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Pourquoi "The Queen's Gambit" ("Le jeu de la dame") de Netflix va vous hypnotiser

NOUS L'AVONS VU - Cette mini-série qui évoque le destin d'une géniale joueuse d'échec dans l'Amérique de la guerre froide est une des séries les plus vues du moment.

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Est-ce que vous avez envie de regarder pendant sept heures, une jeune femme en train de jouer aux échecs ? Pas vraiment... Et pourtant vous ne pourrez pas décrocher votre regard de votre télévision/téléphone/tablette. Voilà l'incroyable tour de force que vient de réussir la série The Queen's Gambit (Le jeu de la dame), la nouvelle mini-série de Netflix qui vient de se classer numéro 1 en ce début du mois de novembre sur la plateforme. 

La série est entièrement centrée sur l'histoire d'une jeune prodige des échecs. Incarnée, jeune adulte, par Anya Taylor-Joy (qui enchaîne succès sur succès avec les films Emma, The Witch, Split ou la série Peaky Blinders), cette mini-série de 7 épisodes seulement raconte la vie de Beth Harmon, une orpheline précoce que se découvre un talent stupéfiant pour les échecs. Il s'agit-là d'une œuvre de fiction totale et non pas d'un biopic, vous ne trouverez pas de véritable Beth Harmon dans les annales américaines d'échecs. The Queen's Gambit est, en revanche, l'adaptation d'un livre de Walter Tevis publié dans les années 80. 

Vous l'aurez compris, The Queen's Gambit est une série sur les échecs, il n'y a pas un seul épisode sans que l'on parle de telle stratégie, telle ouverture, telle défense ou telle compétition. Mais The Queen's Gambit est loin de n'être une série que sur les échecs. Il s'agit, avant tout, de l'histoire d'une jeune femme. La force primordiale du scénario est dans la "success story" formidable et dramatique de l'héroïne. Très jeune, cette petite fille rousse un peu étrange traîne un fardeau familial et psychologique particulièrement lourd. Qui est son père ? Qui est sa mère ? Comment est-elle devenue orpheline ? Voilà autant de questions qui trouvent peu à peu leurs réponses dans les nombreux flash-back distillés ici et là au fil de cette unique saison. 

Bénédiction et malédiction

Vient ensuite le plat de résistance : la quête de gloire. Très rapidement on introduit deux aspects dans la vie de la jeune Beth. Une bénédiction tout d'abord : un talent inné pour les échecs. Elle apprend le jeu au hasard d'une discussion avec l'un des employés de son orphelinat. Tel un ordinateur particulièrement performant, elle analyse avec une grande rapidité les différentes combinaisons possibles et imaginables et parvient toujours à avoir quelques coups d'avance sur ses adversaires. L'autre aspect est une malédiction : une attirance malsaine pour les psychotropes, l'alcool et toutes les substances possibles et imaginables provoquant des addictions

Beth et sa mère adoptive pendant une "séance shopping"
Beth et sa mère adoptive pendant une "séance shopping"
Crédit : Netflix
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La série ne cesse ainsi de mettre des obstacles sur la route de la jeune Beth et nous, téléspectateurs, ne pouvons faire autrement que de suivre son parcours et de savoir comment elle va s'en sortir. Va-t-elle être adoptée ? Va-t-elle avoir des amis ? Va-t-elle triompher lorsqu'elle sera confrontée à des joueurs aussi talentueux qu'elle ? Va-t-elle tomber amoureuse de tel, tel ou tel joueur ? 

Le personnage de Beth nous est toujours particulièrement sympathique, sans jamais être gnangnan. Jamais les scénaristes ne tombent dans le pathos ou la guimauve. Ils ont construit une fille et une femme forte, sûre d'elle, consciente de ses faiblesses mais aussi de ses forces. Cela fait de Beth une incroyable figure féministe. Le duo d'ailleurs qu'Anya Taylor-Joy forme avec Marielle Heller (qui joue Alma Wheatley, la nouvelle mère de Beth) est particulièrement savoureux. Chacune aide l'autre à combler le vide béant qui existe dans leurs cœurs. Les interactions sont fines, la psychologie des personnages ciselée. 

Un plaisir pour les yeux

Une figure féministe d'autant plus puissante que l'histoire se déroule dans les années 50, 60 et 70 aux Etats-Unis. The Queen's Gambit est un régal pour ce qui est de la restitution de l'ambiance de l'époque avec un travail incroyable sur les décors, les costumes, les attitudes et les coiffures de ces décennies. Si Mad Men vous manquait, vous serez servis. Mention spéciale pour la maison de la famille Wheatley et ses papiers peints extravagants et les tenues impeccables de l'héroïne. 

Vous aurez aussi un soupçon de géopolitique avec la guerre Est-Ouest qui sévissait à l'époque. Si les Américains dominaient le jeu spatial, les échecs, eux, étaient une chasse gardée soviétique. Grâce au personnage de la meilleure amie de Beth, Jolene, The Queen's Gambit offre aussi une belle réflexion sur le destin des orphelins et des femmes noires aux Etats-Unis. 

Avec ses tenues parfaites, Beth enchantera les fans de mode
Avec ses tenues parfaites, Beth enchantera les fans de mode
Crédit : Netflix

Les amateurs de séries et de films auront le plaisir de reconnaître Thomas Brodie-Sangster (Jojen Reed dans Game of Thrones) ou encore Harry Melling (Dudley Dursley dans la saga Harry Potter, désormais méconnaissable). Le cast fait un travail admirable et c'est avec une certaine joie que l'on découvre ou redécouvre des acteurs souvent habitués aux seconds rôles un peu monochromes. Bref, lancez le premier épisode, vous ne pourrez plus vous arrêter. 

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