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Télévision : 60 ans après le carré blanc, où en est le sexe à la télé ?

Des prudes années 1960 à la télé consensuelle d'aujourd'hui, retour sur l'histoire du sexe à la télé, dans le "Parisien Week-end". Histoire marquée par un évènement, en 1985: l'apparition du porno sur Canal Plus.

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Télévision : 60 ans après le carré blanc, où en est le sexe à la télé ?
Crédit : iStock
Télévision : 60 ans après le carré blanc, où en est le sexe à la télé ?
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Isabelle Choquet

Ce vendredi, une chronique un peu coquine. Soixante ans après l'apparition du carré blanc à la télévision, où en est-on ? C'est le Parisien Week-end qui retrace l'histoire du sexe à la télé. Histoire marquée par un évènement : l'apparition du porno sur Canal Plus.

Nous sommes en février 1985. À Canal+, l'ambiance est morose. La chaine a été lancée depuis quatre mois et ça ne décolle pas, à peine 250.000 abonnés. L'argent commence déjà à manquer. C'est Alain De Greef qui lance alors l'idée : appâter le chaland en remplaçant les films érotiques assez gentillets par de vrais films classés X. 

Le patron André Rousselet admet qu'il n'en a jamais vus. Pierre Lescure jure que lui non plus, mais quelques années plus tard il avouera qu'il a menti. La fine équipe marche sur des œufs. Il y a donc un ballon d'essai. Pendant l'été, Canal diffuse Caligula, un péplum qui comprend sept minutes de "hard". Aucune réaction du côté des pouvoirs publics. 

Mitterrand valide

On décide donc de récidiver chaque mois, le samedi à minuit. Décision audacieuse, en terme d'image et aussi au niveau juridique, la chaine redoute les plaintes au pénal. Alors André Rousselet sonde son ami François Mitterrand. Et le président valide, "à condition que les films aient une dimension artistique", dit-il. 

Le projet vient alors aux oreilles de la brigade des mœurs. Coup de fil du 36 à Lescure : interdiction évidemment des scènes pédophiles ou zoophiles, et pour le reste attention à vous, on n'hésitera pas à poursuivre en justice. 

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Autant dire que le choix du film est crucial. Mais à l'époque, l'offre est assez restreinte. Les hommes de Canal se souviennent alors du succès du film Exhibitions, un documentaire sur l'actrice porno Claudine Beccarie. Sélectionné à Cannes en 1975, plus de 3 millions d'entrées au cinéma. Une sorte d'alibi culturel. Exhibitions est diffusé le 31 août 1985. En crypté bien sûr.

Le carré blanc

Certains gamins essaieront d'apercevoir le jeu des acteurs à travers une passoire ou un collant. Mais ça ne marche pas. Alors aucun remous, ça passe et le rendez-vous s'installe. Coup de maître.

Car on venait de loin, quand même. Dans les années 1960, la télé devait être familiale et consensuelle. Il en fallait peu pour choquer. Ainsi en 1961, on aperçoit quelques secondes les fesses d'une actrice dans un téléfilm et aussitôt l'ORTF reçoit des centaines de courriers. Le ministre de l'Information est sommé de réagir.

Ce sera la naissance du fameux carré blanc, en bas à droite de l'écran, pour signaler qu'il faut éloigner les enfants, ou fermer le meuble de la télé (elle était souvent  sous clef à l'époque). Ce carré blanc on va le retrouver sur des programmes bien innocents. Un concert de Juliette Gréco, à cause de la chanson "Déshabillez-moi .le film French Cancan, qui ose montrer les porte jarretelles des danseuses. Et même Hôtel du nord.

Cocoricoboy avant le 20h de TF1

La limite du carré blanc, c'est qu'il devient presque attractif. Il disparaît donc progressivement. D'autant qu'avec les années 1970, l'étau de la censure se desserre sur le cinéma. Un peu trop d'ailleurs, une loi vient taxer les films X. Lors des débats très animés, un député aura ce délicieux lapsus : "Monsieur le Ministre, durcissez votre sexe! Euh pardon, votre texte." Les années 80 seront coquines.

Chaque soir avant le 20h de TF1, on peut voir les playmates de Cocoricoboy. M6 attire 800.000 personnes tous les dimanches soirs avec son film érotique. Antenne 2 lance l'émission Sexy Folies. Cela ne vous a pas échappé, tout ceci a disparu des grandes chaines. Parce qu'il y a la concurrence d'internet et parce que ce serait très mal accueilli dans un monde post #metoo. Mais bon, on reste quand même loin de cette époque où une speakrine se faisait virer pour une jupe trop courte.

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