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"La France libre" ou "le France libre" : comment doit-on appeler le futur porte-avions, annoncé par Emmanuel Macron ?

Le porte-avions français, qui succèdera en 2038 au Charles de Gaulle s'appellera "France Libre", en hommage à "l'esprit français" de "résistance" incarné par le général, a déclaré Emmanuel Macron, le 18 mars.

Emmanuel Macron à Indre, près de Nantes le 18 mars 2026

Crédit : Gonzalo Fuentes / POOL / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

Le futur porte-avions "France libre", dont le nom a été dévoilé mercredi 18 mars par Emmanuel Macron, devrait plutôt être appelé "la France libre" que "le France libre", selon les règles relatives aux noms des navires en vigueur. En lançant à la fin de son discours "Vive la République ! Vive la France ! Vive le France libre !", le président de la République a utilisé le masculin, alors que les règles en usage recommandent plutôt le féminin 

En effet, la langue française prévoit de différencier le genre des navires selon leur nom, à la différence de la langue anglaise dans laquelle ils sont traditionnellement tous de genre féminin. 

Dans son Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, cette institution de référence écrit que "l'article qui précède le nom propre français prend le genre de celui-ci", rappelant que la question a été tranchée par des circulaires ministérielles en 1934 et 1955, "approuvées par l'Académie française et l'Académie de marine". 

"La Somme", "la Jeanne d'Arc", "le Vauban"

Ainsi, pour les bâtiments militaires, un marin du ravitailleur de force Somme embarquait sur "la Somme", de même que ceux qui servaient sur "la Jeanne d'Arc", un croiseur porte-hélicoptères. L'Imprimerie nationale admet toutefois des exceptions, consacrées par l'usage, comme ce fut le cas avec le célèbre paquebot France, que tout le monde appelle "le France".

L'animateur du site internet d'histoire maritime "Trois ponts", Nicolas Mioque, a consacré en 2015 un article à la question, reproduisant les termes de la circulaire du 13 août 1934 du ministre de la Marine de l'époque, François Pietri. "L'article devra toujours être employé lorsqu'on citera le nom d'un navire de guerre sans le faire précéder de celui de sa catégorie, exemple : la Provence, la Jeanne-d'Arc, le Vauban, la Psyché. Exception de cette règle ne sera tolérée que dans le style télégraphique", est-il écrit. 

Et "lorsqu'on fera précéder le nom du navire de celui de sa catégorie, l'article devra toujours figurer devant le nom s'il fait partie intégrante du nom officiel ; il n'y figurera pas dans le cas contraire ; exemple : le contre-torpilleur Le Fantasque, le torpilleur La Palme, le sous-marin La Sultane, le cuirassé Provence, le croiseur Foch, le torpilleur Tramontane". À l'époque, rappelle Nicolas Mioque, "l'Académie française (...) félicita le ministre pour cette décision jugée '[respectueuse de] la tradition qui concorde, du reste, avec la grammaire et l'euphonie'". 

Sollicitée par l'AFP, l'Académie n'était pas immédiatement disponible pour commenter cette position. 

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