3 min de lecture Télévision

Isabelle Morini-Bosc : "Il faut une surveillance des établissements animaliers"

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc commente la décision de Gulli de ne plus diffuser de spectacle avec des animaux, qu'elle trouve injustifiée.

Un spectacle du cirque Bouglione au Cirque d'Hiver à Paris, le 23 octobre 2014
Un spectacle du cirque Bouglione au Cirque d'Hiver à Paris, le 23 octobre 2014 Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

Vous vous souvenez de la chanson de Pierre Perret disant "ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux, regardez-les s'envoler c'est beau, les enfants si vous voyez des petits oiseaux prisonniers, ouvrez-leur la porte vers la liberté" ? Jolie la chanson, et joli le phénomène qui a suivi, avec des dizaines d'enfants ouvrant donc la porte de la liberté" à leur piaf, leur colombe, leurs inséparables. 

La suite est moins glorieuse. Loin de s'envoler à tire-d'aile, ces malheureux vertébrés à plumes, complètement imprégnés et donc incapables de survivre seuls, ont été, qui dévorés, qui écrabouillés par des voitures, qui victimes d'arrêts cardiaques. Cela se prépare, le retour à la vie sauvage. Là, c'était juste le côté sauvage de la vie ! 

Autre exemple, naguère raconté par Thalassa : l'histoire de ce jeune orque qui, au lieu de suivre son clan, avait voulu vivre dans un petit port canadien. Il aimait les pêcheurs et les pêcheurs l'aimaient. Son petit plaisir ? Se faire nourrir et grattouiller le sommet de l'occiput. C'était un orque épaulard, mais c'était aussi un orque épaulé. Par tous. C'est alors que les associations de défense de la cause animale, entendant parler de cette affaire là, firent irruption. 

À lire aussi
Stéphane Rottenberg sur le tournage de l'émission "Pékin Express" pour son édition 2018 Télévision
"Pékin Express" : découvrez le parcours de la 12e édition du jeu d'aventure

Mieux connaître les animaux

Et au nom du respect des droits de l'animal, interdirent tout contact avec le cétacé, amendes à l'appui. Il était sauvage, et sauvage il devait rester. Même si c'est lui qui avait choisi de ne plus l'être tout-à-fait. Et voilà, d'un coup, notre orque nageant dans un océan de tristesse. Pourquoi le boudait-on ? L'histoire ayant été médiatisée, tout le monde s'en mêla et rappliqua : les gouvernement canadien et américain divisés sur le maintien (ou pas) de l'animal dans ce port d'attache ; les indiens sortis de leur réserve pour protéger la vieille âme du jeune chasseur et bien sûr la presse occupée à filmer notre animal, nageant enfin dans le bonheur ! Il était en effet au cœur de toutes les attentions et les intentions

Son bonheur s'acheva avec la signature d'un accord autorisant son "maintien" dans les eaux territoriales, mais sans contact d'aucune sorte. La fin est triste, avec justement une triste fin pour ce tendre prédateur qui, s'approchant trop près d'un bateau en marche, fut un jour déchiqueté par l'hélice. Comment ne pas penser dès lors, que le mieux est ennemi du bien, que les meilleures intentions du monde provoquent trop souvent des désastres. Ils devraient méditer cette histoire d'un orque et de son port (mais d'attache), tous ceux qui militent pour la fermeture des zoos, pour la suppression des animaux dans les cirques et ailleurs. 

Ce qui est impératif, c'est la connaissance des animaux, de leurs caractéristiques, de leurs besoins. Cela inclut la surveillance draconienne de tous les établissements animaliers de quelque nature qu'ils soient, avec obligation de fermer ceux chez qui sont constatés des signes de maltraitance, voire de simples négligences. Sans parler de l'obligation de mettre à l'amende ceux qui ignorent tout des besoins de leurs protégés, n'ayant de protégés que le nom ! 

Surveiller les cirques, c'est obligatoire

Isabelle Morini-Bosc
Partager la citation

Mais gardons nous de grandes déclarations foutraques, et de décisions allant souvent à l'encontre de l'intérêt de l'animal. Il faut la vie sauvage, dites-vous ? Mais elle est où, cette vie sauvage dans le monde (effectivement sauvage) de demain ? Déforestation, extension des cultures, surpopulation mondiale, pollution ? Ce n'est pas leur tombeau, la nature de demain ? Heureusement, qu'il y a des irréductibles luttant pour sauver leurs peaux, qu'elles soient couvertes de poils ou d'écailles. Et ces irréductibles-là sont bien contents de l'existence de zoos qui assurent la survie de bien des espèces et qui permettront peut-être de sauver différentes races menacées d'extinction dans leur habitat dit naturel. 

Quant aux animaux de cirque, s'est-on demandé ce qu'ils allaient devenir sans travailler, eux qui, sauvages ou domestiqués, n'aiment pas le changement. Qui va les recueillir ? Les entretenir ? Leur expliquer ? Les rassurer ? Surveiller les cirques, c'est obligatoire. Mais ruiner tout un secteur sans améliorer pour autant le sort des locataires des ménageries, c'est moche. Et cela va encore réduire l'intérêt des enfants pour un monde vrai, qu'ils ne verront bientôt que sur tablettes. Peut-être en 3D, mais sans relief !

Alors moi, contrairement à l'association Peta, je ne félicite pas Gulli d'avoir décidé de renoncer à montrer des spectacles de cirque avec des caniches, des lions ou des éléphants. Parce que cela n'est au bénéfice de personne, et surtout pas des animaux. J'aime et je soutiens cette chaîne, mais pas cette décision que je trouve somme toute... Très bête!

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Télévision Médias Isabelle Morini-Bosc
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7790673315
Isabelle Morini-Bosc : "Il faut une surveillance des établissements animaliers"
Isabelle Morini-Bosc : "Il faut une surveillance des établissements animaliers"
ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc commente la décision de Gulli de ne plus diffuser de spectacle avec des animaux, qu'elle trouve injustifiée.
https://www.rtl.fr/culture/medias-people/isabelle-morini-bosc-il-faut-une-surveillance-des-etablissements-animaliers-7790673315
2017-10-25 19:45:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/7RsVpHKr9C3qiFYN5PI0uQ/330v220-2/online/image/2017/1022/7790630490_un-spectacle-du-cirque-bouglione-au-cirque-d-hiver-a-paris-le-23-octobre-2014.jpg