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Sirigu, Motta, Van der Wiel... Que nous apprennent leurs déclarations à propos de Laurent Blanc ?

DÉCRYPTAGE - Les déclarations dans la presse de certains joueurs du PSG mettent à jour certaines façons de travailler de Laurent Blanc et du club.

L'entraîneur du PSG Laurent Blanc lundi 15 février 2015
L'entraîneur du PSG Laurent Blanc lundi 15 février 2015 Crédit : AFP/F.Fife
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

L'intersaison a commencé et les entraîneurs de Ligue 1 prennent un peu de repos avant de se replonger dans la préparation du prochain volet, en commençant par les transferts auxquels ils sont plus ou moins associés. Mais s'il y en a un qui ne doit pas avoir de réel répit, c'est sans doute Laurent Blanc. En effet, l'entraîneur du PSG voit fleurir dans la presse des attaques à peine voilées voire frontales de la part de joueurs qui évoluaient sous les couleurs du club il y a à peine quelques jours. 

Ainsi, après les première saillies de Grégory Van der Wiel, en fin de contrat avec le PSG, c'est Salvatore Sirigu et surtout Thiago Motta, deux joueurs toujours liés au club, qui ont sorti l'artillerie contre l'organisation du club et leur entraîneur. Des critiques qui exposent un mode de fonctionnement de l'institution et surtout du coach parfois critiqué dans la presse, notamment après l'affaire Serge Aurier. Mais cette fois-ci, ça vient de l'intérieur. 

Blanc, le non-communiquant ?

"On ne communiquait pas vraiment. Même pas du tout. Je suppose qu'il n'aime pas parler aux joueurs". Grégory Van der Wiel, arrière droit du PSG en fin de contrat, a été le premier à faire une sortie hostile à son désormais ex-entraîneur Laurent Blanc sur Eurosport. "Il ne m'a jamais expliqué pourquoi j'étais devenu le 2e ou le 3e latéral dans son esprit. Peut-être aurais-je pu comprendre son raisonnement", enchaîne le Néerlandais qui a en travers de la gorge d'avoir vu Serge Aurier et Marquinhos passer devant lui au poste d'arrière droit. Un manque d'appétence pour la communication que l'on a l'habitude de voir en conférence de presse, et que Salvatore Sirigu confirme. 

Le gardien qui a perdu sa place de titulaire au profit de Kevin Trapp en a gros sur le cœur. "Le problème, ce n’est même pas que je ne jouais pas, c’est que je n’étais pas pris en considération", explique le portier international italien dans L'Équipe. Sirigu dénonce par ailleurs qu'on ne l'ait "jamais mis dans les conditions réelles de concurrence avec Kevin Trapp". Souvent qualifié de taiseux, Laurent Blanc s'appuie énormément sur son adjoint Jean-Louis Gasset pour faire le lien avec le groupe. De plus, l'ancien sélectionneur des Bleus (2010-2012) aime plutôt avoir un "conseil des sages" pour gérer le groupe, plutôt que d'aller expliquer ses choix directement, à en croire les propos parus dans la presse. 

Blanc devrait parfois expliquer publiquement ce qu’il demande aux joueurs

Thiago Motta
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Si les propos de Sirigu et Van der Wiel peuvent être mis sous le coup de la déception et de la colère, qu'en est-il alors de ceux d'un authentique taulier du PSG, à savoir l'inamovible "sentinelle" Thiago Motta ? Le milieu de terrain italo-brésilien, pierre angulaire du jeu de Laurent Blanc, a été le plus vigoureux dans ses déclarations à La Gazzetta Dello Sport. Motta a expliqué que le jeu du PSG prôné par son coach était "trop latéral". "Lors de la saison du triplé avec l’Inter, à la mi-temps du premier derby, Mourinho m’a dit : 'On n’est pas le Barça, ici, il faut jouer long'", se rappelle Motta. "On a gagné 4-0 et je me suis adapté, même si ce n’est pas mon style de jeu", indique-t-il en sous-titre de sa désapprobation des choix rigide de Laurent Blanc.  

Habitué aux interviews franches dans la presse italienne, l'international italien a encore égratigné un peu plus son coach. "Au PSG, Blanc devrait parfois expliquer publiquement ce qu’il demande aux joueurs", déclare-t-il afin de dédouaner les joueurs du jeu parfois stérile de Paris face aux grosses cylindrées européennes. Au passage, Motta ne rate pas l'organisation du club, jugeant qu'il "manque un directeur sportif comme Leonardo" et d'une structure bien rodée "façon Juve", argumente-t-il. Le départ de Zlatan Ibrahimovic, que le club aurait dû garder selon Motta, est pour lui un autre signe que le club n'est pas encore au niveau de ses ambitions. Des griefs souvent entendus concernant le club, et qui seraient les symptômes de ce qui empêche le Paris Sain-Germain de passer un cap et de devenir l'égal des Real, Barça, Manchester United et autres Bayern. 

Une organisation pas à la hauteur des ambitions

Toutes ses sorties acides appuient l'idée d'une intersaison cruciale pour le PSG, qui doit bien négocier ce virage sous peine de stagner dans un milieu hyper concurrentiel. Sans tirer à tout prix sur le club, ses structures sont aujourd'hui trop estampillées "Ligue 1", avec un président qui gère les transferts sans disposer d'un vrai directeur sportif. Olivier Létang, qui n'a que l'étiquette de directeur sportif adjoint (alors qu'il n'y a pas de numéro 1), n'a pas les réseaux pour un club de ce niveau, bien qu'il soit indispensable par sa connaissance administrative et technique parfaite. Trois saisons après son départ, Leonardo n'a toujours pas été remplacé. Un poste stratégique que l'Olympique lyonnais s'est efforcé de combler en engageant Gérard Houllier pour gérer le secteur technique et sportif. 

L'exemple Bayern, qui a un Matthias Sammer dans ses rangs, ou de Manchester City qui est allé chercher Txiki Begiristain au FC Barcelone pour refonder son fonctionnement sportif et faire jouer ses réseaux. Le point d'orgue en est aujourd'hui l'engagement de Pep Guardiola au poste d'entraîneur. Car un directeur sportif sert aussi à attirer la crème des coaches dont ne fait pas partie Laurent Blanc. Au moment de remplacer Carlo Ancelotti et avec le départ de Leonardo, le PSG avait fait chou blanc dans sa recherche d'une grosse pointure. Blanc n'avait été qu'un choix quasiment par défaut. Et tout comme Zlatan Ibrahimovic n'a pas été gardé car il ne pouvait plus emmener le club plus haut, il faudra peut-être se pencher sur le cas de l'entraîneur dans un futur plus ou moins proche. 

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