3 min de lecture Société

"Good Girls Gone Bald", ce compte Instagram célèbre les femmes aux crânes rasés

INTERVIEW - Béatrice Fatier et Inès Perrot ont lancé ce compte Instagram pour créer un mouvement et permettre aux femmes aux crânes rasés d'échanger sur le sujet.

"Nappily Ever After" est une comédie romantique disponible sur Netflix et dans laquelle le personnage principal grandit en complexant sur ses cheveux crépus
"Nappily Ever After" est une comédie romantique disponible sur Netflix et dans laquelle le personnage principal grandit en complexant sur ses cheveux crépus Crédit : Tina Rowden / Netflix
Arièle Bonte
Arièle Bonte
Journaliste

"Tout a commencé à mon adolescence". Béatrice Fatier, 23 ans, raconte dans un message posté sur Instagram au début du mois d’octobre pourquoi elle a décidé de se raser la tête. "Dans cette société où la femme est associée au rose et aux longs cheveux, je ne savais plus dans quelle boîte me caser. Alors pour bousculer ses principes sexistes qui m’oppressaient, j’ai pris la décision au mois de novembre dernier de raser ma tête."

Un an plus tard, Béatrice Fatier a lancé avec Inès Perrot, 21 ans, le compte Instagram Good Girls Gone Bald (les filles gentilles deviennent chauves).

"Lorsque je me suis rasée le crâne, j'ai eu un choc !", raconte Béatrice Fatier à RTL Girls. "Je ne réalisais pas ce que je venais de faire. J’étais totalement désorientée par mon image dans le miroir !". La jeune femme se tourne vers Internet pour dénicher une communauté avec laquelle dialoguer, échanger et partager. Elle ne trouve rien... et c'est comme cela qu'est ensuite née l'idée de créer Good Girls Gone Bald, inspiré par l'initiative anglophone The Baldie Revolution.

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~ Tout a commencé à mon adolescence. Je ne savais pas où me situer en tant qu’#individu, un #homme, une #femme, #lesbienne, #transgenre, ou bien un tout à la fois ... Mon style vestimentaire de jeune fille ne correspondait pas. Mes cheveux #crépus jouaient aussi un grand rôle dans ma quête identitaire. Le fait de ne pas savoir les valoriser et entretenir au quotidien, me décourageais. Dans cette #société où la femme est associer au rose et aux longs cheveux, je ne savais plus dans quelle boîte me caser. Alors pour bousculer ses principes #sexiste qui m’oppressaient, j’ai pris la décision au mois de novembre dernier, de #raser ma tête. Au début j’avais du mal à assumer cette #transition. J’étais désorienté par ma décision. J’avais surtout peur de ne pas pouvoir assumer cet act plus que symbolique. Mais avec le temps j’ai appris à comprendre mon visage, l’enjoliver mais surtout le redécouvrir . Aujourd’hui je me sens #libre d’être qui je suis. Libre d’incarner, l’homme et la femme qui sommeillait en moi. Ma coupe à dès lors fait sortir ma vraie personnalité, qui depuis toutes ses années étaient enfouies dans une masse de cheveux. ~ Je suis Béatrice, j’ai 23 ans et je suis là #créatrice de la page @goodgirlsgonebald #GGGB #GOODGILRSGONEBALD

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"En rasant mon crâne, j’ai appris à m’aimer telle que j’étais, à me rendre compte de mes qualités, mais aussi de mes défauts", raconte de son côté Inès Perrot. "Cela a aussi été le grand départ vers la destination du Self Love, pavée de moments de doutes, de mises à nu et de sorties de ma zone de confort", ajoute-t-elle.

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L'ambition des deux jeunes femmes ? "Créer un mouvement qui puisse rassembler, où l'on puisse partager nos expériences et inspirer d’autres personnes qui veulent passer le pas", explique Inès Perrot qui inclut également dans cette démarche les personnes qui n'ont pas choisi de se raser le crâne comme les femmes atteintes d'un cancer ou celles qui vivent avec des maladies auto-immunes. Good Girls Gone Bald veut leur montrer "qu’elles sont magnifiques exactement telles qu’elles sont".

Un manque cruel de représentation

Comme le compte vient d'être lancé, Good Girls Gone Bald n'explose pour l'instant pas les compteurs du nombre d'abonnées. Mais l'impact positif est déjà là, raconte à RTL Girls Inès Perrot. 

"On reçoit pas mal de messages de jeunes gens qui nous voient comme des inspirations, juste parce qu’on existe et qu’on est visibles, et ça n’a pas de prix. Nous aussi on aurait voulu avoir des modèles d’inspiration en grandissant, être rassurées, et ne plus se sentir seules", confie celle qui a justement souffert, plus jeune, de ce manque de représentation. "Les femmes qui passaient à la télé ou dans les clips ne me ressemblaient pas, et je ne me voyais pas en elles."

Le cheveu afro comme moyen d'expression et arme politique

Car derrière le besoin d'échanger sur le sujet, un projet tel que celui-ci traduit à quel point le cheveu est aujourd'hui un sujet de société. "Dans un sens, il a toujours fait débat", estime Béatrice Fatier. "On exigera d’une femme noire une coiffure particulière avec toutes les variantes possibles (tissage, rajouts, nattes…) afin de la faire rentre dans le 'rang' sociétal et professionnel. Au même titre que l’on imposera à une femme rasée de se maquiller pour avoir 'bonne mine'", détaille-t-elle.

Le cheveu afro est et a toujours été politisé

Inès Perrot
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"Le cheveu afro est et a toujours été politisé, car marginalisé par les standards de beauté", ajoute Inès Perrot avant de mentionner le mouvement "Nappy", qui célèbre justement le cheveu au naturel, mais aussi le travail de l'association SciencesCurls, du média Afropunk ou encore de l'entreprise Ma Coiffeuse Afro qui participent tous et toutes à mettre le cheveu afro sur le devant de la scène médiatique.

"Les coupes de cheveux sont devenues un mouvement, un moyen d’expression afin de se libérer des préjugés sexistes ou de dénoncer des violences passives", souligne alors Béatrice Fatier. "L’image féminine a été décortiquée, analysée et standardisée depuis très longtemps. Il est donc important que le rôle de la femme dans une société occidentale et tout ce qui l’incarne et cesse de faire débat". En attendant ce jour, les initiatives comme celles lancées par ces deux modèles sont plus que bienvenues. 

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2018-10-23 08:30:00
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