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Franck Dubosc sur RTL : "Je n'ai plus envie de faire le rigolo"

À l'occasion de la diffusion lundi 8 novembre sur TF1 de "La dernière partie", téléfilm sur la fin de vie, l'acteur s'est confié sur RTL. Ses doutes, ses envies et son histoire avec son père dont ce téléfilm est en partie inspiré. Franck Dubosc ne veut plus faire rire à tout prix.

La dernière partie
La dernière partie
Crédit : TF1 / François LEFEBVRE
Franck Dubosc sur RTL : "Je n'ai plus envie de faire le rigolo"
04:38
Laurent Marsick - édité par Aymeric Parthonnaud

En 2006, il faisait rire la France entière dans la comédie Camping dont il co-signait le scénario aux côtés du réalisateur Fabien Onteniente. Il était Patrick Chirac, campeur célibataire ne jurant que par son chocolat en poudre avec l'incontournable réplique : "Et alors, on n’attend pas Patrick ?". 

Septembre 2021, La Rochelle. L'ambiance est bien différente. L'acteur est venu présenter un téléfilm singulier, touchant, émouvant adapté pour partie de sa propre histoire. Celle d'avec son père. Un téléfilm sur la fin de vie dans lequel il joue avec Guy Marchand (son père) et Macha Meyril (sa mère). 


Dans ce téléfilm, Franck Dubosc incarne un grand avocat Christophe Maquet qui s'apprête à recevoir la Légion d’Honneur. Mais il apprend que son père (Guy Marchand), malade, a décidé d’organiser "son départ" le jour même de sa cérémonie. Le père et le fils sont fâchés depuis de nombreuses années. Bouleversé par la nouvelle mais soupçonnant son père de lui voler sciemment son jour de gloire, Christophe (Franck Dubosc) décide de passer 3 jours avec lui pour tenter une ultime réconciliation.

La dernière partie. franck Dubosc et Macha Meyril
La dernière partie. franck Dubosc et Macha Meyril
Crédit : TF1 / François Lefebvre

"C'est tiré de mon histoire et de l'histoire de tant d'autres gens, explique l'acteur, on parle de la fin de vie dans cette histoire. Avec cette question : est-ce qu'on s'est toujours tout dit avant la fin ?, autant avec son père qu'avec ses enfants. Là où c'est mon histoire et l'histoire de plein de gens, c'est que pour ma génération, parce que la pudeur était là, avec le père (entre hommes) c'était toujours très difficile. C'est l'histoire de quelqu'un qui n'a pas dit je t'aime à son père et du père qui n'a pas dit je t'aime non plus. Et  il ne leur reste plus beaucoup de temps pour le faire. Et moi, je l'ai vécu : je n'ai jamais dit je t'aime à mon père. Dans le film, je lui dis, mais en vrai, je ne lui ai pas dit, je lui ai fait comprendre, mais dans la réalité, je ne lui ai pas dit". 

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Et l'acteur d'ajouter : "Quand j'ai perdu mon père, j'ai un ami qui m'a dit, "voilà, maintenant, tu es un homme" et c'est vrai. On doit "tuer le père". Bien sûr, c'est une image. Et pour le laisser partir, on se déculpabilise peut-être aussi en disant je t'aime. Choisir un moment pour dire je t'aime. Il n'y a rien de plus égoïste. On ne doit pas choisir. On doit dire 'je t'aime' pendant toute la vie à ses parents. J'aurais pu dire 'je t'aime' à mon père pendant toute ma vie, mais je ne l'ai pas fait. Décider de le dire parce que c'est la fin : cela revenait en quelque sorte à me déculpabiliser, donc, je ne l'ai pas fait."

