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“Panama Papers” : et si c'était le coup de grâce de l'évasion fiscale ?

REPLAY/ ÉDITO - Le scandale des sociétés "offshore" continue de déstabiliser une partie de l'élite mondiale. C'est peut-être un coup fatal porté aux paradis fiscaux.

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"Panama Papers" : et si c'était le coup de grâce de l'évasion fiscale ? Crédit Image : AFP / Archives, Adrian Dennis | Crédit Média : François Lenglet | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet Journaliste RTL

Il semble que l'âge d'or des paradis fiscaux est révolu, avec ce scandale qui touche une partie de l'élite politique et économique mondiale. David Cameron, le premier ministre britannique qui s'enferre dans ses dénégations, des dignitaires chinois, le premier ministre de l'Islande qui a du démissionner, et d'innombrables autres, plus ou moins connus, qui ont mis une partie de leur avoirs à l'abri du fisc de leur pays au Panama. Jérôme Cahuzac n'était pas le seul, loin s'en faut.

Le tournant ne s'explique pas seulement par le fait qu'il s'agit de personnalités connues. C'est aussi à cause de la pression des opinions publiques et du scandale lui-même. On a longtemps cru que ce qui allait faire céder les paradis fiscaux, c'était de mettre ces petits États renégats sur une liste noire, pour interdire le commerce avec eux, et de contrôler les banques. Cela n'a pas marché du tout. La vraie dissuasion nucléaire vient désormais d'ailleurs : c'est la crainte, pour les titulaires des comptes eux-mêmes, d'être dénoncés lors de la publication de documents confidentiels qui ne sont jamais complètement protégés.
Or, s'il n'y a plus de secret bancaire absolu, il n'y a plus de paradis absolu. Celui qui, désormais, montera un trust dans ces États fantoches, prend le risque de voir tous ses secrets révélés, et de subir un sérieux redressement fiscal. Sans compter le coût en terme de réputation, qui peut être fatal pour un responsable politique. Il n'y a plus l'impunité qui prévalait jusqu'ici.

Le rôle des nouvelles technologies

Qu'est-ce qui a provoqué ce changement ? Il faut d'abord noter que l'outil qui a permis cela, ce sont les nouvelles technologies, qui ont accéléré la diffusion de l'information. Pendant vingt ans, les technologies de l'information ont permis l'évasion fiscale, en offrant une liberté sans pareil à tous. Désormais, elles sont utilisées aussi pour surveiller. C'est un retournement majeur dans nos sociétés, qui n'aura pas que des bons côtés.

Ensuite, la crise mondiale a joué son rôle. La tolérance pour la fraude était grande dans la période de beau temps économique, avant la crise. Depuis, tout a changé. Le ressentiment est monté contre les élites, qui sont considérées sinon comme les responsables, du moins comme des protégés. C'est devenu insupportable aux citoyens qui payent leurs impôts de voir que certains parmi les plus fortunés échappent à la loi commune.

Le scandale nettoie le monde des élites

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Ça donne le sentiment que toutes les élites mondiales sont corrompues. Cela n'est évidemment pas vrai. Même si cette affaire, comme celle de HSBC avant elle, donne la mesure de l'étendue incroyable de la fraude organisée. Il y a toujours des scandales après les crises, qui révèlent le monde d'avant sous un jour complètement neuf, scandaleux justement. Il y en a eu de nombreux après la crise des années 1930, c'est pareil aujourd'hui. Le scandale a pour fonction de nettoyer le monde des élites et de le renouveler en partie.

Pourquoi n'y a t-il pas ou peu de personnalités américaines sur ces listes ? C'est un mystère, et peut être ces listes ont-elles été expurgées par la source. Car la fraude fiscale est évidemment aussi répandue aux États-Unis qu'ailleurs, avec Panama ou les Bahamas.

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