3 min de lecture Santé

À la rencontre de Daniela, infirmière le jour, danseuse au Crazy Horse la nuit

PORTRAIT - Daniela, infirmière à Aulnay-sous-Bois, fait également partie du club très fermé des danseuses du cabaret du Crazy Horse, à Paris.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Coronavirus : Daniela, infirmière le jour, danseuse au Crazy Horse la nuit Crédit Image : RTL | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Isabelle Choquet
Isabelle Choquet édité par Jérémy Billault

Elle s'appelle Daniela, elle a 32 ans et elle est infirmière à l'hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois. Lors de la première vague de l'épidémie, son bloc a été fermé, alors elle s'est portée volontaire en réanimation et aux urgences Covid. Elle a connu les masques périmés, les surblouses à usage unique qu'on nettoie pour les réutiliser.

Mais quand elle tombe la blouse, Daniela enfile ses talons aiguilles, se pare d'immenses faux cils, et rejoint ses copines, Bamby Splish-Splash ou Hippy Bang Bang. Car elle est danseuse au Crazy Horse.

À l'adolescence, Daniela est tombée par hasard sur la vidéo d’un show, et a été fascinée par les déesses de ce club mythique, avec leurs célèbres perruques à frange de toutes les couleurs et leurs lèvres carmin. Elle rêve alors de fouler à son tour la scène de ce temple du sexy, de devenir l’une de ces danseuses glamour mais inaccessibles

Des critères très exigeants

Elle qui pratique déjà la danse et la gymnastique rythmique, jusqu'à être vice championne de France, est devenue infirmière. Elle pratique également les danses latino-africaines à haut niveau : 35 heures à l’hôpital en une seule fois les lundis, mardi, mercredi, et le reste de la semaine pour les concours, les shows à l’étranger et l’enseignement de la salsa. 

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Elle écrit au Crazy Horse deux fois, mais pas de réponse. Il faut savoir que les critères d'admission sont stricts. Longueur des jambes par rapport au buste : 2/3 – 1/3. Distance entre les pointes des seins : 21 cm. Distance entre le nombril et le pubis :  13 cm. Taille : entre 1 mètre 68 et 1 mètre 73 m... Et Daniela mesure tout juste 1 mètre 68.

Mais un jour, enfin, elle est convoquée pour un casting. Topless et talons hauts, elle doit marcher, improviser une danse, se cambrer... Bref, convaincre. Sachant qu'il y a 500 candidates chaque année, pour seulement 30 places de danseuses, ce n'était pas gagné. Pourtant, elle est prise. 

Tina Tobago, dans les pas de Dita von Teese

Pendant deux mois, elle apprend à devenir une vraie Crazy Girl, et puis arrive le soir du premier show, face au public. Quelques minutes avant, elle découvre son nom de scène. Il y a eu Lova Moor, Bertha von Paraboum... Elle, ce sera Tina Tobago, clin d'œil à ses origines antillaises.

Dans son entourage familial, on s'inquiète un peu en imaginant la sage petite Daniela, en train de s'exhiber à mi-temps devant des commerciaux voyeurs et des touristes en goguette qui, à coup sûr, iront l'attendre à la sortie.

Mais c'est oublier que le Crazy Horse n'est pas un club de strip tease minable de Pigalle. Ici, les guest stars s'appellent Dita von Teese, Arielle Dombasle, Clotilde Courau... Les shows sont signés Philippe Decouflé, Karl Lagerfeld, Chantal Thomas. Il suffit de venir pour comprendre.

Parfois je révise une nouvelle chorégraphie en salle de repos

Daniela, infirmière et danseuse au Crazy Horse
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C'est ce que font ses collègues de l'hôpital qui tombent de l'armoire en découvrant Daniela l'infirmière métamorphosée en vamp féline et sensuelle. Il y a les inquiets : "Ca doit être crevant, tu te reposes au moins ?" Les enthousiastes : "Vous êtes superbe, continuez !" Et même quelques troublés.

La blouse et les talons hauts, parfois tout cela se mélange. "Tout en me maquillant au Crazy, il m’arrive de me demander si j’ai bien fait toutes les transmissions avant de quitter l’hôpital, si j’ai bien donné tous ses traitements à la dame de la chambre 5..."

Et inversement : "Parfois je révise une nouvelle chorégraphie sur mon téléphone en salle de repos. Et c’est vers moi que les filles du Crazy se tournent dès qu’elles ont une crampe, un bleu, mal au dos..."

Le jour je soigne, la nuit je danse au Crazy... Un récit à retrouver dans le magazine Marie Claire.

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