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Coronavirus : la généralisation du sans contact signe-t-elle la fin des paiements en liquide ?

Le coronavirus va-t-il avoir la peau du cash ? La Fédération des entreprises de sécurité fiduciaire, qui représente notamment les sociétés de transport de fonds tire la sonnette d’alarme.

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Coronavirus : la généralisation du sans contact signe-t-elle la fin des paiements en liquide ? Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Léa Stassinet

La Fédération des entreprises de sécurité fiduciaire est inquiète. Elle constate que de nombreux commerçants refusent désormais les paiements en argent liquide. C’est le cas dans les plus grosses enseignes de bricolage du pays, pareil dans les grandes chaînes de fast food. À chaque fois, ces magasins invoquent des raisons sanitaires en estimant que payer grâce au sans contact évite de transmettre ou d'attraper le virus.

Mais ces enseignes n’ont pas le droit de refuser le paiement en argent liquide, c'est illégal. La répression des fraudes, la DGCCRF, a été saisie. Le défenseur des droits et la Banque de France aussi. Aucun magasin ne peut imposer le paiement par carte bancaire en dessous de 1000 euros. C’est un moyen de préserver les publics les plus fragiles qui n'ont pas toujours une carte, notamment les interdits bancaires. La carte bancaire reste un service qui est facturé à la différence du chèque ou de l’argent liquide. Refuser un paiement en cash est même puni d’une amende de 150 euros.

Les retraits d'argent liquide en chute libre

En attendant, l’usage de l’argent liquide diminue d’année en année. On est sur un rythme de baisse de 4% en moyenne tous les ans. Les spécialistes estiment qu’après le confinement, on pourrait même voire les retraits d’argent liquide chuter de 10 à 15%. Et ça pourrait accélérer encore la fermeture des distributeurs de billets. Actuellement, les banques en ferment environ 2% par an, et le rythme pourrait être multiplié par deux ou trois.

Pour autant, il y a un attachement en France plus qu’ailleurs à ce mode de règlement et puis surtout il y a un écosystème qui tourne autour de l’argent liquide. Le cash n’est pas mort. 
Les Français sont attachés à leurs pièces et à leurs billets comme ils sont attachés au chèque à la différence des pays du Nord de l’Europe. Dans les petits commerces, ils représentent encore les deux tiers des transactions.

Sauver les DAB, une revendication des "gilets jaunes"

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Quand on cumule les transporteurs de fonds et ceux qui entretiennent les distributeurs de billets, on estime que 15.000 personnes travaillent grâce à l’argent liquide. Mais, surtout, et on l'avait vu avec les "gilets jaunes", le distributeur de billets est aussi un symbole de l’aménagement du territoire. 

La revendication des "gilets jaunes" de sauver les DAB revenait souvent sur les ronds-points. Un distributeur de billets qui ferme, c’est un peu comme un bureau de Poste ou une station service : la marque du déclassement.

Et puis, en période de crise, on l’a vu en Italie ou en Grèce, l’argent liquide permet aussi à toute une économie parallèle de survivre. Je dirais que la crise qui nous attend risque de redonner un petit coup de fouet au black et donc au cash.

Le plafond du sans contact relevé à 50 euros

Grâce au sans contact, on peut désormais payer jusqu'à 50 euros d'achat. Fatal pour l’argent liquide ? Cela va réduire encore plus les volumes bien sûr. D'autant que ça marche très bien.
L’an dernier, il y a déjà eu 3 milliards de transactions sans contact. On a triplé le score en 3 ans et on se dirige vers les 5 milliards de transactions.

Pendant le confinement, les Français ont pris l’habitude de payer de cette façon. Et le déplafonnement jusqu'à 50 euros a tout de suite été adopté. Je me suis procuré les chiffres du Groupement carte bancaire. En une semaine, depuis le déconfinement et le passage à 50 euros, on a enregistré 10 millions de transactions sans contact.

C’était 38% des achats avant le confinement, c’est maintenant 45% depuis le 11 mai. Et un quart des paiements se situent déjà entre 30 et 50 euros. Il y a un mouvement qui ne reculera pas. On a pris l’habitude de la distanciation sociale… Et elle s'accompagne d’achats et de paiements à distance.  

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