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Le PDG du groupe Canal+, Maxime Saada, assiste à une audition de la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement du service public, le 1er avril 2024.
Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP
Est-ce la pétition de trop ? Le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a annoncé, ce dimanche 17 mai, qu'il ne souhaitait plus que son groupe, premier financeur du cinéma français, continue de travailler avec les professionnels du secteur qui ont signé une pétition contre son actionnaire de référence Vincent Bolloré.
"J'ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s'attachent à défendre l'indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix. Et en conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition", a lancé Maxime Saada lors d'une prise de parole en marge du festival de Cannes.
Publiée lundi 11 mai à l'orée du 79e festival de Cannes, la pétition signée notamment par Juliette Binoche et Swann Arlaud dénonce "l'emprise grandissante de l'extrême droite" dans le cinéma par l'intermédiaire du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, qui fait déjà l'objet d'une fronde dans l'édition menée par quelque 200 auteurs publiés chez Grasset.
"En laissant le cinéma français aux mains d'un patron d'extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif", écrivaient les signataires qui comptent des producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens et comédiens.
Dans son allocution, que l'AFP s'est procurée, Maxime Saada assure que cette tribune revient à qualifier les équipes de Canal+ de "crypto-fascistes".
"Eh bien moi je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là", a-t-il déclaré lors du "brunch des producteurs" organisé par Canal+ à Cannes.
La tribune s'alarmait notamment de la volonté du groupe Canal+ de s'emparer de la totalité du capital d'UGC, le réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34% en septembre.
Cette tribune a jusque-là rencontré un écho limité auprès des professionnels interrogés cette semaine par l'AFP, beaucoup d'entre eux peinant à déceler un changement de ligne idéologique au sein de Canal+ tout en s'inquiétant d'une baisse globale des financements.
Aux termes d'un accord scellé en janvier 2025, le groupe Canal+ s'est engagé à allouer jusqu'à 170 millions d'euros par an au cinéma français d'ici à 2027, contre 220 millions auparavant.
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