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Elizabeth II : pourquoi la reine n'abdique-t-elle pas en faveur du prince Charles ?

ÉCLAIRAGE - Le Prince Charles, héritier du trône, prend progressivement le relais de Elizabeth II. À 95 ans, la souveraine britannique se retire peu à peu pour ménager sa santé. Mais pourquoi n'abdique-t-elle simplement pas en faveur de son fils ? Pas si simple.

Elizabeth II et le prince Charles, marchant derrière la couronne au Parlement, à Londres le 11 mai 2021
Elizabeth II et le prince Charles, marchant derrière la couronne au Parlement, à Londres le 11 mai 2021
Crédit : RICHARD POHLE / POOL / AFP
Thomas Pierre & Aymeric Parthonnaud

C'est un doux chuchotement qui se murmure de plus en plus souvent dans les conversations des Britanniques, à mesure que leur reine annule les uns après les autres ses apparitions officielles. À 95 ans, une retraite bien méritée ne choquerait personne. Et une passation de pouvoir entre Elizabeth II et son dauphin (de 72 ans) fait son petit bonhomme de chemin dans l'esprit de ses sujets. Surtout, que depuis la mort de son époux le prince Philippe, le 9 avril dernier, le fardeau de la Couronne paraît désormais bien lourd à porter seule. 

Mais la reine peut-elle seulement passer la main de son vivant ? Et surtout y consentirait-elle ? La réponse n'est pas si simple tant le poids de la tradition est prégnant dans la monarchie anglaise. Plusieurs éléments peuvent toutefois permettre de "deviner" ce qui se trame dans la tête de celle qui règne depuis près de 70 ans. 

Deviner seulement, car on ne connaîtra jamais le fonds de sa pensée. "Il y a un nombre limité de personnes à qui elle peut vraiment ouvrir son cœur, à qui elle peut vraiment parler en toute franchise", rappelle d'ailleurs l'ex-Premier ministre John Major au Guardian.

Un "contrat passé avec Dieu"

"L'une des principales raisons pour lesquelles la reine n'abdiquera absolument pas est (...) : elle est une reine ointe", explique l'historien Hugo Vickers au Guardian, c'est-à-dire qu'elle a reçu de Dieu son autorité. "Et si vous êtes une reine ointe, vous n'abdiquez pas". En clair, le jour de son couronnement, le 2 juin 1953, en l'abbaye Westminster, la jeune reine, qui devient en même temps cheffe de l'Eglise Anglicane, a passé un pacte avec Dieu. 

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"C'est dans son ADN", renchérit le spécialiste de la royauté Joe Little, "cela remonte (...) au serment qu'elle a prêté au moment du sacre. C'est une chrétienne convaincue. C'est le contrat qu'elle a passé avec Dieu". Peu de chance alors qu'Elizabeth II abdique en faveur de son fils, même si à 95 ans, elle se déchargerait volontiers d'une partie de ses fonctions officielles. 

Charles “prince régent" ?

C'est dans cette perspective qu'une alternative à l'abdication, à proprement parlé, d'Elizabeth II a vu le jour, en 2018 dans les colonnes du tabloïd The Daily Mail. Selon ce qu'il faut bien qualifier de bruissements de palais, la souveraine, une fois âgée de 95 ans (elle les a eu le 21 avril dernier) envisagerait de nommer Charles "Prince régent" en charge du Royaume, et de lui transférer tous ses pouvoirs exécutifs jusqu'à sa mort. 

Charles serait alors pleinement roi, si ce n'est de nom. Une solution qui éviterait à Elizabeth II le cas de conscience de devoir rompre son "pacte avec Dieu". Sauf que dans les faits, selon les termes du Regency Act de 1937, la reine n'est même pas légalement habilitée à nommer un régent. Un cas de figure qui ne se produit que dans des circonstances très particulières, la "totale incapacité" d'exercer le pouvoir notamment. 

Qui plus est, l'héritier du trône prend depuis plusieurs années déjà le relais de Sa Majesté. Nul besoin de régence donc. Charles assume déjà une part croissante de fonctions officielles. L'héritier du trône est désormais de la plupart des déplacements et des évènements officiels, comme le 11 mai dernier, lors de l'ouverture du Parlement (cf photo), l'un des rendez-vous annuels les plus importants de la monarchie parlementaire britannique. 

L'abdication d'Edouard VIII, un traumatisme

Une position certes seulement représentative, et visant en parallèle à assurer la continuité de la Monarchie, mais dont il devra se contenter tant sa mère ne semble pas prête à laisser son influence s'affaiblir, que ce soit à travers une régence, ou pis encore, en lâchant la Couronne. Et pour cause, si elle est devenue reine, c'est justement à cause d'une abdication.

Elizabeth II n'a en effet jamais laissé entendre à ses successeurs que l'abdication était un recours. Bien au contraire. Son expérience parle pour elle. En 1936, après le décès de son père George V, l'héritier légitime, son oncle Edouard VIII, abdique par amour d'une femme divorcée (Wallis Simpson). Après moins d'un an de règne, c'est son frère George VI, le père d'Elizabeth, qui hérite de la couronne. Un choc pour le pays à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. 

Et alors que le monde traverse une pandémie de Covid-19 et que, Brexit oblige, le spectre d'un délitement du Royaume se fait ressentir (notamment en Ecosse), la souveraine ne devrait pas, à juste titre, participer à l'instabilité ambiante. Encore moins faire courir faire le moindre risque à une Couronne qu'elle compte bien porter jusqu'au bout. 

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