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Attentat sur les Champs-Élysées : ce que l'on sait de l'attaque

ÉCLAIRAGE - La France a été frappée jeudi 20 avril par un nouvel attentat, sur les célèbres Champs-Elysées. Un policier a été tué, deux autres ont été blessés ainsi qu'une touriste étrangère.

Une fusillade a éclaté sur les Champs-Élysées, le 20 avril 2017
Une fusillade a éclaté sur les Champs-Élysées, le 20 avril 2017 Crédit : AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
avec Philippe Peyre et AFP

Un peu avant 21 heures, des coups de feu ont été tirés sur les Champs-Élysées à Paris, jeudi 20 avril, à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle. Un fourgon de police stationné sur l'artère parisienne a été pris pour cible et des policiers ont été visés par ces tirs. L'un d'entre eux a été tué et deux autres blessés, dont un gravement. Leurs jours ne sont désormais plus en danger. L'agresseur a quant à lui été "abattu" par la police. Pendant l'attaque, une touriste a été plus "légèrement" blessée, recevant un éclat de balle au niveau du genou. 

Selon des sources proches de l'enquête, l'agresseur abattu est un Français de 39 ans, qui faisait déjà l'objet d'une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers. Il avait été arrêté en février dernier avant d'être remis en liberté, faute de preuves. 

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L'attaque est survenue "au niveau du magasin Mark & Spencer sur les Champs-Élysées", comme l'a précisé le procureur de la République de Paris, François Molins, lors d'un point presse organisée dans la soirée du jeudi 20 avril. Le procureur a indiqué qu'il s'exprimera vendredi 21 avril "dans la journée". 

Que s'est-il passé ?

Selon Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, "un homme est sorti d'une voiture et a ouvert le feu avec une arme automatique". Un policier est tué sur le coup, après avoir reçu une balle dans la tête. "L'assaillant a tenté de partir en courant en essayant de viser et de prendre pour cible d'autres policiers. Il a réussi à en blesser deux autres. Il a été abattu. Les investigations policières commencent, tout le quartier a été bouclé. opération de déminage du véhicule de l'assaillant". Dans la soirée, le procureur de Paris, François Molins, a précisé que l'individu avait été "neutralisé par des tirs de riposte des policiers qui se trouvaient parmi ceux qui étaient visés".

Le quartier a été bouclé et d'importantes forces de police ont été déployées sur la célèbre et très touristique artère de la capitale. Un hélicoptère a survolé la zone. 

Selon notre reporter présente sur place, "il y a eu un mouvement de panique sur les Champs-Élysées. Il y a eu des cris et des gens qui se sont mis à courir. Les policiers demandent à tout le monde de reculer. Les forces de l'ordre fouillent les personnes en leur demandant d'ouvrir leur manteau".  Bernard Cazeneuve, le Premier ministre, s'est rendu peu avant 22 heures à l'Élysée pour rejoindre François Hollande et faire un point sur la fusillade. La section antiterroriste du parquet de Paris ouvre une enquête. Cette enquête en flagrance a été confiée à la Section antiterroriste (SAT) de la Brigade criminelle et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé le parquet.

Que sait-on de l'assaillant ?

Un homme, seul, qui a agi sans complice. C'est un homme qui est connu des services de police et notamment antiterroriste. "L'identité de l'attaquant est connue et a été vérifiée", a ajouté, près du lieu de l'attaque, le procureur de la République de Paris. Mais il s'est refusé à la dévoiler, en raison des nécessités de l'enquête ouverte par le parquet antiterroriste. 

Une perquisition a été menée à l'adresse de l'assaillant. Il aurait agi avec un fusil d'assaut, de type Kalachnikov. "Il a agi de manière délibérée pour viser les forces de l'ordre. Elles sont des cibles absolues des groupes terroristes", a expliqué Jean-Alphonse Richard, le chef du service Police-Justice de RTL.

Plus tard, François Molins a ajouté que des perquisitions et investigations étaient en cours pour établir si l'individu "a bénéficié ou pas de complicités". Il a aussi précisé qu'une "ressortissante étrangère qui se trouvait sur les lieux" avait été "vraisemblablement touchée par des éclats".

Daesh revendique l'attaque

Le groupe Daesh a revendiqué la fusillade sur les Champs-Élysées à Paris, dans un communiqué publié par son organe de propagande Amaq. "L'auteur de l'attaque des Champs-Élysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c'est un des combattants de l'État islamique", a écrit Amaq.

