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Grèce : quel bilan économique pour Alexis Tsipras, battu aux législatives ?

Battu par la droite aux élections législatives dimanche 7 juillet, Alexis Tsipras laisse derrière lui une Grèce aux finances redressées mais à quel prix ?

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Grèce : quel bilan économique pour Alexis Tsipras, battu aux législatives ? Crédit Image : Louisa GOULIAMAKI / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Cassandre Jeannin

Après la nette victoire de la droite aux législatives dimanche 7 juillet, la Grèce va changer de gouvernement et de politique. Alexis Tsipras, jusqu'alors Premier ministre, concède sa défaite. Arrivé au pouvoir en 2015, il a redressé les finances grecques mais au prix de sacrifices considérables. 

Le leader de Syriza voulait sortir la Grèce de la zone euro et a fini par imposer une politique d'austérité draconienne en contrepartie d'un nouveau prêt européen. L'augmentation des impôts a alimenté un excédent budgétaire devenu l'un des plus importants d'Europe. La croissance est redevenue positive, mais après une saignée sans précédent  pour un pays en temps de paix. 

Néanmoins, le chômage reste à 18%, et bien davantage pour les jeunes. Bon nombre de secteurs de l'économie ont été laminés au fil de ces dix années de crise, et le pays s'est concentré sur son atout principal : le tourisme, un secteur qui n'offre que des métiers peu qualifiés, provoquant l'exode des jeunes diplômés grecs dans les pays du Nord de l'Europe. Ces migrations sont dramatiques parce qu'elles hypothèquent le redressement durable. Il y a une sorte de chassé-croisé : les jeunes grecs qualifiés quittent leur pays pour trouver du travail au nord de l'Europe, et pendant ce temps-là les retraités du Nord viennent en Grèce pour profiter de la belle saison.

Alexis Tsipras a-t-il échoué ?

Ce que les électeurs lui ont reproché, c'est le grand écart entre ses promesses et sa politique. En réalité, il a fait à peu près la même chose que ses prédécesseurs, étant dans le même cadre contraint défini par les créanciers du pays, Europe en tête. Humiliation suprême pour un homme de gauche, au moment où il est fichu dehors par ses concitoyens, les marchés financiers ont adressé au pays leurs félicitations, sous la forme de taux d'intérêt au plus bas de l'histoire du pays, à 2%. Une nouvelle illustration du paradoxe énoncé par le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker : "On sait très bien quelle politique il faut faire, ce qu'on ne sait pas, c'est comment être réélu après l'avoir faite". 

À quoi s'attendre maintenant avec la droite au pouvoir ?

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Quoi qu'ils en disent, ils vont poursuivre ce qu'a fait Alexis Tsipras. Peut-être auront-ils une marge de manœuvre sur la baisse des impôts, que le gouvernement d'avant n'a pas eu à cause de l'obligation d'accumuler des excédents budgétaires. Mais ils se heurteront aussi à la contrainte d'airain qu'a rencontrée leur prédécesseur : une économie anémiée et une dette de près de deux fois le PIB. 

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