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Cirque : comment Philip Astley a inventé sans le savoir, le premier spectacle

Philip Astley, fils d’un ébéniste, est pris d’une folle passion équestre. Doué pour batailler à cheval, Astley l’est également pour le dressage.

Un éléphant du cirque Bouglione le 23 octobre 2014 à Paris (illustration).
Un éléphant du cirque Bouglione le 23 octobre 2014 à Paris (illustration).
Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Florian Gazan

Tous les week-ends, Florian Gazan rend hommage aux pionniers, ceux qui furent à jamais les premiers. Ce matin direction la piste aux étoiles !
On va surtout partir à Newcastle en Angleterre en l’an de grâce 1742 où naît Philip Astley. Fils d’un ébéniste, on ne sait pas si c’est parce que son papa lui a fabriqué un cheval de bois mais en tout cas très jeune, il est pris d’une folle passion équestre. À 16 ans, il entre dans un régiment de cavalerie de l’armée anglaise dont il va devenir un des héros, s’illustrant notamment contre les Français du roi Louis XV lors de la Guerre de Sept Ans. 

Doué pour batailler à cheval, Astley l’est également pour le dressage, ce qu’il fait en apprenant par exemple aux montures de son régiment à ne pas ruer ou paniquer quand ils entendent un tir de canon. À 24 ans, devenu sergent-major, il quitte l’armée, conservant en cadeau deux chevaux des écuries royales, dont son préféré baptisé Gibraltar. Avec lui, il va entamer la deuxième partie de sa brillante carrière dont les conséquences perdurent encore aujourd’hui.

En 1769, il ouvre une école d’équitation

En 1769, il ouvre une école d’équitation, non loin du pont de Westminster à Londres où il s’initie à la voltige à cheval et perfectionne ses techniques de dressage, apprenant à son Gibraltar à faire semblant de mourir en entendant un coup de feu ou à faire des additions ! Il décide alors de faire des exhibitions dans un manège cerné de gradins. En tenue de soldat avec tricorne et spencer, il multiplie les prouesses au son d’un orchestre militaire. Le succès est vite au rendez-vous, petits et grands affluent. Sans le savoir, Philip Astley vient de jeter les bases du cirque moderne qu’il ne cesse d’enrichir. 

Entre deux numéros équestres, pour avoir le temps de reposer les chevaux et de se changer, il envoie en piste des comiques qui se tournent en ridicule, comme Billy Sanders et ses chiens ou Fortinelli, un gugusse en tenue de Polichinelle qui exécute des numéros burlesques sur un canasson. Astley invente ainsi les clowns de cirque. Il ajoute ensuite au fil des mois des jongleurs, des acrobates, fixant une des règles de base d’un spectacle de cirque : la variété des numéros ! Son triomphe est tel que sa troupe et lui commencent à se produire dans des amphithéâtres en bois dans toute l’Angleterre. Mieux, ils s’exportent en France où le roi Louis XV le convie à Versailles. 

La Révolution Française l'oblige à repartir

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En 1782, Philip Astley s’installe à Paris à l’entrée du Faubourg du Temple où il fait bâtir une salle ronde avec des rangées de loges éclairées par 2.000 bougies, là il émerveille toute la Capitale avec son cheval qui danse le menuet ou ses équilibristes sur un fil. La Révolution Française arrive, l’obligeant à repartir en Angleterre. Mais il y revient à la Restauration, prêt à reprendre du service, à l’âge de 72 ans. 

Malheureusement, quelques mois plus tard, il décède le 20 octobre 1814. Il est enterré au cimetière Mont-Louis devenu depuis le Père Lachaise où sa tombe n’est aujourd’hui plus visible. Et pourtant les Zavatta, les Gruss et autres Bouglione aimeraient sans doute aller rendre hommage à Philip Astley, celui qui fut à jamais le premier à monter un spectacle de cirque ! 

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