Ne pas dire qu'on aime n'empêche pas d'aimer. "

"Je suis papa, mes enfants ont 12 ans et 8 ans, et j'ai de plus en plus cette image de mon père et de moi, petit, qui regarde mon père, poursuit-il. Quand je prends mon petit déjeuner avec un de mes enfants. Je suis dans leur tête et je me demande toujours s'ils me voient comme moi j'ai vu mon père. On voit tous les défauts de son père ! Et d'ailleurs, j'ai mon petit parfois qui me dit, "mais fait moins de bruit en mangeant". Moi-même, je l'ai sûrement dit à mon père et ça me fait du mal. Quand il me le dit, ça me fait du mal, et j'ai sans doute aussi fait du mal à mon père en disant la même chose. Tout ça pour dire qu'il faut faire attention à tout ce qu'on fait, tout ce qu'on dit et en même temps, c'est la vie." 

Je suis fatigué de faire rire à tout prix

Dans ce téléfilm, nous découvrons un Franck Dubosc plus sombre, donnant de la profondeur à son rôle. L'humour est présent, mais on ne rit pas des bons mots ou des situations auxquels l'acteur nous avait habitué dans ses précédents films au cinéma ou à la télévision dans des rôles quasi burlesques. "Dans ce téléfilm, explique Franck Dubosc, on rit parfois, mais ce n'est pas moi qui fais rire et on ne rit pas de moi. Là est toute la différence. J'aime la comédie, j'ai envie d'être drôle, mais pas de faire le drôle, je n'ai pas envie de faire le rigolo et puis je ne sais plus faire."

"J'ai trop donné dans ces rôles-là, j'ai tout donné. D'être drôle à mes dépens ou par l'histoire, ça oui, ça j'aime. J'aime entendre les gens rire mais j'aime beaucoup aussi les gens qui pleurent. En tant que spectateur, je préfère pleurer que rire.  Je n'ai pas pour autant envie d'aller vers un registre plus qu'un autre. Et pour tout vous dire, le registre de la comédie, en fait, c'est là qu'est mon contre emploi. Je ne suis pas un rigolo dans la vie. Du tout. Je me suis dirigé vers la comédie parce que, je voulais toucher un public large. Je voulais être aimé par le plus grand nombre. Et l'humour est le meilleur moyen de mesurer si on vous aime ou si on ne vous aime pas. Donc, je suis parti là-dedans. Ça a marché, j'aime ça, j'ai aimé faire rire. Maintenant, je ne vais pas dire que j'aime faire pleurer, mais 'je vais aimer raconter des histoires'. Je suis fatigué de faire rire à tout prix. Comprenez-moi bien, ce que j'aime, c'est faire rire et pleurer un petit peu de temps en temps : parce que la vie est comme ça, parce que moi, je suis comme ça."

"Camping 2"
"Camping 2"
Crédit : Agence ANGELI

Je n'ai pas besoin de gesticuler pour qu'on m'aime ou qu'on me déteste.

Et l'acteur le confirme : "Oui, Franck Dubosc commence à prendre confiance en lui. À tort, peut être, lance-t-il avec un grand sourire. C'est surtout que par petites étapes, j'apprends que c'est mieux d'être sincère. Je le savais, je comprends que finalement, je n'ai pas besoin de gesticuler pour qu'on m'aime ou pour qu'on me déteste. Encore une fois, j'ai choisi l'humour pour que le maximum de gens m'aiment. Le problème, c'est que plus il y a de gens qui vous aiment, plus il y a de gens qui vous détestent. Donc, à un moment, on a tendance à voir le verre vide. Et moi, je regarde monter le nombre de gens qui me détestent en oubliant ceux qui m'aiment. Je me rends compte qu'en étant le plus sincère possible, en étant le plus moi-même dans l'humour comme dans le drame, finalement, c'est moi qui décide pourquoi on m'aime ou pourquoi on me déteste". 

"Vous savez, conclut l'acteur, il y a rien de pire qu'être détesté à tort... être aimé à tort, ça ne dérange pas (lance Franck Dubosc dans un grand éclat de rire), mais être détesté à tort, ça, ça me dérange. Donc maintenant, en étant moi-même, et bien j'ai envie de dire : que ceux qui m'aiment me suivent ! C'est encore plus savoureux de récolter un public qui vous aime quand vous leur avez donné la vérité."

La dernière partie avec Franck Dubosc, Guy Marchand, Macha Meyril, Héléna Noguerra. Diffusion 8 novembre 2021 à 21h05 sur TF1. 

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