11 min de lecture Littérature

Robin Hobb, la reine de la fantasy qui ne cède pas (encore) aux sirènes de la télé

RENCONTRE - Elle est l'auteure derrière la très populaire saga de fantasy "L'Assassin Royal". À l'occasion de sa venue en France pour "Livre Paris" nous avons posé quelques questions à celle dont les livres jouxtent "Le Trône de Fer" dans les librairies.

Robin Hobb en visite à Paris le 15 mars 2018
Robin Hobb en visite à Paris le 15 mars 2018 Crédit : Aymeric Parthonnaud
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Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Quel meilleur lieu qu'un café baptisé "Le Hibou", meublé de vieux canapés en cuir et de corneilles empaillées, pour rencontrer l'une des plus grandes plumes de la fantasy mondiale ? Robin Hobb, de son véritable nom Margaret Astrid Lindholm Ogden, est une auteure américaine que l'on peut aisément classer dans la catégorie des J.K. Rowling (Harry Potter) et autres George R. R. Martin (Le Trône de Fer). Elle vend des livres par millions et sa saga la plus célèbre, L'Assassin royal, trône en bonne place depuis des années dans toutes les librairies.

Ce 15 mars 2018, nous avons pu la rencontrer alors qu'elle est l'une des invitées de prestige du Salon du Livre 2018 (rebaptisé Livre Paris) et qu'elle passe quelques jours en France pour rencontrer ses lecteurs français à Bordeaux, Lille ou Paris. L'occasion d'en savoir plus sur la fantasy comme genre, son œuvre, ses prochaines idées et sur l'éventuelle adaptation des aventures de son héros FitzChevalerie Loinvoyant (Fitz pour les intimes) en série télévisée ou sur grand écran.

La fantasy, une "toile vierge" hautement respectable

La fantasy est souvent présentée comme un genre destiné aux enfants ou aux adolescents. Les libraires et le Salon du Livre de Paris placent d'ailleurs les œuvres et les auteurs de fantasy dans les zones "Young Adult" ou "jeunes adultes" dans la langue de Molière. Un choix discutable tant certains livres seraient parfaitement inaccessibles aux plus jeunes.

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Les plus hautains n'hésitent pas à décrire la fantasy un sous-genre littéraire peuplés d'elfes, de mages et de dragons qui ne peut que satisfaire quelques geeks attardés. C'est évidement un cliché grossier et la popularité d’œuvres exigeantes comme Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter ou Le Trône de Fer le prouve. Pour Robin Hobb, la fantasy est simplement le genre le plus ancien de la littérature, un domaine qui lui permet d'être parfaitement libre. 

Le premier tome de l'intégrale de "L'Assassin royal"
Le premier tome de l'intégrale de "L'Assassin royal" Crédit : J'ai Lu

"J'écris de la fantasy pour plusieurs raisons. C'est le genre qui nous laisse observer les grandes questions. Le genre qui nous éloigne de toutes nos idées préconçues sur les choses, explique-t-elle. Si je devais écrire une histoire sur une courtière en bourse à New York, vous auriez déjà plein de préconceptions sur l'identité de cette personne : ce qu'elle est, ce qu'elle fait au travail, comme elle évolue dans cette ville... Dans la fantasy, ma toile est vierge. Si je veux écrire sur l'égalité entre les genres ou l’esclavage, je commence avec une page blanche et je peux mettre mes lecteurs de chaque côté de cette question grâce à mes personnages."

Si beaucoup font naître la fantasy avec Tolkien et ses aventures en Terre du Milieu, Robin Hobb assure que les origines du genre sont bien plus anciennes. "La fantasy est la littérature universelle, affirme-t-elle. Si vous regardez les histoires connues dans le monde entier, ce ne sont que des fables et des mythes... Les Fables d’Ésope, c'est de la fantasy. Cendrillon a un équivalent dans toutes les langues. Toutes ces histoires qui parlent d'une jeune personne qui part à la rencontre de sa destinée, c'est de la fantasy, la littérature de l'humanité." 

On me disait : 'On vit dans le ghetto, personne ne nous prend au sérieux'

Robin Hobb
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Pour ce qui est des critiques émises contre la fantasy, Robin Hobb les balaye avec grâce. "Quand j'ai commencé à écrire de la fantasy, beaucoup des autres auteurs me disaient : 'On vit dans le ghetto, personne ne nous prend au sérieux', confie l'auteure. Il y avait beaucoup d'inquiétude. Mais j'ai décidé que je ne pouvais pas m'arrêter pour penser à ça. J'avais des histoires à raconter. Et ce n'est pas mon combat de faire changer les mentalités. Mon travail ne consiste qu'à écrire ces histoires." 

