Comment François Hollande va-t-il se positionner par rapport à son opposition ?

HOLLANDE 2016 (4/4) - Alors que le Front national reste un parti de premier tour, que la droite ne déchaîne pas les passions, le chef de l'État a une carte à jouer. Tout dépend quel candidat les militants des Républicains dégaineront pour 2017.

Nicolas Sarkozy et François Hollande à l'Élysée, le 15 novembre 2015.
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Nicolas Sarkozy et François Hollande à l'Élysée, le 15 novembre 2015.

Année charnière pour François Hollande. Le chef de l'État va cette année encore incarner la fonction de président de la République tout en préparant sa succession et sa probable candidature en 2017. Contrairement à 2012, le Parti socialiste est loin d'être favori. Le Front national, plus puissant qu'en 2012 avec sa victoire aux élections européennes de 2014 et sa première place au premier tour des élections régionales 2015, est pour l'heure annoncé au second tour dans tous les sondages en 2017. Ce qui voudrait bien entendu dire qu'un des deux partis de gouvernement serait disqualifié à l'issue du premier tour. 

Un remake du 21 avril 2002 n'est en effet pas à exclure. Aux dernières élections régionales, le parti de Marine Le Pen a atteint le second tour dans six régions, provoquant le retrait des listes socialistes en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. En prônant la politique du front républicain, le PS n'a pas l'intention de donner le moindre gage au FN, qu'il a désigné comme ennemi numéro un, et fait un appel du pied aux Républicains. 

Les divisions de la droite vont s'accentuer

Le renouveau, c’est le dépassement du Parti socialiste" avec "tous ceux qui veulent mener le combat contre la droite extrême et l’extrême droite" et qui "ont vocation à se rassembler dans une alliance populaire, plus mouvement de citoyens que cartel d’organisations", espérait déjà Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, à Poitiers en juin dernier. Dans un autre genre, Manuel Valls assurait en octobre 2014 dans L'Obs qu'il "faut en finir avec la gauche passéiste" et "bâtir une maison commune". 

Bien sûr, les noms des candidats de gauche et de droite à la présidentielle n'ont pas encore été dévoilés. Mais si François Hollande choisit d'être candidat, il devra adapter sa stratégie en fonction de son adversaire de droite. Ce dernier sera désigné à la suite d'une primaire de la droite et du centre ouverte aux militants et aux sympathisants les 20 et 27 novembre 2016. Atout incontestable pour le PS : la droite va se diviser. Selon Benjamin Sportouch, rédacteur en chef adjoint du service politique de RTL, le président de la République est heureux de voir la droite s'écharper. "Il espère laisser les divisions à la droite", explique-t-il.

Un rapprochement de la gauche avec le centre ?

Si le chef de l'État sortant est en compétition contre Nicolas Sarkozy, connu pour pousser à la droitisation de son parti, François Hollande tentera d'occuper un espace politique élargi. Il pourrait convaincre les électeurs de la gauche voire du centre de le rejoindre. La première illustration de cette hypothétique stratégie a été marquée par une phrase de François Hollande. 

Le président a reproché au président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, d'avoir "mené une campagne trop à gauche" après sa défaite aux élections régionales 2015 en Île-de-France face à Valérie Pecresse (Les Républicains). "Pourquoi tu as mis Pierre Laurent et Emmanuelle Cosse sur les tracts et les bulletins ?", aurait lancé François Hollande selon plusieurs témoins, relayés par Libération. 

Une prise de distance avec les partenaires historiques du PS qui peut s'expliquer par les scores des partis d'extrême gauche. Ils ne font plus recette. Aux élections régionales 2015, dernier scrutin en date, le bloc Europe Ecologie - Les Verts, Front de gauche et divers gauche ne représentent "que" 14,67% des voix. Des voix qui sont loin de s'être entièrement reportées sur le Parti socialiste au second tour.

En revanche, s'il affronte Alain Juppé, candidat jugé plus modéré et proche du centre, François Hollande disposera de marges de manœuvres limitées. Face à son manque de résultat sur le front de l'emploi, les électeurs de gauche seraient moins réticents à déposer le nom du maire de Bordeaux dans l'urne. Selon un sondage Élabe pour Les Échos et Radio Classique, Alain Juppé compte 73% d'image positive auprès des électeurs de droite notamment. Il pourrait également avoir le champ libre au centre avec le ralliement du président du Modem, François Bayrou.

La menace d'attentats change la donne

La campagne présidentielle va se dérouler dans un contexte inédit. La menace d'attentats plane toujours sur la France. Si un acte terroriste venait à se produire sur le territoire français, l'union nationale, implorée par François Hollande après les attentats de janvier et novembre 2015, pourrait faire son retour et empêcher un déroulement normal de la campagne électorale. 

Les précédents attentats avaient plutôt porté François Hollande dans les sondages de popularité. La droite, elle, avait été quelque peu déboussolée. La déchéance de nationalité qu'elle avait proposée sera mise aux voix du Parlement par François Hollande le 3 février prochain. Le dossier de la sécurité, longtemps porté par la droite, a été pris à bras le corps par la gauche. Elle ne peut donc plus être taxée d'illégitimité sur la question.

Malgré tout, François Hollande a une très grosse épine dans le pied. Le chômage n'a cessé d'augmenter depuis son arrivée aux affaires. Même au sein du gouvernement, on ne semble plus croire à l'inversion de la fameuse courbe. Myriam El-Khomri, ministre du Travail, a estimé le 9 janvier que la croissance et le rythme de création d’emplois "n’étaient pas suffisants" pour espérer voir le chômage baisser en 2016. François Hollande a fait de cette inversion une condition sine qua non à sa candidature pour 2017. Sur ce plan là, la droite ne lui fera pas de cadeau. Sans doute que les Français non plus.

HOLLANDE 2016

 

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HOLLANDE 2016 (4/4) - Alors que le Front national reste un parti de premier tour, que la droite ne déchaîne pas les passions, le chef de l'État a une carte à jouer. Tout dépend quel candidat les militants des Républicains dégaineront pour 2017.
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2016-01-17 08:30:00
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