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Coronavirus : trois questions sur la prime de 1.000 euros

ÉCLAIRAGE - Bruno Le Maire vient d'annoncer une simplification du versement de la prime de 1.000 euros, pour les salariés forcés de se rendre sur leur lieu de travail. Il s'agit en réalité d'une réactualisation de la prime Macron, décidée au moment des "gilets jaunes".

Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale le 19 mars 2020
Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale le 19 mars 2020 Crédit : Ludovic MARIN / AFP
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Benoît Collet Journaliste

Le 24 mars, Bruno Le Maire a annoncé une simplification de la prime de 1.000 euros que peuvent verser les entreprises à leurs salariés qui se rendent encore sur leur lieu de travail malgré l'épidémie de coronavirus : les accords professionnels d'intéressement ne sont plus nécessaires pour l'attribution de cette prime.

"Nous levons l'obligation d'accord d'intéressement", a annoncé le ministre, estimant qu'il n'y avait donc "plus aucune condition" pour le versement de cette prime défiscalisée.

Hormis cela, rien de nouveau sous le soleil. Ce bonus de 1.000 euros, présenté par le ministre comme une récompense à "ceux qui ont le courage de se rendre sur leur lieu de travail" correspond en réalité à une réactualisation la fameuse "prime Macron", décidée lors de la crise des "gilets jaunes". 

1. Quels salariés y ont-ils droit?

Tous les salariés (ce qui exclu de fait les artisans, et les travailleurs indépendants de ce dispositif) sans possibilité d'effectuer leur activité via le télétravail peuvent à priori être concernés par ce dispositif, même si l'octroi de la prime de 1.000 euros reste à la discrétion de l'employeur. Plusieurs grands groupes de la grande distribution ont déjà décidé de verser ces 1.000 euros à leurs employés : Auchan à ses 665.000 salariés, Carrefour à ses 85.000 salariés, Lidl...

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Mais la situation financière compliquée de nombreux autres groupes risque de compromettre le versement de cette prime. le 23 mars, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a déjà prévenu que ce dispositif serait "compliqué" à mettre en place. De son côté, Force ouvrière alerte sur de possibles différences de traitement au sein des mêmes groupes de la grande distribution, et appelle à ce que la prime soit étendue aux salariés des magasins indépendants ou en franchise.

Les 1.000 euros pourraient aussi être versés au personnel hospitalier, "à qui nous devons la vie", a déclaré le ministre de l'Économie, le 20 mars. Pour ce qui est du reste des agents de la fonction publique, Bruno Le Maire a déclaré qu'il était "ouvert" à ce versement à l'ensemble des fonctionnaires, sans plus entrer dans les détails.

Critère décidé au moment de la crise des "gilets jaunes", cette prime ne peut bénéficier qu'aux salariés, apprentis compris, dont la rémunération n'excède pas trois fois le montant du Smic.

Si les travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs et les très petites entreprises ne sont, de facto, pas concernés par cette prime, l'État a décidé de leur accorder une aide financière exceptionnelle de 1.500 euros, accordée sur demande auprès de la Direction générale des finances publiques, qui déterminera si les dossiers sont éligibles ou non à cette aide. Les professionnels de santé libéraux peuvent également y prétendre.

2. Quand la prime sera-t-elle versée?

Avant le 30 juin 2020. C'est en tout cas ce qu'avait prévu le gouvernement avant le coronavirus quand "la prime Macron" a été mise en place. Conformément à cette disposition réglementaire, Auchan, Intermarché et Carrefour ont promis qu'ils verseraient les 1.000 euros d'ici la fin juin. 

Pour ce qui est de l'aide exceptionnelle aux travailleurs indépendants et petits entrepreneurs, elle devrait être disponible "à partir du vendredi 3 ou du samedi 4 avril", a indiqué le 23 mars le ministère de l'Économie et des Finances.

3. Les 1.000 euros sont-ils nets d'impôt?

Comme le prévoyait le dispositif de la "prime exceptionnelle de pouvoir d'achat" voulue suite au mouvement des "gilets jaunes", les 1.000 euros versés en plus aux salariés qui travaillent pendant l'épidémie de coronavirus sont à la fois défiscalisés et désocialisés. Ils ne sont donc soumis à aucune cotisation, aucun impôt, pas plus qu'à la CSG. Si l’employeur décide de verser plus de 1.000 euros, alors le montant supplémentaire sera imposé selon les règles fiscales classiques.

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