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La France reçoit l'Allemagne au Stade de France, trois ans après les attentats

L'Équipe de France affronte l'Allemagne en marge de la Ligue des nations, mardi 16 octobre au Stade de France. Une première depuis la terrible soirée du 15 novembre 2015.

Griezmann et ses coéquipiers célèbrent un but de Giroud contre l'Allemagne le 13 novembre 2015 au Stade de France
Griezmann et ses coéquipiers célèbrent un but de Giroud contre l'Allemagne le 13 novembre 2015 au Stade de France
Crédit : FRANCK FIFE / AFP
France-Allemagne : les Bleus retrouvent la Mannschaft, trois ans après les attentats
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Félix Roudaut & AFP

Les Bleus en sont conscients : le match qui les opposera à l'Allemagne, mardi 16 octobre au Stade de France, aura une saveur particulière. Les deux équipes se retrouvent en effet à Saint-Denis, trois ans après les attentats du 13 novembre 2015. À l'époque, tout avait été fait dans l'enceinte pour éviter une "panique monumentale", raconte un membre du staff, et le "secret" des attentats gardé jusqu'au coup de sifflet final.

Il est 21h17, un quart d'heure après le coup d'envoi du match, et une première détonation retentit aux abords du Stade de France, puis une deuxième deux minutes après. Abasourdi, le latéral gauche Patrice Evra s'arrête un instant avant de transmettre un ballon en retrait. Mais le match continue et à la mi-temps "les joueurs ne savaient absolument pas ce qu'il se passait", assure un membre de l'encadrement, alors que le président François Hollande, informé des événements, est exfiltré et qu'un hélicoptère commence à survoler la zone. 

Le président de la Fédération Noël Le Graët, assis à côté du chef de l'État, est au courant et fait en sorte que l'information ne remonte pas auprès des joueurs et des arbitres. "C'était très difficile de passer une heure à faire semblant. La deuxième période était très, très, très longue", racontera le patron du foot français sur RTL. Dans les tribunes, le réseau internet fonctionne très mal et empêche le public de se tenir informé. Côté terrain, les joueurs ne comprennent la situation qu'au coup de sifflet final, en découvrant les éditions spéciales en boucle sur les écrans, dans les couloirs qui mènent au vestiaire.

Une "fraternisation" entre les joueurs

"Les Allemands viennent aux nouvelles. Plusieurs joueurs se connaissent. Dans les couloirs, des joueurs français et allemands discutent, assis par terre. On voit des scènes de fraternisation, même si c'est un bien grand mot", raconte Philippe Tournon, le responsable presse de l'époque. 

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Les points presse sont annulés. Les sportifs multiplient les coups de fil. Certains sont concernés personnellement par les événements comme Antoine Griezmann dont la sœur est au Bataclan, indemne, alors que le milieu de terrain Lassana Diarra apprendra plus tard le décès d'une de ses cousines rue Bichat.

Noël Le Graët vient faire un discours dans le vestiaire. Le staff des Bleus ne souhaite pas que l'équipe de France quitte le stade avant d'avoir trouvé une solution pour le trajet retour des Allemands. "On a envisagé à un moment donné de proposer aux joueurs et au staff (allemands) de venir à Clairefontaine. On s'était renseigné, il y avait de la place, mais les Allemands voulaient filer directement à l'aéroport", témoigne une bonne source. 

Une ambiance lourde règne à Clairefontaine

Avant trois heures du matin, une solution est trouvée pour la délégation allemande qui prendra un avion au Bourget vers 7 heures. En attendant, la Mannschaft décide de patienter dans le vestiaire pour des raisons de sécurité. On leur apporte quelques matelas et des boissons.

Les Français rentrent à Clairefontaine vers 4 heures. Le 14 novembre, l'atmosphère est lourde. Faut-il ou pas jouer le match en Angleterre trois jours plus tard ? Les joueurs sont partagés mais Noël Le Graët vient solennellement leur demander de jouer ce match. "Le président est arrivé en disant que le but de terroristes était de nous empêcher de vivre et de semer la terreur. Il a dit que les contacts étaient pris avec la Fédération anglaise et qu'il fallait jouer", conclut une source au sein du staff.

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