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"Le Grand Débat" : "Il y aura un avant et un après", estime Isabelle Morini-Bosc

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur les audiences du "Grand Débat" du 4 avril et les répercussions de ce premier débat des 11 candidats à la présidentielle sur l’histoire de la télévision.

"Le Grand Débat" : 10 des 11 candidats à la présidentielle 2017, Philippe Poutou ayant refusé de prendre la pose
"Le Grand Débat" : 10 des 11 candidats à la présidentielle 2017, Philippe Poutou ayant refusé de prendre la pose Crédit : Lionel BONAVENTURE / POOL / AFP
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

Je n'avais pas prévu de jouer aujourd'hui les rasoirs à deux lames en revenant, dans ce billet, sur le sujet qui nous occupait hier, à savoir le fameux débat à haut débit entre les 11 présidentiables (enfin, les 6 qui le sont vraiment et les 5 qui font comme s'ils l'étaient). Mais voilà, au nom du suivi de l'information, il est impossible et impensable de ne pas revenir sur cette spéciale proposée le 4 avril sur BFMTV et CNews. Spéciale parce qu'elle a marqué les sondages, les esprits, les politiques et finalement le public. Il s'est, en effet, produit un événement de taille. 

Dès 20h40, les téléspectateurs sont allés en masse, qui sur BFMTV qui, dans une moindre mesure, sur CNews avec un score tout de même remarquable, c'est-à-dire digne d'être remarqué ! Nous nous attendions certes tous, rappelons-le, à un effet de curiosité entraînant un bon "résultat médiamétrique", mais un bassin de 3 millions de téléspectateurs semblait alors déjà une "moyenne haute, tout cumulé". Or l'addition des deux "TNT" a largement doublé la donne et ce chiffre : 6,3 millions "citoyens" au total, 5,5 millions sur BFMTV et 800.000 sur CNews, avec un pic à 14 millions vers 23 heures. 

BFM TV et CNews entrent dans l'histoire de la télévision

On aurait évidemment tort d'en tirer des conclusions hâtives en ce qui concerne les consignes de votes, et le fait que plusieurs sondages d'opinion aient trouvé le trio Macron-Mélenchon-Fillon "au-dessus du lot", ne sous-entend absolument pas que ces trois-là, suivis d'assez loin par Marine Le Pen, vont automatiquement "faire le plein" de votes... Cela se saurait si le "senti" et le "ressenti" étaient des sciences exactes ! Les raisons qui font que le public est resté après être venu, ne doivent pas davantage être idéalisées. 

Certains individus voulaient certes regarder "dans un esprit civique" pour se faire une idée sur les candidats et un jugement sur leurs programmes, mais d'autres (nombreux ?) espéraient surtout assister à une foire d'empoigne. Que voulez-vous, on ne peut pas faire dans la grandeur d'âme à temps complet ! Et ceux-là ont peut-être été déçus malgré les piques et philippiques d'un Poutou ou d'une Nathalie Arthaud, qui ont renoué avec ces termes venus du temps de la lutte des classes et des crasses ultra-politisées. 

Quelle suite pour le débat du 20 avril sur France 2 ?

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Mais qu'elles que soient nos motivations, nous sommes tous d'accord, c'était du jamais-vu qu'il faudra revoir. Cette soirée a en effet créé un précédent. Il y aura désormais un "avant" et un "après 4 avril 2017". Le résultat est ainsi exceptionnel à plus d'un titre. Exceptionnel pour des chaînes de la TNT, exceptionnel pour des chaînes d'infos. Et désormais de toutes les présidentielles. Oui, le dispositif imaginé par les équipes respectives a été innovant, performant, excitant, et payant à tous points de vue. BFMTV et CNews en imposent et s'imposent. Elles ont en fait gagné plus que l'audience. Elles entrent dans l'histoire de la télé. 

Mais est-ce à dire, en France, il faut toujours un perdant, que France 2 est un dindon de la farce montré avec force ? On pourrait le penser, on aurait tort. D'abord parce que France 2 proposera, quoiqu'il advienne, une "grande soirée politique" le 20 avril, ce qui est loin d'être idiot à 3 jours du scrutin. Ensuite, parce que le service public, après un premier espoir de projet "avorté" avec TF1, avait plutôt courageusement tenté sa chance en voulant dès le départ un débat à 11, pas complètement aidée par des candidats à qui on ne saurait pas davantage reprocher de jouer leur jeu plutôt que le nôtre, dans une partie plutôt serrée. Alors ? Alors bornons-nous à croire aujourd'hui dans ce nouveau dicton : "Un débat, deux chaînes de la TNT, 3 raisons de regarder". 

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