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Covid-19 : l'Inde, victime de fakes news massives

FACT CHECKING - Le pays où le Coronavirus sévit le plus durement subit de plein fouet de nombreuses vagues de fausses informations, qui jouent sur la gestion de l'épidémie.

Des membres d'une famille endeuillés vêtus d'une tenue protectrice afin de performer les derniers rites mortuaires à Gazhipur en Inde.
Des membres d'une famille endeuillés vêtus d'une tenue protectrice afin de performer les derniers rites mortuaires à Gazhipur en Inde.
Crédit : Sajjad HUSSAIN / AFP
Fact Checking du 07 mai 2021
02:45
Covid-19 : l'Inde, victime de fakes news massives
02:45
Emilie Baujard - édité par Jérémy Billault

En Inde, le coronavirus fait des ravages, avec 300.000 nouvelles contaminations par jour. Et ce chiffre, déjà énorme, pourrait bien être 5 fois inférieur à la réalité. Car le pays doit aussi se battre contre des dizaines de fake news qui circulent autour du covid-19 et qui l'empêche de freiner efficacement l'épidémie.

Le gouvernement indien à de plus en plus de mal à lutter contre les fausses informations, les théories complotistes et les études invérifiées.

Il y a eu par exemple de fausses informations concernant les effets du vaccin sur les diabétiques et les femmes. Ensuite, une sombre étude avançait que l'ail, la cannelle et la réglisse étaient très efficaces pour combattre le virus, puis que les Indiens étaient génétiquement protégés du Covid mais que les musulmans étaient les véritables propagateurs du virus.

Les réseaux sociaux, plus suivis que les médias

Autant de fausses croyances que les médecins s'évertuent à combattre mais en pleine pandémie, avec 500 millions d'utilisateurs de Whatsapp en Inde, on imagine bien que la tâche est immense.

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Et ces fakes news se propagent d'autant plus rapidement que les Indiens suivent plus les réseaux sociaux que les médias traditionnels et que l'Inde manque d'un réseau public d'information capable de diffuser en masse des messages de préventions et des mises en garde.

Aujourd'hui, le volume de fake news dans le pays est tel, qu'il est humainement impossible de toutes les vérifier. Les rares groupes de fact checkers reçoivent jusqu'à 15.000 demandes par mois.

Autre problème, certains membres du gouvernement véhiculent eux aussi des fausses informations. Le mois dernier, un des ministres indiens a recommandé à la population de se tourner vers la médecine traditionnelle pour soigner des symptômes légers, et en buvant des infusions de plantes.

Un Premier ministre super-propagateur du virus

Sauf que pour l'instant, les décoctions à base de plantes n'ont pas fait leur preuve pour lutter contre le coronavirus. Et les médecins indiens s’inquiètent de voir de plus en plus de malades arriver trop tard dans les hôpitaux après avoir suivi des traitements de guérisseurs dans leur village.

Et pour ne rien arranger, le premier ministre est, lui, accusé de ne pas prendre de mesures efficaces et même d'être un super-propagateur du virus. Il a en effet refusé d'interdire les matchs de cricket, les festivals hindous et les meetings politiques. Des réunions qui peuvent réunir en Inde plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Pour l'Inde, il est difficile de lutter contre ces fausses informations, de par leur nombre et l’absence de réglementations. Aucune loi dans le pays ne permet de poursuivre ceux qui véhiculent de fausses informations. Le seul moyen d’action pour le gouvernement (quand une fake news devient incontrôlable) c’est de couper purement et simplement internet dans le pays. Ça peut arriver une centaine de fois par an.

L'OMS a aussi lancé des clips de préventions en différentes langues. Et des personnalités indiennes viennent de tourner une vidéo dans laquelle elles rappellent les gestes barrières. Des gouttes d’eau dans cet océan de contre-vérités.

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