2 min de lecture Parfum

Grasse : ce qu'il faut savoir de ses parfums classés au patrimoine de l’Unesco

ÉCLAIRAGE - Pour la ville de Grasse, c'est la reconnaissance de trois siècles d'histoire industrielle. En novembre 2018, l'Unesco a inscrit à son patrimoine immatériel "le savoir-faire de la ville en matière de parfum".

>
Grasse : ce qu'il faut savoir de ses parfums classés au patrimoine de l'Unesco Crédit Image : M6 / Dominique Guido Niels Brunelli Olivier levasseur | Crédit Média : M6 / Niels Brunelli Dominique Guido Olivier Levasseur | Date :
Logo de la chaîne M6
La rédaction de M6 et Sophie Merle

Dans la région de Grasse, on cultive la centifolia, la fameuse rose de mai, qu'on appelle aussi rose de Grasse, la star des plantes à parfum. Elle a un côté très fleuri, très légère et plus le mois avance et plus elle devient épicée et miellée. C'est sans doute ce que les parfumeurs apprécient dans cette fleur.

Chaque année, Armelle Janody produit 7 et 10 tonnes de centifolia. Un produit d'exception qui se monnaie en moyenne 12 euros le kg. Alors pour les cueilleurs mieux vaut être méticuleux. La rose de mai du terroir grassois, on la retrouve dans des parfums stars comme n°5 de Chanel, Joy de Jean Patou, l'Étoile et le papillon de Jean-Michel Duriez, Paris d'YSL ou J'adore de Dior.

Armelle a un contrat d'exclusivité avec la marque française, toute sa production lui est réservée. Mais pour conserver sa senteur unique, elle doit être traitée dans la journée. 

Des processus de fabrication bien rodés

À lire aussi
Fleurs sauvages, France (illustration) Bretagne
Brest : l'origine surprenante d'une odeur de cannabis

Et c'est à l'usine Robertet, l'un des leaders français des arômes, que cette fleur précieuse est traitée. "Quand on reçoit la rose, on essaie de l'aérer de manière à ce qu'elle ne fermente pas. Elle doit garder toute sa fraîcheur avant de passer dans de grands cuves, des extracteurs. C'est à l'intérieur de ces cuves qu'on capte l'odeur de la rose", explique Steve Pellegrin, le responsable de la production.

Un solvant va s'imprégner de l'odeur de la rose, puis va se retrouver après un processus chimique dans une autre cuve sous une forme concentrée. Le liquide qui en sort, une fois solidifié, s'appelle la concrète. C'est cette concrète qui en se solidifiant permet de conserver le parfum de la rose. Pour 1 kilo de concrète, il faut à peu près 350 kilos de fleurs.

Un nez à la recherche de l'excellence

L'extrait obtenu à partir d’une concrète, c'est la matière première pure que vient choisir Jean-Michel Duriez. Il est ce qu'on appelle un nez, l'un des rares créateurs de parfums. Après être passé chez Rochas ou encore Jean Patou, le parfumeur parisien a crée récemment sa propre maison.

Et pour ses créations, il vient faire sa sélection parmi trois lots de centifolia : "Il y en a une qui est plus florale, dans l'autre je trouve qu'il y un côté un peu paille mais elles sont toutes les trois très délicates".

Pour ses parfums, c'est un habitué des matières premières grassoises dont il apprécie le terroir.  "Il y a une note beaucoup plus douce dans les fleurs d'ici, moins animale que dans d'autres pays. On sent le savoir-faire de Robertet et en même temps c'est ce qui fait son prix", commente le parfumeur. Un prix qui peut monter jusqu'à 30 000 euros le kilo d'absolu de rose. 

Le parfum attire les touristes

Si la ville de Grasse est de taille moyenne, son savoir-faire lié au parfum lui est immense. Elle est connue dans le monde entier et les touristes ne viennent que pour une chose :le parfum.

Fragonard, Gallimard et Molinard sont des parfumeurs historiques de la ville. Les trois sociétés reçoivent des centaines de milliers de touristes chaque année pour y faire découvrir les techniques de fabrication et d'élaboration et à chaque fois la visite se termine au même endroit : la boutique où chacun repart avec quelques flacons.

Un peu du terroir grassois que les touristes ramènent chez eux. À Grasse à travers des dizaines de société, le parfum génère près de 3.500 emplois directs et plus de 10.000 indirects.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Parfum Parfums Patrimoine
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7797819136
Grasse : ce qu'il faut savoir de ses parfums classés au patrimoine de l’Unesco
Grasse : ce qu'il faut savoir de ses parfums classés au patrimoine de l’Unesco
ÉCLAIRAGE - Pour la ville de Grasse, c'est la reconnaissance de trois siècles d'histoire industrielle. En novembre 2018, l'Unesco a inscrit à son patrimoine immatériel "le savoir-faire de la ville en matière de parfum".
https://www.rtl.fr/actu/conso/grasse-ce-qu-il-faut-savoir-de-ses-parfums-classes-au-patrimoine-de-l-unesco-7797819136
2019-06-11 18:07:30
https://cdn-media.rtl.fr/cache/YnZWcIhfMQrdKilwwSSG1w/330v220-2/online/image/2019/0611/7797821558_grasse-incrite-au-patrimoine-immateriel-de-l-unesco.jpg