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Karine Lacombe prône le "zéro Covid" pour éviter de "reculer pour mieux sauter"

INVITÉE RTL - L'infectiologue appelle à changer de stratégie pour faire face à la nouvelle épidémie provoquée par l'émergence du variant anglais.

Karine Lacombe dans les studios de RTL
Karine Lacombe dans les studios de RTL
Crédit : RTL
Karine Lacombe prône le "zéro Covid" pour éviter de "reculer pour mieux sauter"
12:58
Karine Lacombe était l'invitée de RTL le 26 février 2021
12:57
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

La stratégie du gouvernement pour lutter contre l'épidémie de Covid ne convainc pas l'infectiologue Karine Lacombe. "C'est reculer pour mieux sauter", tranche sur RTL la cheffe du service Maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine à Paris au lendemain des nouvelles annonces de Jean Castex et Olivier Véran.

"Les chiffres vont dans le sens de l'augmentation croissante (...) et on voit bien qu'il y a un décrochage que l'on attendait, avec le variant anglais qui devient majoritaire... C'est vraiment une histoire mathématique assez simple", regrette-t-elle.

"Loin de moi l'idée de juger la décision qui est prise car la décision prise n'est pas fondée que sur des faits sanitaires mais aussi sur des contraintes économiques et sociales", tempère l'infectiologue qui reconnaît qu'un confinement drastique après avoir déjà vécu une année difficile aurait sans doute été mal reçu par la population.

La scientifique observe que le gouvernement attend malgré tout d'être au "bord du précipice" pour prendre les décisions et les faire accepter au lieu de privilégier une certaine anticipation.

Qu'est-ce que la stratégie "zéro Covid" ?

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Karine Lacombe est partisane d'une stratégie "zéro Covid". "C'est un changement de paradigme avec plusieurs volets, explique-t-elle au micro de RTL. Ce que l'on a fait jusqu'à maintenant c'est : observer ce qu'il se passe et quand on ne peut plus faire autrement on prend des décisions difficiles qui impactent de façon plus durable les activités". 

Le "zéro Covid" a pour ambition de diminuer d'une façon drastique le nombre des cas et ensuite avec des actions derrière pour maintenir ce nombre très bas. "Actuellement, c'est imposer une mise sous cloche que l'on espère pas très longue. De quelques semaines mais assez drastique, recommande l'infectiologue. Et dès que l'on sort de cette mise sous cloche mobiliser les moyens à notre disposition que l'on avait pas en 2020 : vacciner massivement, la stratégie dépistage-traçage-isolement que l'on ne peut pas faire aujourd'hui puisque les cas sont trop nombreux, insister sur le télétravail et réfléchir sur des périodes courtes à fermer les écoles" pour contrecarrer l'action du variant anglais qui se transmet aussi par les enfants. 

Un schéma qui ressemble à la proposition de confinement strict demandé par la maire de Paris, Anne Hidalgo, quelques heures après le point presse de Jean Castex et Olivier Véran le 25 février 2021. "J'étais très surprise de ce qu'a dit la maire de Paris mais, en même temps, elle est conseillée par un groupe qui l'entoure, pas que des scientifiques d'ailleurs, aussi des économistes, des sociologues et c'est manifestement la conclusion de ce groupe de réflexion. Je trouve qu'on irait dans la bonne direction", note Karine Lacombe. 

Si la pandémie change, il faut changer

"Le couvre-feu est une stratégie qui ne marche plus parce qu'on est en train de changer d'épidémie, rappelle l'infectiologue. On avait une souche originelle qu'on commence à bien connaître et des variants ont émergé, dont le variant anglais qui se transmet plus. Sa pathogénicité est plus sévère. Quand on change d'épidémie et qu'on voit que les mesures de restriction ne marchent plus, alors il faut changer", recommande l'experte. 

Le vaccin reste l'arme privilégiée face à cette épidémie. Les vaccins restent d'ailleurs efficaces contre les variants du coronavirus. Simplement, les choix stratégiques et les contraintes de vaccination rendent impossible, pour l'heure, une vaccination massive de la population en France. "On a beaucoup de vaccins qui arrivent, rassure Karine Lacombe. Sur mars-avril, on va être inondé de vaccins. En attendant, on est fin février, on voit qu'on a une tension énorme qui monte sur les hôpitaux, en hospitalisation traditionnelle, en médecine de ville. La mortalité augmente. On ne peut pas attendre avril pour agir".

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