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"C'est foutu" : pourquoi la Française Pauline Ferrand-Prévot est (sûrement) passée à côté de son Tour de France

Grande gagnante de la Grande Boucle 2025 et l'une des favorites cette année, la Française Pauline Ferrand-Prévot est à 5 minutes du maillot jaune après la cinquième étape. Elle avoue elle-même que c'est "irrécupérable" pour la victoire.

Pauline Ferrand-Prevot lors de la 4e étape du Tour de France, le 4 août 2026.

Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP

Marine Langlois & Alexian Giron

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À moins d'un énorme miracle, Pauline Ferrand-Prévot ne pourra pas faire de doublé. La gagnante du Tour de France 2025 a très peu de chances de rempiler cette année : après cinq épreuves, et à quatre jours de l'arrivée, elle pointe à la 17e place du classement général, à cinq minutes du maillot jaune, la Suisse Marlen Reusser. La championne olympique de 34 ans a elle-même annoncé sa résignation après l'étape de mercredi, entre Mâcon et Belleville-en-Beaujolais. 

"Je ne peux même pas dire que je me sentais mal. Je me sentais à mon niveau. Je pense que les autres sont simplement un ton au-dessus. Le classement général, il ne faut pas se voiler la face... Je pense que c'est irrécupérable. Il reste encore quelques jours donc je vais néanmoins tout donner. Aujourd'hui (mercredi, NDLR), j'ai vraiment tout donné, je ne pouvais pas faire mieux. Je ne peux pas être déçue", a-t-elle déclaré au micro de France Télévisions. 

Moins à l'aise sur le contre-la-montre, pas le droit à l'erreur...

Le maillot jaune n'est-il vraiment plus qu'un doux rêve pour la tenante du titre ? Le Tour de France femmes ne durant qu'une semaine - contre trois pour les hommes -, si une ou deux étapes sont loupées, il est très difficile de rattraper le coup... "On n'a pas le droit à l'erreur parce que c'est court et que le lendemain, si on reprend une claque, c'est terminé. C'est ce qui s'est passé pour Pauline", analyse Audrey Cordon-Ragot, ancienne cycliste professionnelle, auprès de RTL.fr. 

"On est clairement sur un écart qui sera difficile à récupérer", ajoute-t-elle et ce même avec l'étape du mont Ventoux qui arrive vendredi. "Je pense qu'aujourd'hui, elle est déjà reconcentrée sur gagner une étape et gagner l'étape du Ventoux. Ce serait juste exceptionnel", continue la spécialiste de cyclisme sur route. La concurrence garde en tout cas un œil sur elle : "Tout peut encore arriver avec le Mont Ventoux. Dans la Madeleine, elle a été capable de me prendre trois minutes. On ne sait pas de quoi elle est capable sur une longue ascension", pour Demi Vollering (2e du classement avant la sixième étape). 

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Car Pauline Ferrand-Prévot se sent plus à l'aise dans les efforts plus longs et lisses et moins dans ceux "un peu plus diesel", des étapes du début de semaine comme le contre-la-montre. Il s'agissait d'ailleurs du premier de la Française en cinq ans et malgré son entraînement, l'effort a été rude : elle a terminé 34e, à 2''13 de la gagnante du jour et leader du classement général Marlen Reusser. "Je ne savais pas à quoi m'attendre donc je ne peux pas être déçue. J'ai donné le meilleur de moi-même. Ce n'était pas assez", soupirait-elle après l'étape. 

"Elle le disait elle-même, elle le redoutait ce chrono, raconte Audrey Cordon-Ragot. Elle était heureuse que ça soit passé et qu'elle en soit débarrassée. Je pense que c'est une discipline qu'elle n'a pas pu travailler comme elle le voulait, qu'elle n'a pas travaillé depuis très longtemps."

"Je ne l'enterre en aucun cas pour 2027"

Vu comme une des favorites avant le départ de la Grande Boucle, Pauline Ferrand-Prévôt déçoit forcément les espoirs français. L'année dernière, elle avait emporté le Tour de France et le Paris-Roubaix alors qu'elle participait aux deux courses pour la première fois. Sa saison 2026 avait relativement bien commencé : 2e au Tour des Flandres, 3e au Paris-Roubaix... Ce Tour de France est-il "foiré" pour le moment ? 

"Ce n'est pas un Tour foiré", pour Audrey Cordon-Ragot. Car il faut notamment prendre en compte un facteur important : le niveau a énormément augmenté dans le cyclisme féminin. Certaines coureuses, notamment Demi Vollering "ont passé un cap cette année, physiquement et mentalement", alors que d'autres qui n'avaient pas pu prendre le départ l'année passée pour cause de maladie sont au rendez-vous en 2026. 

"Je ne dis pas qu'elle a gagné facilement l'an passé, mais il y a aussi eu un concours de circonstances. Il n'y avait pas de contre-la-montre, la discipline qu'il faut encore qu'elle travaille. Donc il y a eu beaucoup de choses qui ont fait que l'an passé le Tour était vraiment à la faveur de Pauline avec des étapes de montagne qui lui correspondaient parfaitement", analyse l'ancienne cycliste, ce qui est moins le cas cette année. 

Au final, Pauline Ferrand-Prévôt "est à sa place par rapport à la physionomie du Tour cette année", pour Audrey Cordon-Ragot. Terminant : "Ce n'est pas dit que l'an prochain, on soit sur un Tour sans chrono, avec peut-être des étapes qui lui correspondent mieux et qu'elle puisse s'imposer à nouveau. Je ne l'enterre en aucun cas pour 2027." 

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