Robin Hobb poursuit : "Les critiques sont injustes seulement pour ceux qui se coupent de la fantasy. C'est comme si des gens disaient : 'Je ne lis pas les classiques littéraires parce que c'est trop élitiste' ou 'je ne lis pas de romans à l'eau de rose parce que c'est niais' ou 'Je ne lis pas de westerns parce que je n'aime pas les cowboys'. Je lis tout, et tout m'appartient. Si je vois un livre qui m'intrigue, je le prends et je le lis et je ne me préoccupe pas du qu'en-dira-t-on quand je lis tel ou tel roman en public. Même si c'est un livre illustré pour les enfants".

Une adaptation oui, mais pas avec n'importe qui

Si les années 70 et 80 n'étaient guère lumineuses pour la fantasy, le genre est en passe de devenir l'un des plus populaires. Bien sûr, il y a les succès d'édition. Harry Potter a brisé quelques barrières en unissant les enfants, les adolescents et les adultes autour de l’histoire d'un orphelin élu, de sorciers et de prophéties. L'oeuvre de Peter Jackson, qui a adapté la trilogie de Tolkien, et la série Game of Thrones produite par HBO, ont amplifié considérablement le phénomène. La fantasy, comme les comics, n'est plus reléguée au rang de sous-genre. Elle fait l'industrie de la culture. 

"Les séries et les films ont considérablement élargi le public de la fantasy. C'est plus simple et rapide à consommer sous cette forme, reconnaît Robin Hobb qui est régulièrement courtisée pour que l'on adapte L'Assassin royal. Mais ça manque de profondeur par rapport aux livres".

"J'ai lu ce que l'on appelle aujourd'hui Game of Thrones mais qui est en réalité A Song of Ice and Fire (le nom du cycle littéraire de G.R.R. Martin qui évoque la lutte pour le Trône de Fer). J'ai regardé la première saison pour voir ce qu'ils en avaient fait. C'était très beau et bien produit mais c'était comme un ricochet, explique l'écrivaine. Les livres eux proposent une immersion totale dans l'univers. C'est une bonne introduction, mais j'espère surtout que les téléspectateurs ont maintenant envie d'en savoir plus et de lire les livres." 

Les livres seront toujours la référence

Robin Hobb
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Robin Hobb ne semble pas prête à amputer son oeuvre pour qu'elle entre dans un format. "Ce qui est bien avec les livres c'est que je sais qu'ils sont exactement comme je les ai pensés, en sécurité, sur une étagère. Beaucoup de gens pensent qu'une adaptation est le signe du succès, mais je ne le vois pas ainsi. Je n'en ressens pas le besoin. Est-ce que je pourrais le faire ? Oui, avec les bonnes personnes. Et je ne les ai pas encore rencontrées."

Mais à y regarder de plus près, Robin Hobb ne semble pas prête à faire la moindre concession sur son univers et ses soupirants pourraient bien ne jamais la convaincre. "Quand je regarde Game of Thrones et quand je suis allée voir Le Seigneur des Anneaux au cinéma, c'était très bien mais ce n'étaient pas les vrais personnages. J'ai ma propre conception de Tyrion (Lannister, incarné par Peter Dinklage dans Game of Thrones, ndlr) ou Sam (Sean Astin dans Le Seigneur des Anneaux, ndlr). Et ils ne ressemblent pas du tout aux acteurs des adaptations. Les livres seront toujours la référence."

"Quand on parle d'une éventuelle adaptation de L'Assassin Royal, sur Facebook par exemple, il y a toujours deux camps qui s’affrontent, raconte l'écrivaine. Il y a ceux qui disent : 'Il ne faut pas accepter. Comment vont-ils représenter Fitz qui parle avec son loup Oeil-de-Nuit ? Comment ils peuvent représenter les deux différentes formes de magie ?'. Et il y a ceux qui composent le cast parfait de tous les personnages de la saga." 

Si elle ne ferme pas la porte à une adaptation, Robin Hobb semble imposer un cahier des charges presque irréalisable. Mais elle n'oublie pas de rassurer les fans qui voudraient voir Fitz et le Fou sur leurs écrans. "Il y a tellement de livres que j'adore et qui ne seront jamais des séries ou des films... et ça ne diminue en rien leurs qualités. Une adaptation n'est pas une fin en soi." 

