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Avortement : 7 préjugés démentis

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est-elle gratuite ? Est-on obligée d'en parler à ses parents ou d'avoir leur autorisation ? Réponses.

Dans la première saison de "Girls", le personnage de Jessa se fait avorter.
Dans la première saison de "Girls", le personnage de Jessa se fait avorter. Crédit : HBO
MorganeGiuliani
Morgane Giuliani
Journaliste RTL

Le 28 septembre, c'est la journée mondiale pour le droit à l'avortement. En France, il a été légalisé en 1975, grâce à Simone Veil. En 2015, plus de 200.000 interruptions volontaires de grossesse (le terme médical officiel pour parler d'avortement) ont été pratiquées en France. Depuis sa légalisation, l'accès à l'avortement a notamment été rendu plus facile par la loi, mais de nombreux préjugés persistent à son sujet. 

1. L'avortement est interdit aux mineures : faux

On peut tout à fait avorter en étant mineure. "La loi permet à toute femme enceinte, y compris mineure, qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse", rappelle le site du ministère de la Santé.

2. L'accord des parents est nécessaire : faux

"La femme mineure a le droit d’avorter avec ou sans le consentement du père, de la mère (ou du représentant légal)", dit la loi. En d'autres termes, si l'on tombe enceinte alors que l'on est mineure, on n'a pas besoin de l'accord de nos parents, ou de notre représentant légal, pour avorter. Personne ne peut nous obliger à garder un enfant, que ce soit l'un de nos parents, ou l'homme avec lequel on a eu le rapport sexuel qui a mené à la grossesse.

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Comment faire si nos parents ne veulent pas que l'on avorte ? On peut se faire accompagner par la personne majeure de notre choix, qu'elle fasse partie de notre famille ou non, dans un centre pratiquant l'IVG ou un hôpital. Pour que l'IVG soit pratiquée, il faut prouver que l'on a vu un médecin deux fois, qui a établi la grossesse, et que l'on a bénéficié d'une consultation psycho-sociale, pour être informée.

3. Avorter est payant : faux

Depuis 2013, les coûts liés à l'avortement sont complètement pris en charge et on n'a pas même pas à avancer d'argent. Ces coûts incluent les examens sanguins réalisés pour établir depuis combien de semaines on est enceinte et les échographies, jusqu'à l'intervention en elle-même.

4. L'avortement n'est pas anonyme : faux

L'IVG est un acte anonyme. Le personnel médical qui nous a pris en charge n'a pas le droit de dévoiler notre identité ni de contacter nos parents à ce sujet, au nom du secret médical. Si l'idée d'en parler avec quelqu'un en face-à-face nous gêne, le ministère de la Santé a mis en place un numéro vert gratuit pour toute question concernant la sexualitéla contraception et l'IVG : 0.800.08.11.11. Il est accessible 6 jours sur 7, du mardi au samedi de 9 heures à 20 heures et le lundi de 9 heures à 22 heures. 

5. L'avortement est un mode de contraception : faux

L'IVG doit rester une solution de dernier recours. De nombreux contraceptifs existent, du préservatif (masculin ou féminin) au stérilet, en passant par la pilule. Il ne faut pas hésiter à en tester plusieurs, pour savoir lequel correspond le mieux à notre corps, nos envies et notre mode de vie. Les filles âgées de 15 à 18 ans peuvent obtenir pilule, stérilet ou implant sur ordonnance gratuitement, en présentant la carte Vitale de leurs parents, chez un médecin, à l'hôpital ou dans un planning familial. Là aussi, tout reste anonyme. 

6. Avorter rend stérile : faux

Opale Aunis, sage-femme, le rappelle sur le site du ministère de la Santé : "Que ce soit par la méthode médicamenteuse ou chirurgicale, il n'y a pas de risque de stérilité. Au contraire, la fécondité revient assez rapidement, d'où le fait de prévoir une contraception." La multiplication des IVG peut, en revanche, entraîner des complications de santé.

7. Avorter est forcément déprimant : faux

Même si les femmes en France ont droit à l'avortement, la société peut toujours penser que c'est un acte honteux. Bien sûr, certaines femmes vivent mal leur avortement et c'est leur droit. Mais d'autres non et c'est également leur droit. Cela ne fait pas d'elles des personnes insensibles. Le blog Je vais bien merci récolte des témoignages de femmes qui ont avorté sans que cela ne chamboule leur vie.

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2015-09-29 07:00:00
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