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Bolsonaro boycotte Bic : quelles conséquences pour la marque française ?

Le Brésilien, qui avait pourtant fait de ce stylo un symbole, a décidé de ne plus l'utiliser en raison de sa mésentente avec Emmanuel Macron.

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Bolsonaro boycotte Bic : quelles conséquences pour la marque française ? Crédit Image : EVARISTO SA / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Léa Stassinet

C'est la dernière provocation du président brésilien Jair Bolsonaro. Il a décidé de ne plus utiliser les stylos Bic parce que c'est une marque française. Le chef d'État avait pourtant fait de ce stylo un symbole, et il continue.

Au départ, il se faisait prendre en photo avec son stylo Bic quand il signait des textes officiels, parce que ça symbolisait sa simplicité. Aujourd'hui, Bic devient le symbole de son bras de fer avec la famille Macron. 

Rappelons que le stylo Bic est tout simplement le stylo le plus vendu au monde. On en vend 1 en France toutes les 3 secondes. En 50 ans, il a conquis le monde entier et on a écoulé plus de 100.000 milliards de stylos bille.

C'est une vraie success story à la française. Alors ce lundi 2 septembre, jour de rentrée scolaire, c'est encore une des stars de nos trousses d'écoliers. Anaïs Bouissou, du service Économie de RTL nous rappelle dans son livre Histoires Insolites des Marques que c'est à la rentrée 1965 seulement qu'un décret gouvernemental avait autorisé l'usage du stylo bille à l'école. Avant, c'était le règne de la plume "Sergent Major".

Un succès depuis les années 1960

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Cela va permettre à la marque du baron Bich de décoller. Mais, en fait, le Baron a racheté en 1938 le brevet d'un Hongrois, Lazlo Biro, qui vient d'inventer un système de stylo où l'encre s'écoule et se régule grâce à une petite bille... autrement dit le stylo à bille. Et le baron Bich va commencer à produire ses crayons en 1945 avant d'inonder le marché dans les années 60. En 1965, il en écoule 2 millions et demi. Le stylo 4 couleurs, lui, n’apparaîtra qu'en 1970.

Ce boycott du Président Bolsonaro peut-il avoir des conséquences économiques sur le groupe Bic ? On est un peu au-delà du symbole car le groupe Bic n'est pas en très grande forme. D'abord, il a beaucoup misé sur les pays en développement comme la Chine, la Russie, l'Inde et... le Brésil. 

Or, dans toutes ces zones, la croissance marque le pas. Lors de ses derniers résultats, la direction de l'entreprise s'était déjà montrée très prudente sur ses performances dans les prochains mois... Donc, la moindre petite contrariété peut impacter les objectifs financiers.

Des fondamentaux fragilisés ces dernières années

En même temps, Bic est le premier vendeur de crayon au monde et l'un des leaders sur les rasoirs et les briquets... Les fondamentaux sont solides. Mais ils sont aussi fragilisés depuis des années.

Gillette comme Bic pour les rasoirs souffrent de la mode de la barbe chez les hommes. La digitalisation de l'économie fait aussi qu'on écrit moins à la main. Les briquets sont plagiés par des fabricants chinois et la consommation de tabac baisse... Donc, vous voyez qu'il y a des lames de fond qui desservent Bic. Qui plus est, le produit plastique jetable n'a pas la cote en terme d'image et de respect de l'environnement.

Le Brésil reste cependant un gros marché pour la marque française, dans le sens où le Brésil produit les stylos pour l'Amérique du Sud. Et c'est peut-être ce qui rend la décision de Bolsonaro un peu ridicule. 95% des stylos Bic qui sont vendus au Brésil sont fabriqués... au Brésil. À Manaus, dans l'État d'Amazonas, un de ceux qui est en train de partir en fumée.
Bolsonaro met donc, en réalité, la pression sur le milliers de salariés brésiliens qui travaillent pour Bic.

Le plus

La Française des Jeux devrait être privatisée en novembre. Le calendrier se précise, et l'État réfléchit d'ailleurs à mettre une décote, c'est-à-dire un prix de l'action légèrement inférieur à sa valeur pour inciter le plus deFfrançais à devenir actionnaire. 

La note

8/20, une note qui traduit mon inquiétude face aux statistiques de l'association pour les garanties de salaires, l'AGS, qui verse les salaires quand une entreprise est en redressement judiciaire ou en liquidation. L'AGS constate une hausse de 9,5% des faillites d'entreprises de plus de 100 salariés, ce qui pourrait annoncer un retournement de conjoncture dans les prochains mois.

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