La fin de la production de Game of Thrones et son succès colossal pourrait cependant motiver certains réalisateurs, chaînes ou services de streaming à mettre un budget substantiel pour obtenir les droits d’adaptation et satisfaire l’exigeante Robin Hobb. Une chose est certaine : seule une série très longue pourrait contenir la saga de L'Assassin Royal et Robin Hobb ne manquerait pas de garder un œil très affûté sur les équipes qui mettraient en images sa création. En attendant : il reste la lecture de ses anciens et de ses prochains livres.

L'écriture, une entreprise comme une autre

Robin Hobb écrit beaucoup et elle écrit vite, même si elle s'en défend. Chaque année ou presque, elle a publié un roman. Entre L'Apprenti Assassin en 1995 et Le Destin de l'Assassin en 2017, elle a étendu son univers avec 16 romans. Et c'est sans compter sur une autre saga, Le Soldat Chamane, rédigée entre 2006 et 2009.

"Je fonctionne un peu comme une entreprise. J'ai un contrat et une date de rendu et je la prends très au sérieux. Si je suis en retard, je suis très insatisfaite. Mais parfois quand je n'y arrive pas, mes éditeurs ont la gentillesse d'être flexible. Le Soldat Chamane par exemple devait n'être que deux tomes mais comme j'ai eu du retard et que les livres étaient trop gros, ils ont fini par découper l'histoire en quatre livres, argumente-t-elle. Ils ont travaillé jours et nuits pour qu'un livre sorte malgré tout, quand les lecteurs l'attendait. Dans ces moments-là, on voit qu'on ruine un peu la vie des gens avec lesquels on travaille et je n'ai pas envie de faire ça. C'est risqué en plus quand on y réfléchit. Il ne faut pas presser ceux qui travaillent sur vos écrits." 

Une rapidité qui doit faire sourire les lecteurs et les éditeurs de G.R.R. Martin ou Patrick Rothfuss (Le Nom du Vent) puisque cela fait des années que l'on attend la suite de leurs sagas... sans la voir arriver. 

"Pour écrire, c'est simple : pas de télévision. S'il y a une série que je veux voir, je me dis que je la 'binge-watcherai' une fois le travail effectué. Sans date de fin je ne pourrais jamais prendre les décisions et je douterai en permanence en créant des dizaines de fins alternatives. La deadline m'aide à arrêter mes choix", explique Robin Hobb. 

Des idées à foison et un prochain livre

"Pour écrire mes romans, je fais comme un pour un voyage : je définis quelques étapes principales mais j'essaye de garder le début et la fin. Après il y a toujours des accidents de parcours, des rencontres imprévues et je les accueille, mais la fin ne change pas, hésite-t-elle. Ou si elle change... c'est uniquement dans l'impression qu'elle peut laisser aux personnages. L’événement final ne varie pas mais les émotions peuvent ne pas être celles que j'avais imaginé au début."

Et Robin Hobb de décrire son procédé d’écriture. "La fantasy, pour beaucoup, c'est la construction d'un monde. Ils vont commencer en dessinant une carte, en pensant l'économie, en imaginant un nouveau calendrier... Mais pour moi, ce sont les personnages qui comptent, insiste l'auteure. J'en dis assez sur les personnages et après ce sont les lecteurs qui font le travail pour imaginer le monde qui les entoure. Je ne crée pas plus que ce dont j'ai besoin et c'est le lecteur qui fait un travail formidable d’imagination. Ainsi je n'ai pas besoin d'arrêter l'action et l'histoire pour expliquer comment la chemise de tel personnage a été fabriqué ou ce genre de choses."

Mon prochain roman sera de la fantasy urbaine

Robin Hobb
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Mais d'où lui viennent ses histoires, ses personnages, ses systèmes de magie si originaux, ses intrigues de cours ? "Je ne 'cherche' pas des idées pour mes livres, elles viennent, j'essaye surtout de ne garder que les bonnes. Celles qui deviendront des histoires. Ça passe souvent en observant et en se posant des questions. Par exemple, pourquoi y a-t-il autant d'oiseaux empaillés autour de nous dans ce restaurant parisien ? Ça peut être le départ d'une histoire fabuleuse."