Un hommage national rendu au policier tué

François Hollande a expliqué être "convaincu" que la fusillade était "d'ordre terroriste", promettant d'être d'une "vigilance absolue" pour sécuriser l'élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche. Le chef de l'État a annoncé qu'il réunirait vendredi à 8 heures un conseil de défense et qu'un "hommage national" serait rendu au policier tué. Le président de la République a annulé son déplacement programmé vendredi à Belle-Île-en-mer (Morbihan) et Guingamp (Côtes-d'Armor) en raison de la fusillade.

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Fusillade sur les Champs-Élysées : "Les pistes sont d'ordre terroriste", annonce François Hollande Crédit Image : BFMTV | Crédit Média : BFMTV | Durée : | Date :

"Nous devons tous prendre conscience que nos forces de l'ordre sont exposées et que le soutien de la nation est total à l'heure égard, je réitère ici tous mes engagements, il en va de la protection de la nation, tout doit être fait pour que les hommes puissent mener leur mission. Avec la confiance de toute la Nation. C'est le message que je veux adresser ce soir. Il s'adresse à tous les concitoyens. Les concitoyens sont protégés, ils doivent l'être mais le principe de base c'est la confiance, la solidarité, le soutien de la nation à l'égard des forces de sécurité. Une pensée de grande tristesse", a-t-il ajouté.

Le Pen, Fillon et Macron ont annulé leurs déplacements

Au même moment, les onze candidats à l'élection présidentielle participaient à l'émission de France 2, 15 minutes pour convaincre. Depuis les coulisses, Benoît Hamon a posté un tweet : "Mes pensées vont au policier tué, à ses collègues blessés. Soutien total aux forces de l'ordre contre le terrorisme". De même que Marine Le Pen, qui a écrit : "Émotion et solidarité pour nos forces de l'ordre, à nouveau prises pour cible". François Fillon a tweeté : "Hommage aux forces de l'ordre qui donnent leur vie pour protéger les nôtres". Nicolas Dupont-Aignan a posté : "Hommage au policier tué ce soir à Paris. Soutien total aux forces de l'ordre qui assurent jour et nuit notre sécurité". Emmanuel Macron a tenu à "témoigner toute sa solidarité" envers les "forces de police. Nous aspirons tous et toutes à devenir président de la République et le premier devoir, la première mission du président, c'est de protéger".

Marine Le Pen, Emmanuel Macron et François Fillon ont annulé des déplacements de campagne prévus vendredi. "C'est bien sûr annulé", a indiqué Florian Philippot à l'AFP. François Fillon comptait lui rassembler une partie de son équipe de campagne à Chamonix. "On est en face d'un acte dont on ne peut pas encore totalement qualifier la nature mais enfin qui ressemble terriblement à un acte terroriste par les événements qui se sont produits", a déclaré le candidat juste avant que François Hollande ne s'exprime. "Compte tenu de la situation et de la nécessaire mobilisation des forces de l'ordre pour assurer la sécurité de nos concitoyens, j'ai décidé d'annuler les rassemblements publics de ma dernière journée de campagne, à Rouen et Arras (...) Je m'exprimerai devant les Français ce vendredi à midi", a quant à lui annoncé Emmanuel Macron.

On a entendu des détonations et ensuite un gros mouvement de foule

Noa
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Julien Courbet était présent avenue George V, au moment de la fusillade. "Il y a eu un mouvement de panique dans le restaurant, les tables tombaient et les gens criaient. J'ai pris ma famille, on s'est précipité dans les étages et on est monté dans un immeuble. On est resté bloqué dans le restaurant". Noa, étudiant, travaille dans une pharmacie et était présent au moment de la fusillade. Il témoigne au micro de RTL : "J'étais dans l'officine au niveau de l'entrée. J'ai vu tout ce qu'il s'est passé. On a entendu des détonations et ensuite un gros mouvement de foule. On a accueilli une trentaine de personnes dans la pharmacie. La police est arrivée et a sécurisé le périmètre. Ensuite, on a évacué les gens par des sorties alternatives". Nina travaille à proximité du lieu de l'attaque. "J'étais en train de travailler et mon associé est entré dans les bureaux en me disant qu'un incident grave était en train de se dérouler. On s'est approché des fenêtres et on a vu que les Champs-Élysées étaient vidés". 

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2017-04-20 22:06:00
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