté pour le Brexit, les Américains ont choisi Trump, les Français et les Allemands se prononceront dans quelques mois et ce sont ces choix qui façonneront la conjoncture économique de l'année à venir. Alors, c'est qui le patron ? "L'électeur", écrit Frédéric Vézard dans le Parisien.

Électeur en un seul mot, mais puisque c'est la revue de presse, on aurait aussi pu dire les lecteurs en deux mots, car en fait les vrais patrons des journaux ce sont eux. Lisez la presse en 2017, vive nos gazettes, vive ceux qui les font, vivent surtout ceux qui les lisent !

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