En ce moment, c'est Megan Lindholm (son autre pseudonyme) qui écrit la prochaine histoire. "C'est de la fantasy urbaine qui se passe à notre époque dans la ville de Tacoma de l'Etat de Washington où j'habite. Ça parle de magie bien sûr et je vais jouer avec un personnage que j'avais déjà utilisé dans mes nouvelles". Impossible d'en savoir plus.

Ses diamants dans la mer de zircons

Sur chacune des couvertures de ses romans - parce que les maisons d'édition ne manquent pas de bonnes idées marketing - il y a une citation du très "bankable" George R.R. Martin qui qualifie les romans de Robin Hobb  de "diamants dans un océan de zircons."  "Je serai à jamais reconnaissante à George d'avoir lu mes livres et d'avoir donné un compliment aussi extravagant", note Robin Hobb visiblement embarrassée. 

L'Américaine a elle aussi ses favoris, ses diamants à elle. "Ça va ressembler à l'Association des compliments réciproques, mais j'ai adoré Le Trône de Fer de G.R.R Martin. Je les lis et je les relis en attendant la suite. Naturellement, en bonne orthodoxe, Robin Hobb n'a pas regardé les dernières saisons de Game of Thrones qui sont déjà au-delà de la narration des romans. Pas de spoilers pour elle, elle connaît la vraie histoire (comprenez : les romans) et veut s'en contenter. 

Lire 'Le Seigneur des Anneaux', c'était comme découvrir un continent

Robin Hobb
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"Bien sûr, n'importe quel auteur de fantasy de ma génération est obligé de citer J.R.R. Tolkien, continue-t-elle. Avant son oeuvre, il n'y avait rien de similaire. C'est comme si le polar avait été inventé. Avant, je n'avais rien lu d'aussi long et dense, un roman de fantasy qui prend ses personnages très au sérieux. Lire Le Seigneur des Anneaux c'était comme découvrir un nouveau continent. J'aime aussi beaucoup d'auteurs "grimdark" (sous-genre de la fantasy avec des événements sombres, violents et une collection d'anti-héros à la moralité discutable, ndlr) comme Joe Abercrombie (la trilogie de la Première Loi) ou Mark Lawrence (L'Empire brisé, La Reine rouge)".

"En dehors de la fantasy, j'ai adoré récemment The Riddle of the Labyrinth : The Quest to Crack an Ancient Code (Les énigmes du labyrinthe : la quête pour percer les mystères d'un code ancien, de Margalit Fox, ndlr). Un livre qui raconte l'histoire vraie d'une langue mystérieuse et inconnue qui fallait déchiffrer alors qu'on ne savait même pas distinguer les mots des nombres... C'était fascinant. J'adore les puzzles". 

À l'écoute de ses lecteurs

Pour ce qui est des auteurs français, Robin Hobb a grandi avec les vieux volumes en cuir de sa grand-mère des Trois Mousquetaires, d'Alexandre Dumas. "Une aventure formidable, comme les histoires du Capitaine Némo (de Jules Verne, ndlr). Mais malheureusement, je ne connais que quelques classiques, il y a encore trop peu de traductions vers l'anglais. Je ne parle qu'une langue et ça me limite terriblement."

"The Musketeers", adaptation britannique du roman de Dumas
"The Musketeers", adaptation britannique du roman de Dumas Crédit : BBC One

Loin de devoir se bunkeriser à cause d'une trop grande notoriété (Robin Hobb peut remercier l'absence d'adaptation pour cette tranquillité), l'auteure est très accessible. "Je m'entends très bien avec mes lecteurs français. Ils ont un groupe Facebook qui est baptisé Le Septième Duché et je suis devenue amie avec eux. Nous espérons nous retrouver très bientôt aux Imaginales (le festival littéraire qui se tient chaque année à Épinal et qui concentre le meilleur des littératures de l'imaginaire, de la fantasy à la science-fiction) et déjeuner ou dîner ensemble".

"Je leur dois beaucoup, ils me font d'excellents retours. C'est comme mon traducteur français, Arnaud Mousnier-Lompré. Il prend mes mots et en fait un roman en très beau français. Mon succès ici est directement lié à son excellent travail. C'est un vrai collaborateur. Nous sommes devenus très amis", conclut-elle. Ses fans peuvent essayer de la croiser ces prochains jours à Livre Paris (notamment le dimanche 18 mars où elle sera l'invitée d'honneur). Une occasion précieuse qui pourrait se raréfier si Hollywood, HBO ou un autre producteur lui faisait une proposition qu'elle ne pourrait refuser.

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2018-03-16 18:54:00
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