2 min de lecture Famille royale

Philip, prince des gaffes sexistes et racistes mais aussi roi de l'autodérision

L'époux d'Elizabeth II était connu pour ne pas avoir sa langue dans sa poche. Voici quelques perles distillées très officiellement tout au long de sa vie.

Le prince Philip et le General Sir Mike Jackson
Le prince Philip et le General Sir Mike Jackson Crédit : AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

Si la princesse Elizabeth devenue reine, a toujours décrit le duc d'Édimbourg comme son "roc" et son "soutien", la famille Windsor était loin d'être convaincue par le fiancé qu'elle leur présentait. Un regard nuancé sur la personnalité du grand prince blond qu'a partagé le peuple britannique pendant des décennies, parfois amusé ou consterné par certaines de ses sorties. 

À en croire Sir Harold Nicolson, diplomate et écrivain, le roi George VI et son épouse le trouvaient "grossier, impoli et sans manière" et estimaient "qu'il serait probablement infidèle". Ils tentèrent de présenter à leur fille d'autres candidats plus conformes au profil qu'ils recherchaient. L'aristocratie britannique était surtout, en cette période d'après-guerre, très mal à l'aise avec les accointances allemandes du prince. En privé, on rapporte que la reine-mère le surnommait "Le Hun". 

Celui qui est décédé ce vendredi 9 avril 2021 à l'âge de 99 ans, restera irrémédiablement associé aux blagues politiquement incorrectes - ou parfois simplement racistes ou sexistes - qu'il a distillées au cours de ses engagements officiels. Il était capable d'une bonne dose (très britannique) d'autodérision comme le jour où il a inauguré une plaque dans un stade de cricket à Londres en 2017 en laçant : "Vous êtes sur le point de voir l'expert mondial des inaugurations de plaques".

Un prince sans filtre

Moins subtil, il a dit à Malala Yousafzaï qui a survécu à une attaque des talibans contre un bus d'écolières en 2013 que les enfants allaient "à l'école parce que leurs parents n'en voulaient pas à la maison". À une jeune femme qui lui offrait des fleurs, en 1984 au Kenya, il a dit : "Merci madame... Vous êtes bien une femme, n'est-ce-pas ?".

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Il a osé dire que "les femmes britanniques ne savaient pas cuisiner" en 1966. Il a comparé la tenue traditionnelle nigériane à un pyjama en lançant un "On dirait que vous êtes prêt à aller au lit" au président nigérian Olusegun Obasanjo, vêtu d'une tenue traditionnelle.

Autre exemple de son sens de la diplomatie : lors d'un dîner à Rome en 2000, le Premier ministre italien Giuliano Amato lui propose du vin italien. Et le prince de répondre : "Que l'on m'apporte une bière. Je me fiche laquelle, mais que l'on m'apporte une bière".

Le public a été très critique après certaines sorties racistes. "Ne restez pas trop longtemps, sinon vous allez avoir des yeux bridés", recommandait-il à des étudiants britanniques en stage en Chine en 1986. À une troupe de danseurs noirs, il lâchait en 2009 : "Vous êtes tous de la même famille ?". Autre continent mais même ambiance lorsqu'il demande "vous vous battez toujours à coups de lances ?" à un Aborigène lors d'une visite en Australie en 2002 ou "donc, vous avez réussi à ne pas être mangé ?" à un étudiant revenant d'un trek en Papouasie Nouvelle-Guinée. Scandale encore lorsqu'il déclare à propos d'un compteur électrique vieux et défectueux lors d'une visite dans une usine écossaise, en 1999, qu'il avait "sans doute été installé par un Indien".

Le prince était aussi réputé pour sa grossophobie. "Tu ne pourras jamais voler là-dedans, tu es trop gros", a-t-il affirmé en 2001 à un adolescent de 13 ans qui rêvait de devenir astronaute.

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