1. Accueil
  2. Actu
  3. Bien-être
  4. Déploiement de Moderna : colère des médecins et pharmaciens
3 min de lecture

Déploiement de Moderna : colère des médecins et pharmaciens

VU DANS LA PRESSE - Malgré l'arrivée en pharmacie et chez les médecins généralistes du vaccin Moderna le 25 mai dernier censée accélérer la vaccination, les retards accumulés des livraisons ne font qu’accentuer une colère déjà présente.

Un vaccin contre la Covid-19, du laboratoire Moderna
Un vaccin contre la Covid-19, du laboratoire Moderna
Crédit : JOEL SAGET / AFP
Céline Morin

Depuis le 25 mai, les médecins généralistes ainsi que les pharmacies peuvent recevoir des doses de vaccin Moderna, jusque-là monopole des centres de vaccination. Jusque-là, ils ne pouvaient injecter que de l’AstraZeneca du fait des conditions de conservation contraignantes des laboratoires Moderna et Pfizer-BioNTech : une température à -20° pour le premier et -70° pour le second.

Cependant, les flacons pouvant être conservés en réfrigérateur classique jusqu’à un mois après leur décongélation, les médecins généralistes et les pharmacies ont obtenu l’autorisation de vacciner au Moderna. Stéphane Bancel, PDG du laboratoire, expliquait le 26 mai dernier dans le Journal du Dimanche que cette stratégie "va rendre le vaccin plus accessible pour les personnes âgées isolées, ou les actifs débordés. Elle permettra donc d’atteindre plus vite l’immunité de groupe". 

Pour autant, le déploiement reste minime puisque les médecins et pharmaciens n’auront accès qu’à un nombre restreint de doses : un flacon pour les cabinets médicaux et deux pour les officines. En partant du principe qu’un flacon contient dix doses, les médecins ne pourront donc vacciner que dix personnes par semaine et le double pour les pharmacies. 

Des médecins "mécontents et découragés"

Un déploiement qui est insuffisant pour certains professionnels de santé. D’autant plus que, contrairement à ce qui était promis, les médecins n’ont pas reçus les doses qui devaient leur être livrées. De quoi attiser encore plus leur colère. 

À lire aussi

Alors que les doses devaient être livrées en fin de semaine dernière, c’est finalement en fin de semaine prochaine que les livraisons auront lieu explique Fabienne Yvon, médecin généraliste, déléguée nationale du syndicat MG France à Ouest-France. "Par contre, chaque pharmacien a reçu le flacon commandé, mais les généralistes attendront". 

Elle confie d’ailleurs avoir dû annuler une dizaine de patients en début de semaine, "et cela sans pouvoir anticiper une reprogrammation de la séance vaccinale". "Les médecins généralistes de toute la France sont mécontents et découragés de leurs efforts pour vacciner en proximité", affirme-t-elle. Et d’ajouter être fatiguée "des promesses des ARS (Agences régionales de santé), qui n’assurent pas la logistique et du mépris pour notre implication". 

D’autant plus que les médecins ne peuvent passer commande que tous les quinze jours, de quoi accroitre encore leur grogne. "On voudrait que les médecins généralistes arrêtent la vaccination dans leur cabinet, on ne s’y prendrait pas autrement ! " s’exclame-t-elle encore. Le syndicat MG France entend bien continuer "à défendre le rôle des médecins libéraux, de priorisation et de proximité au service des patients".

Les officines qui se sentent oubliées

Le mécontentement est aussi très présent chez les pharmaciens, à plus forte raison qu'à la suite de la panne d’un camion transportant 145.000 doses Moderna, les livraisons auprès des pharmacies des régions du sud de la France – Occitanie, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Nouvelle-Aquitaine et en Provence-Alpes-Côte d'Azur – ont été retardées.  

Frédéric Abecassis, pharmacien à Roujan (Hérault) et président du syndicat des pharmaciens du département, se confie sur franceinfo : "Je suis un peu choqué que le gouvernement déploie autant d'efforts pour communiquer sur l'arrivée du vaccin Moderna et qu'une panne de camion viennent enrayer toute la mécanique. Il n'aurait pas pu prévoir un plan B, non ?". 

Ainsi, avec les différents retards accumulés, les professionnels ne prennent plus le risque de prévoir trop à l’avance les rendez-vous, préférant attendre d’avoir les doses pour contacter les patients. La vaccination en centre se faisant par internet, les pharmaciens doivent donc faire face à l’arrivée de personnes âgées souhaitant se faire vacciner, mais sans rendez-vous disponible. "On prend le temps d'en discuter avec eux et de les inscrire sur nos listes, mais ça veut dire qu'on doit passer des dizaines de coups de fil lorsqu'un créneau se libère, il ne faut pas qu'ils se déplacent pour rien", continue Frédéric Abecassis. 

Les pharmaciens ne se sentent pas écoutés par le gouvernement, comme le montrent les paroles de Wilfried Waultier pharmacien à Caen : "À chaque fois, on est en première ligne pour gérer le décalage entre la communication du gouvernement, qui invite les citoyens à se rendre dans les pharmacies, et les clients qui appellent en permanence pour obtenir un rendez-vous."

De leur côté, les infirmiers à domicile ne peuvent toujours pas avoir accès au Moderna déplore Carole Lamotte, membre de la Fédération nationale des infirmiers, alors qu’ils pourraient "contribuer à accélérer la machine"… 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/