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À 106 ans, Robert Marchand raccroche son vélo

PORTRAIT - Il n'y aura donc pas de nouveau record. Robert Marchand prend sa retraite sportive un an après avoir soulevé l'enthousiasme en établissant devant les caméras un record de vitesse à vélo.

Robert Marchand à Montigny-le-Bretoneux, le 30 janvier 2014
Robert Marchand à Montigny-le-Bretoneux, le 30 janvier 2014
Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
À 106 ans, Robert Marchand raccroche son vélo
02:09
Bénédicte Tassart

Il est le "super-centenaire". Robert Marchand a annoncé prendre sa retraite sportive à l'âge de... 106 ans. La fin d'un cycle pour celui qui n'a cessé de pédaler toutes ces années.

Longtemps, il n'a pris qu'un seul médicament par jour, pour sa tension. Il a des rhumatismes aussi. Il était dès lors difficile de tenir encore le guidon pour ce centenaire. "Et je suis sourd comme un pneu !", aime à rigoler Robert Marchand.

Mais aujourd'hui, ce petit homme d'1,50m a décidé de raccrocher, un an après avoir remporté le record à l'heure des plus de 105 ans. 22,5 kilomètres parcourus sur la piste du vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. Bien-sûr, il était le seul dans sa catégorie, mais quand même.

Une vie à toute allure

Robert Marchand est né avant la Première Guerre mondiale, en novembre 1911, près d'Amiens. La maison familiale se dresse juste sur la ligne de combat, alors ses parents décident de l’expédier au vert, jusqu'à l'Armistice, dans une ferme de l'Allier. "Je pleurais tous les soirs", raconte Robert Marchand.

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À trois ans, je devais aller garder les vaches. Et puis il a fait tous les métiers, il a travaillé jusqu'à 85 ans. Sapeur-pompier à Paris, éleveur de poules, cordonnier, moniteur de gym... Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la résistance, fait un peu de prison et s'exile ensuite au Venezuela, où il est conducteur d'engins, puis au Canada, où il devient bûcheron.

Un communiste convaincu

Tous les matins encore, Robert Marchand lit L'Huma. Militant communiste et syndicaliste pendant le Front populaire, il tient à ses idées. Il y a quelques années, il a refusé que Roselyne Bachelot, ministre des Sports de l'époque, lui remette une médaille. Il a choisi de recevoir cette breloque de la part de la maire communiste de sa ville, Mitry-Mory, en Seine Maritime. 

Une ville où il vit depuis plusieurs décennies maintenant. Robert Marchand est veuf depuis 1943, il n'a pas d'enfants, alors il vit seul dans son petit appartement. Il touche moins de 900 euros par mois pour sa retraite. Toujours membre du club de vélo local, il arrête donc les compétitions, mais cet homme d'humeur toujours joviale fait ses étirements tous les jours. "Je ne suis pas un phénomène, j'ai juste de la chance", sourit-il encore. 

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