2 min de lecture Pollution

Pollution : des microplastiques présents dans neuf grands fleuves européens

La fondation Tara Océan a dévoilé samedi ses premières conclusions sur cette source majeure de pollution : les microplastiques sont omniprésents dans 9 fleuves européens.

Des microplastiques ont été retrouvés emprisonnés dans des blocs de glace de l'Arctique
Des microplastiques ont été retrouvés emprisonnés dans des blocs de glace de l'Arctique Crédit : DUNCAN CLARK / NORTHWEST PASSAGE PROJECT / AFP
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

La fondation Tara Océan a dévoilé ses résultats après six mois à sillonner neuf fleuves européens. Elle y a trouvé notamment des microplastiques, omniprésents. Une source de pollution encore peu connue.

"100% des prélèvements d'eau effectués dans les neuf fleuves européens contenaient des microplastiques", indique la fondation Tara Océan : les plastiques provenant de la terre ferme se décomposent rapidement dans les fleuves, avant même d'atteindre le large. Parmi ces microplastiques se trouvent des microbilles présentes dans certains cosmétiques et des dentifrices, mais surtout des minuscules fragments de moins de cinq millimètres.

"Ces microplastiques représenteraient plus de 90% des 5.000 milliards de morceaux de plastiques flottant à la surface de nos océans", estime la fondation Tara Océan, qui a travaillé sur cette mission avec 17 laboratoires de recherche sous l'égide du CNRS.

"Des éponges à polluants"

Des scientifiques ont prélevé des échantillons dans la Tamise, l'Elbe, le Rhin, la Seine, l'Ebre, le Rhône, le Tibre, la Garonne et la Loire entre mai et novembre, "au large des neuf estuaires, à leur embouchure, en aval et en amont de la première grande ville à forte population située sur les fleuves", selon un communiqué de presse.

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Les scientifiques ont également observé que les microplastiques prélevés étaient toxiques. "Certaines matières plastiques relarguent leurs additifs (notamment des perturbateurs endocriniens comme les bisphénols A et les phtalates)", rappelle la fondation Tara. Mais encore plus inquiétant, d'autres plastiques "se sont aussi révélés être des éponges à polluants" : ces petits bouts accumulent "des polluants présents dans les fleuves (pesticides, hydrocarbures, métaux lourds...) et peuvent avoir des effets toxiques sur les organismes qui les ingèrent" selon l'analyse scientifique.

"Les solutions sont à terre"

Ces prélèvements seront disséqués pendant 12 à 18 mois en laboratoire, pour tenter de savoir d'où viennent ces plastiques ou encore identifier les bactéries et micro-organismes qui participent à leur fragmentation.

L'omniprésence de ces microplastiques "rend impossible le nettoyage des fleuves. Les solutions contre cette hémorragie sont définitivement à terre", relève Romain Troublé, de Tara Océan.

La fondation plaide pour une meilleure collecte et recyclage des déchets, une réduction des plastiques à usage unique dont les emballages ou encore une réduction du nombre de résines utilisés et la complexité des additifs.

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