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"Leurs propres vidéos les trahissent" : les influenceurs étrangers dans le viseur des États-Unis avant la Coupe du monde

L'administration Trump a mis en garde les créateurs de contenus étrangers : produire des vidéos rémunérées sur TikTok, YouTube ou Instagram avec un simple visa touristique pendant la Coupe du monde est considéré comme du travail illégal. Les contrevenants s’exposent à une expulsion du territoire et à une interdiction de retour.

Une adolescente sur son téléphone (Illustration)

Crédit : Elisa Schu / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Yasmine Boutaba

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Alors que la Coupe du monde 2026 s’apprête à attirer des millions de supporters et des centaines de créateurs de contenus du monde entier, les autorités américaines ont publié un avertissement adressé aux influenceurs étrangers.

Dans une déclaration commune transmise au quotidien espagnol El País, les services des douanes et de la protection des frontières (CBP) ainsi que le département de la Sécurité intérieure (DHS) rappellent que les titulaires d’un visa touristique ne sont pas autorisés à générer des revenus grâce à des contenus produits sur le territoire américain.

Selon les autorités, venir aux États-Unis dans le but de créer du contenu monétisé sur YouTube, TikTok, Facebook ou Instagram constitue une activité professionnelle qui nécessite un visa adapté. En cas de non-respect des règles, les créateurs de contenus risquent l’annulation de leur visa, une expulsion du territoire américain et des restrictions pour leurs futurs voyages.

Cette annonce intervient dans un contexte déjà tendu autour de l’organisation du Mondial, marqué ces dernières semaines par plusieurs polémiques liées aux conditions d’entrée sur le territoire américain. 

Quels visas touristiques sont concernés ?

D'après El Pais, le principal visa concerné par cette mise en garde est le visa B-2, le document habituellement délivré aux touristes souhaitant se rendre aux États-Unis pour des vacances, des loisirs, des visites familiales ou des soins médicaux jusqu'à six mois. Or, ce visa interdit d’exercer une activité professionnelle sur le territoire américain, même dans le cadre d’une activité numérique, peuvent être considérés comme une violation des conditions du séjour. 

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Le programme d'exemption de visa ESTA, le plus couramment utilisé par les touristes français et des pays concernés pour les visites de moins de 90 jours, est également sujet aux mêmes limitations.

Selon une source gouvernementale, Washington envisage de multiplier les vérifications dans les aéroports et aux postes-frontières afin d’identifier les influenceurs qui utiliseraient un visa touristique pour exercer une activité rémunérée. L’objectif affiché est de "protéger les emplois américains". La même source a également lancé une mise en garde aux créateurs de contenus : "leurs propres vidéos les trahissent".

Les autorités estiment en effet que de nombreux influenceurs documentent eux-mêmes leurs déplacements, leurs partenariats commerciaux ou leurs collaborations avec des marques, fournissant ainsi des éléments susceptibles de démontrer une activité professionnelle réalisée aux États-Unis. 

Cette offensive intervient alors que le Mondial représente une opportunité économique considérable pour les créateurs numériques. Sur les 104 rencontres prévues durant la compétition, 78 se dérouleront aux États-Unis, notamment à Los Angeles, New York, Miami, Dallas, Houston, Seattle, Atlanta ou encore San Francisco.

Quel visa faut-il pour créer du contenu rémunéré ?

Les créateurs doivent alors se tourner vers le visa O-1, réservé aux personnes présentant des "capacités extraordinaires" dans des domaines comme les arts, les sciences, le sport ou les affaires.

Contrairement au visa touristique, ce statut peut autoriser certaines activités rémunérées, comme les collaborations avec des marques, les campagnes promotionnelles ou la création de contenus commerciaux.

Créé officiellement en 1990, le visa O-1 était à l’origine destiné aux artistes, musiciens, acteurs ou réalisateurs de renommée internationale.
Avec l’essor des réseaux sociaux, de plus en plus de créateurs de contenus tentent aujourd’hui d’obtenir ce statut. Selon les chiffres cités par le Financial Times, moins de 20 000 visas O-1 ont été délivrés en 2024, mais leur nombre augmente régulièrement.

C’est le cas de l’influenceuse canadienne Julia Ain, Julia Ain, suivie par plus de 1,3 million d’abonnés. Pour obtenir son visa O-1B, elle a notamment mis en avant ses revenus, des lettres de recommandation, un sponsor officiel et plusieurs contenus viraux cumulant des millions de vues.

Des affaires récentes qui ont renforcé la vigilance des autorités

Selon El País, plusieurs dossiers très médiatisés auraient attiré l’attention de l’administration américaine sur les activités des influenceurs étrangers.

Parmi eux figure celui de Khaby Lame, l’un des créateurs les plus suivis au monde. L’influenceur sénégalo-italien avait été interpellé en 2025 après avoir dépassé la durée autorisée de son séjour aux États-Unis avant de quitter volontairement le pays. Mais aussi, Leonel Moreno, un créateur vénézuélien devenu célèbre pour ses vidéos controversées sur TikTok. Il a finalement été expulsé en 2025.

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