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General Electric plombé par Alstom ?

ÉDITO - Aux États-Unis, mardi 30 octobre, la firme General Electric, un des poids lourds de l'économie mondiale, a annoncé une perte de 23 milliards de dollars.

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General Electric plombé par Alstom ? Crédit Image : AFP / SEBASTIEN BOZON | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You
Martial You et Leia Hoarau

23 milliards de dollars de perte. Une journée noire à la Bourse de New York où le titre a perdu près de 9% pour atteindre son plus bas niveau depuis 2009, l'année de la Grande crise. Le PDG a annoncé que les actionnaires ne toucheraient qu'un cent par action de dividende, soit 12 fois moins que prévu. Le dividende, c'est la rémunération, le bonus des actionnaires.

Il faut bien comprendre de quelle entreprise on parle : General Electric, c'est un monument aux États-Unis. Le groupe a été créé par Thomas Edison en 1892. C'est à la fois le triomphe de l'industrie et du génie à l'américaine depuis un siècle et demi, et c'est aussi une référence du modèle capitaliste américain. General Electric (GE) a distribué 150 milliards de dollars à ses actionnaires depuis 2000. Dans le lot, il y a des Américains moyens, des retraités, c'est seulement la troisième fois depuis 1929, et c'est pour ça que c'est marquant, que le groupe réduit ses dividendes. 

Pourquoi cette réduction ?

C'est la révolution industrielle qui a vu naître GE, puisque c'est son fondateur, Thomas Edison, qui a maîtrisé l'électricité. Les révolutions environnementale et digitale l'obligent maintenant à se positionner. Le modèle du grand conglomérat présent sur une multitude de secteurs devient difficile à gérer car aujourd'hui, l'économie est très sectorisée. Les géants sont attaqués sur des niches par des petites start-ups. Il faut donc faire des choix, utiliser la puissance financière en la concentrant sur un nombre d'activités moins important.

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General Electric correspondait finalement assez bien à son créateur qui a été capable d'inventer l'ampoule à incandescence, de travailler sur le téléphone, de développer des poupées qui parlent. Mais ce temps-là est derrière nous : le nouveau PDG, Lawrence Culp, qui vient d'arriver (son prédécesseur avait tenu 14 mois), a fait un tour du monde de ses usines et a décidé de se concentrer sur les activités les plus rentables avec un point noir, clairement identifié : l'activité énergie et turbine.

La faute des Français ?

C'est en tout cas le message que nous passent les Américains. En 2015, GE rachète Alstom Power, qui fabrique les turbines à gaz (mais pas les TGV). Montant de l'opération : plus de 12 milliards d'euros, c'est la plus grosse acquisition de l'histoire de GE. 

La turbine, c'est le moteur d'une centrale à gaz qui produit de l'électricité. Mais le marché des turbines à gaz s'est effondré : les commandes ont chuté de 18% ces derniers mois. On n'achète plus de turbine parce que la production d'électricité reste nucléaire, charbon ou renouvelable. Le prix de la production d'électricité est en chute libre lui aussi. Bref, le modèle n'est plus rentable. Siemens, concurrent allemand, a lui annoncé il y a quelques semaines, la suppression de 7.000 postes dans cette activité. 

Du coup, les Américains ont le sentiment d'avoir surpayé Alstom et voient la branche comme un boulet. Ils décident donc de scinder l'activité en deux, avec d'un côté les centrales à gaz et de l'autre le nucléaire.

Des répercussions sur l'emploi en France ?

C'est ce qui inquiète les salariés de Belfort notamment, et à juste titre. Ces derniers mois, GE a supprimé 12.000 postes dans la branche énergie à l'échelle mondiale, mais aucun en France car les Américains s'étaient engagés auprès du gouvernement à créer 1.000 emplois en 4 ans. GE n'a pas licencié mais le groupe aura sans doute du mal à créer 1.000 emplois en France. On a à peine atteint un tiers aujourd'hui à quelques mois de la fin. 

Clairement, GE prépare les esprits : en 2019, il ne sera plus tenu par ses promesses. De plus, quand vous scindez l'activité en deux, sans doute la moins rentable. Ce qui signifie que, dans les mois qui viennent, les 16.000 salariés de GE (ex-Alstom) en France vivront dans une très grande incertitude...

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