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L'attaquant du Sénégal Sadio Mané lors de la finale de CAN contre le Maroc, le 18 janvier 2026 à Rabat.
Crédit : FRANCK FIFE / AFP
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Que l'équipe de France défie les champions d'Afrique en titre ou "seulement" les finalistes de la dernière CAN, officiellement attribuée au Maroc sur tapis vert en attendant la décision du Tribunal arbitral du Sport, importe peu en réalité. Ce mardi 16 juin, les Bleus entrent en lice dans leur Coupe du monde contre le Sénégal, au MetLife Stadium de New York (diffusé sur M6 et M6+ en direct), et devront forcément s'employer au vu du pedigree de l'adversaire.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que les deux pays se rencontrent en ouverture d'un Mondial, 24 ans après la déflagration de Séoul, lorsque les Lions de la Teranga avaient surpris les champions du monde 1998, qui débutaient la défense de leur titre avec beaucoup trop de confiance, malgré un Zinédine Zidane blessé. Cette fois, le Sénégal a toutefois beaucoup plus de références, lui qui ne comptait qu'une finale continentale atteinte juste avant le tournoi planétaire en 2002.
Dans le sillage de leur star Sadio Mané, passé par Liverpool et le Bayern Munich avant de rejoindre Al-Nassr en Arabie Saoudite, les Sénégalais sont devenus les véritables mastodontes d'Afrique, alignant trois qualifications consécutives à la Coupe du monde et ralliant trois des quatre dernières finales de CAN, pour deux victoires sur le terrain en 2022 et 2026. Il est donc peu concevable que la France envisage ce rendez-vous comme gagné d'avance.
"Le Sénégal fait partie des meilleures équipes africaines et mondiales. Il y a tout en termes de qualité : des joueurs qui jouent dans les meilleures clubs, un potentiel offensif très important, un milieu qui fonctionne très bien et l'aspect défensif sur la dernière CAN a été très efficace [2 buts pris en 7 matchs], une grande densité athlétique... Mais ce n'est pas que ça, il y a aussi beaucoup de joueurs qui amènent une technicité importante ! On sait à quoi s'attendre, eux aussi. Ce sera un affrontement de haut niveau pour un premier match", a souligné Didier Deschamps lundi en conférence de presse.
"Ça fait partie de l'histoire, mais la plupart de mes joueurs n'étaient pas nés en 2002. Il n'y a pas de revanche, il y a une autre page à écrire. On va tout faire pour que le résultat soit dans notre sens cette fois", a-t-il encore promis, quand N'Golo Kanté a jugé que le "principal adversaire" des Bleus, "c'est nous-mêmes". "Il faudra les prendre au sérieux, mais je pense qu'on a les atouts pour l'emporter", dixit le milieu de terrain.
"Cela ne va pas être facile pour la France face à une équipe avec beaucoup de bons joueurs à toutes les lignes, ça a tout d'un piège. Pour le Sénégal, ce n'est pas anodin de rencontrer la France, l'ancien État colonial. Pour le football africain, ce serait bien de reproduire encore une demi-finale [comme le Maroc en 2022], avant peut-être de faire une finale dans les prochaines années", estime pour RTL.fr Claude Le Roy, ex-sélectionneur français des Lions de la Teranga (1988-1992).
"Nos attentes sont très élevées. On espère passer les quarts au minimum [leur meilleur parcours, en 2002], c'est un premier objectif. Ensuite, on a tous un rêve derrière la tête", a affirmé le capitaine et défenseur Kalidou Koulibaly il y a une semaine sur RMC. "Ce ne serait pas une surprise si on bat la France, notre équipe a été championne d'Afrique, on s'est qualifiés pour la troisième fois d'affilée pour la Coupe du monde", a également expliqué le sélectionneur Pape Thiaw, en conférence de presse lundi.
Reste que ces Lions de la Teranga - privés de ses fans venus du pays en raison du refus des autorités américaines de leur délivrer des visas - n'ont pas connu une préparation des plus convaincantes en amont du tournoi.
D'abord, dans les bureaux, puisque le coach n'a pas été prolongé officiellement et a été contraint d'officier sans salaire, ce qui a crispé en interne selon L'Equipe. Puis sur le terrain, la montée en puissance entamée dès mars avec une victoire dans l'allégresse au Stade de France contre le Pérou (2-0), au moment de célébrer la victoire à la CAN avec la diaspora en faisant fi de la polémique, puis un nouveau succès contre la Gambie (3-1), a été suivie de deux prestations plus poussives.
Arrivés très tôt en mai outre-Atlantique, les partenaires d'Idrissa Gueye ont concédé un revers contre les États-Unis (2-3), qui a mis en lumière quelques lacunes défensives, puis un nul terne face à l'Arabie saoudite (0-0). Pas de quoi rassurer, d'autant que des doutes persistent autour de la disponibilité de Koulibaly.
Si le joueur d'Al-Hilal a repris, entrant pour huit minutes face aux Faucons verts, après une blessure, il pourrait débuter sur le banc car pas à 100% contre Kylian Mbappé et consorts, quand Idrissa Gueye a lui aussi été diminué au milieu. Sans le roc de 34 ans, c'est le jeune Mamadou Sarr qui est amené à être titularisé avec le Lyonnais Moussa Niakhaté en charnière. Leur association avait fonctionné en janvier lors de la finale contre le Maroc, quand Antoine Mendy avait pris la place d'un Krépin Diatta, malade, à droite.
Mais la pépite prêtée à Strasbourg en début de saison, puis rappelé par Chelsea à l'hiver, n'a joué que 294 minutes depuis la mi-février. Autrement dit, il manque cruellement de rythme. Aux Français d'en tirer profit.
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