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Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+, invité de Marc-Olivier Fogiel lundi 5 octobre.
Crédit : RTL
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Hausse des prix des abonnements, licenciements, et même fermeture de la branche française de Canal+... Ce lundi 5 octobre face à Marc-Olivier Fogiel, Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal, ne ferme la porte à aucune éventualité si la TVA des services de télévision payante venait à être doublée.
Un taux réduit de TVA de 10% s'applique actuellement aux télévisions payantes classiques, qui diffusent leurs programmes en temps réel, à l'instar de la chaîne cryptée. Le taux de 20% est, lui, appliqué aux plateformes de programmes à la demande. Mais dans l'optique de générer davantage de revenus, le gouvernement Lecornu planche sur un budget 2027 qui ferait passer cette TVA à 20% pour les chaînes payantes comme Canal+.
"Canal+ s'adaptera, mais Canal+ en France ne pourra pas absorber un choc de 200 millions d’euros", redoute ainsi Maxime Saada sur RTL.
Selon lui, des hausses des prix des abonnements à hauteur d'environ 10% pourraient se répercuter sur les abonnés, "pas avant 2028 ou 2029" à cause des abonnements contractés par les téléspectateurs dont les tarifs ne peuvent pas être modifiés en cours d'engagement.
Pire, des licenciements pourraient avoir lieu au sein de l'entreprise afin de compenser les pertes liées à cette hausse de la TVA. Si Maxime Saada n'exclut pas un plan social, il sème même le doute sur "la pérennité de Canal+ en France".
Tout en affirmant qu'il ne "souhaite pas" voir la chaîne déserter l'Hexagone, Maxime Saada estime tout de même que "les activités de l'international de Canal+ pourraient fonctionner sans la France".
Le patron du groupe Canal avertit d'ailleurs sur une décision "anti-économique" qui, plutôt que de générer des revenus à l'Etat, pourrait en réalité lui coûter bien plus.
"La mesure est anti-économique. On l'a démontré, on le démontrera. Là où l'État annonce 300 millions et quelques de bénéfices, nous pensons que ce sont des centaines de millions d'euros de pertes. Il n'y a pas de logique économique", tacle-t-il.
Relancé, Maxime Saada enfonce le clou, laissant penser c'est en réalité Vincent Bolloré qui est visé par cette mesure. "Je dis que c'est une décision politique parce qu'elle n'est pas raisonnée, c'est une décision absurde qui n'a aucun sens économique et donc elle ne peut être que politique.", estime ainsi le PDG du groupe.
"Il y a un an, l'administration fiscale a confirmé le taux de TVA réduit de Canal+. (...) Il y a un mois, le président Macron a un sommet sur la culture, a dit qu'il faut préserver le trésor qu'est l'exception culturelle. Un mois plus tard, on se retrouve avec une décision qui met à bas tout le financement du cinéma français et potentiellement le financement du sport", résume finalement Maxime Saada.
Selon ce dernier, avec un projet de loi sur le budget 2027 qui arrive devant les parlementaires, "rien n'est joué et nous espérons bien faire changer la trajectoire de ce texte". Maxime Saada assure que des amendements ont déjà été déposés dans le texte. Reste à savoir si celui-ci sera voté.
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