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Jacques Audiard, Justine Triet, Michel Hazanavicius... 170 cinéastes alertent sur les "400 films qui n'existeront pas" avec le budget 2027

De nombreux cinéastes ont publié une tribune dans "Le Monde" pour dénoncer deux aspects du budget 2027 étudié à l'Assemblée nationale : le doublement de la TVA de Canal+ et de la baisse de la dotation à France Télévisions.

Un collectif de plus de 170 cinéastes s'inquiète des conséquences du budget 2027 pour le financement du cinéma français

Crédit : AFP

Marine Langlois

Jacques Audiard, Julia Ducournau, Claire Denis,  Michel Hazanavicius, Justine Triet... Ils sont plus de 170 cinéastes à tirer la sonnette d'alarme sur l'avenir du cinéma français dans une tribune publiée ce mercredi 14 octobre dans Le Monde. Alors que le projet de loi de finances pour 2027 est actuellement débattu à l'Assemblée nationale, ces réalisatrices et réalisateurs craignent le doublement de la TVA de Canal+ et de la baisse de la dotation à France Télévisions. 

"Le financement du cinéma français repose sur deux piliers, l’un public et l’autre privé. Le nouveau projet de loi de finances propose des dispositions qui les affecteront tous les deux", écrivent ces signataires. 

Le doublement de la TVA de Canal+ décriée

D'un côté, "France Télévisions verrait à nouveau son budget grevé de 47 millions d’euros en 2027, tandis que le rapporteur du budget a fait part de son intention de déposer un amendement pour que l’État ponctionne directement les ressources du CNC". 

Puis de l'autre, "Canal+ ferait l’objet d’un doublement de son taux de TVA" ce qui entraînerait 200 millions d'euros de manque à gagner annuel par le patron de Canal+ Maxime Saada,  "enterrerait de fait l'accord interprofessionnel signé le 28 juillet" qui prévoit un investissement de Canal+ de près d'un milliard d'euros sur cinq ans. Or cet accord représente autour de 100 films co-produits par Canal tous les ans, estiment les organisations professionnelles. 

"Très concrètement, sur une durée de cinq ans, ce sont 400 films qui n’existeront pas (soit 80 par an, NDLR). En matière de volume, d’emplois, de diversité de la création, c’est une déflagration dont aucune économie ne peut se relever", peut-on lire dans la tribune. "Il n’est pas question pour nous d’échapper à l’effort collectif, mais devons-nous pour autant abattre, dans l’urgence, un modèle qui fonctionne et qui fait de la France une exception culturelle et économique ?"

Une "loi cinéma" demandée

Les cinéastes tiennent à rappeler l'importance de l'industrie cinématographique française qui représente 260.000 emplois, fait vivre des territoires grâce aux tournages et aux nombreuses salles de cinéma. "Affaiblir notre cinéma, c’est appauvrir notre identité française et européenne. Renoncer à une politique culturelle ambitieuse, c’est risquer de perdre progressivement ce qui nous définit", martèlent les signataires qui regrettent les "multiples menaces" auxquelles font face la culture et le cinéma. 

La tribune demande une "loi cinéma" qui viserait à "pérenniser la chronologie des médias, encadrer l'intelligence artificielle, repenser le financement de l'audiovisuel public ou protéger les moyens et missions du CNC". 

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