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"Ce peuple français que j'ai tant aimé" : ce que révèle le testament de Napoléon, présenté gratuitement à Paris

Le testament rédigé par Napoléon quelques jours avant sa mort est exceptionnellement présenté dans une exposition gratuite au musée des Archives nationales, à Paris jusqu'au 29 juin. Une rencontre rare avec l'empereur en exil et avec l'Histoire de France.

Testament de Napoléon Ier, page 5, avril 1821

Crédit : Archives nationales

Le testament de Napoléon exposé aux archives nationales

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Stéphane Boudsocq & Jérémy Billault

"Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé". Avril 1821, quelques semaines avant sa mort, depuis son exil de Sainte-Hélène, Napoléon sent la maladie et la lassitude le gagner. Il entreprend alors la rédaction de son testament, un nouveau testament. Enfermé avec le général Montholon, l'un de ses compagnons sur cette île isolée de l'Atlantique, Napoléon dicte ses dernières volontés avant de les recopier de sa main, comme il est recommandé pour un testament. 

Ce testament de 58 pages est exposé gratuitement au musée des Archives nationales, à Paris, jusqu'au 29 juin prochain. Au fil de ce document historique exceptionnel, l'empereur déchu se confesse, revient sur son règne, sa postérité, ses ennemis, Dieu, mais aussi son héritage financier et sa lignée. 

Il déclare "mourir dans la religion apostolique et romaine", assure qu'il "conserve jusqu’au dernier moment les plus tendres sentiments" pour son épouse Marie-Louise et "recommande à mon fils de ne jamais oublier qu’il est né prince français" qu'il invite à adopter sa devise : "Tout pour le peuple français."

"Je meurs prématurément, assassiné par l’oligarchie anglaise et son sicaire (le gouverneur de l'île de Sainte-Hélène)"

Napoléon Ier dans son testament

"À 20 ans, il était témoin de la Révolution, explique à RTL le commissaire de l'exposition, Benoît Morand.  À 30 ans, il est tout juste maître de la France. À 40 ans, il était maître de l'Europe. Et par quel mystère, à 50 ans, il se retrouve tout juste maître de lui-même : en fin de compte, tout ce qu'il lui reste à faire, c'est coucher ses dernières volontés sur le papier".

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Le manuscrit de Napoléon a rejoint les collections des Archives nationales en 1860, 40 ans après sa rédaction et 20 ans après le retour des cendres (terme qui désignait simplement sa dépouille à l'époque) en grandes pompes à Paris, comme Napoléon Iᵉʳ l'avait souhaité. "Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé." 

  • Testament de Napoléon Ier, page 5, avril 1821

    Crédits : Archives nationales

  • "Plan et vue de l'Isle de St Hélène aux Anglais", papier aquarellé,

    Crédits : Archives nationales

  • "Mort de Napoléon le Grand", gravure en couleur par Georgin, 1833

    Crédits : Archives nationales

Jusqu'au 29 juin, le public est invité à rencontrer l'Empereur devenu prisonnier, incarné par sa plume fébrile et néanmoins opiniâtre, celle d'un homme malade portant un ultime regard sur sa vie et sur l'Histoire. "Quand vous êtes à son contact de manière, je dirais, physique, charnelle, il y a comme ça un dialogue entre vous et ce passé, confie Benoît Morand. C'est assez étonnant, c'est assez émouvant".

"Le testament de Napoléon Iᵉʳ", au musée des Archives nationales, à Paris, jusqu'au 29 juin 2026. Entrée gratuite.

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