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Donald Trump, hanté par son père

PODCAST - Donald Trump n'a jamais voulu être Président, entrepreneur, milliardaire ou vedette de la télé réalité. Depuis sa plus tendre enfance, il ne rêvait qu'à une seule chose : être roi.

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Donald Trump, hanté par son père Crédit Image : MANDEL NGAN / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Jean-Alphonse Richard
Jean-Alphonse Richard et Marie Bossard

Donald Trump, comme les garçons de la famille, est destiné à grandir sous l'unique autorité de son père. Fred Trump est son modèle. Sa mère, Mary Anne McLeod, une Ecossaise, pieuse paroissienne de l'église presbytérienne, ne va dès lors n'apparaître qu'en filigrane de la trajectoire Trump. Il répètera que c'était une mère fantastique mais ne s'attardera pas plus loin dans ses confidences. Dans les années 80, cette mère, lassée par les frasques de son Donald s'exclamera alors : "Quel fils ai-je donc fait ?". Quand Donald Trump s'installera dans le bureau ovale de la Maison Blanche, il n'accrochera qu'une seule photo, celle de son père. Ses conseillers en communication ajouteront un peu plus tard, le portrait de sa mère.

Donald Trump va jouer des coudes pour prouver à son père qu'il est le meilleur de ses fils, celui qui connait le mieux la couleur de l'argent. A la Kew Forest School  Donald est un élève indiscipliné et bagarreur. Il se vantera un jour d'avoir cassé la figure d'un professeur de musique qu'il trouvait médiocre et de lui avoir fait un œil au beurre noir. Un voisin dira avoir vu le jeune Tump jeter des pierres sur son fils alors que celui-ci n'était encore qu'un bébé. "J'aimais bien créer le chaos dans la cour d'école, tester les limites des gens. Au fond je n'ai pas changé", dira Trump. Quand son père découvre que son fils préféré dissimule une collection de couteaux à cran d'arrêt, il l'envoie illico à la New York Military Academy, un internat interdit alors aux Noirs et aux femmes. Histoire de le remettre sur le droit chemin. Donald en sortira quatre fois médaillé pour bonne conduite et respect de l'ordre. Pour le reste, les notes resteront médiocre. Au point d'être soupçonné d'avoir payé un de ses camarades pour passer à sa place l'examen de fin d'année.

Diplôme ou pas diplôme, à la Military School, Donald Trump a été classé "plus grand séducteur" de l'année 1964 par ses camarades. Premier titre de gloire pour ce jeune homme qui se décrit comme irrésistible, mince, grand et beau parleur, lors des fêtes de l'école, seul moment où les filles sont admises. Puis à la Wharton School, l'une des meilleures écoles de business du pays qu'il a fini par intégrer, ses petites amies se ressemblent toutes : très blondes, très jolies, très sophistiquées et issues de la très bonne société. Question d'affichage reconnait-il. Des "Trophy women", des femmes trophées comme il dira souvent. Quand il rachètera le Concours Miss Univers, il sera heureux de régner sur ces candidates. La Miss Utah, Temple Taggart, et d'autres, se souviendront longtemps de leur première rencontre avec Trump - alors un homme  marié. Il les embrassera sur la bouche en guise de présentation.

"Je joue sur les fantasmes des gens"


Donald Trump bâtit son empire. Il redonne vie à des projets dont personne ne voulait. 400 millions de dollars injectés dans un centre de congrès, le Miracle Center, le centre du Miracle comme il l'appelle. D'autres centaines de millions pour la  construction à la chaîne d'appartement, le Village Trump comme il dit. Donald rachète un hôtel vieillissant et décati, le Commodore, pour le transformer en palace et le partager, avec un gros bénéfice à la clé, au groupe Hyatt. Trump est un négociateur hors pair et son seul nom inspire confiance. De quoi rassurer les banques. Lui qui rêve d'une pyramide fait ériger sur la cinquième avenue, la triomphante Trump Tower, un building doré de 58 étages. Lors de l'inauguration, devant un architecte interloqué, Donald certifiera que la tour en compte 68. Le 58eme étage portera pour toujours le numéro 68.

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En ce printemps 1990, Donald Trump, 44 ans, fend la foule et une armada de photographes en tenant le bras de Michael Jackson. Le roi de l'immobilier et le roi de la pop traversent le hall monumental du Trump Taj Mahal à Atlantic City. Le plus grand casino jamais construit, plus d'un milliard de dollars d'investissement, la "huitième merveille du monde" comme dit Trump, jamais à un superlatif près. Dans son best seller, Art of The Deal,  Le Plaisir des Affaires pour la première édition française, il le reconnait : "Je joue sur les fantasmes des gens". Mais est-ce un mauvais présage ? Aussitôt ouvert, le mastodonte Trump Taj Mahal voit une bonne partie de ses 3008 machines à sous paralysées. Le personnel ne sait même pas comment payer des clients déboussolés. Six mois plus tard, l'établissement est en défaut de paiement. Juillet 1991, il fait faillite. Le golden boy new yorkais a vu trop gros. Premier revers pour l'homme qui n'aime pas perdre. Atlantic City va rester pour toujours sa plus profonde blessure d'amour-propre.

Les années 90 devaient être celles de l'apogée. Vont-elles être celles de tous les dangers pour Trump ? Le fait est que l'argent ne coule plus à flots, les banques se font tirer l'oreille. Son père, rattrapé par la maladie d'Alzheimer, n'est plus derrière lui pour le soutenir. Même s'il a toujours minimisé son rôle, soucieux d'apparaître comme un self made man. "Rien n'a été facile pour moi", répète t-il. Cette fois, Trump est contraint de brader les joyaux de sa couronne. Le Plaza Hôtel, acheté 400 millions de dollars est vendu cent de moins. Son yacht, le Trump Princess, acheté 29 millions de dollars est revendu un million. La commande d'un bateau encore plus grand, le Trump Princess II, est stoppée net. Même sa vie familiale vole en éclats. Après quatorze ans de mariage, Ivana, épouse trompée, demande le divorce. 25 millions de dollars, le prix de la paix. Donald Junior ne parlera plus à son père quand Maria Maples, maîtresse ouvertement affichée depuis des mois, fera son entrée dans la maison Trump. Donald, phallocrate assumé, présentera sa nouvelle conquête, ancienne Miss Géorgie, blonde starlette de la télé, douze ans de moins, comme sa "showgirl', celle qui allait permettre que le spectacle continue.

L'invité "Confidentiel"

Philippe Corbé, journaliste correspondant RTL aux Etats-Unis.

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