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Hommage national à Belmondo : "J'aimerais que ce soit joyeux", dit Claude Lelouch

INVITÉ RTL - Le réalisateur revient sur ses souvenirs avec l'acteur. Son sourire, son sens de l'humour et leurs films ensemble.

Claude Lelouch sur RTL le 7 septembre 2021
Claude Lelouch sur RTL le 7 septembre 2021
Crédit : RTL
Hommage à Jean-Paul Belmondo avec Claude Lelouch, invité en direct de Stéphane Boudsocq et d'Yves Calvi : la carrière et la place de l'acteur dans le cinéma français
22:21
Hommage à Jean-Paul Belmondo avec Claude Lelouch, invité en direct de Stéphane Boudsocq et d'Yves Calvi : la carrière et la place de l'acteur dans le cinéma français
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Stéphane Boudsocq & Aymeric Parthonnaud

Un hommage national sera rendu à Jean-Paul Belmondo aux Invalides jeudi 9 septembre prochain a annoncé l'Élysée au lendemain de la disparition du comédien. "J'aimerais que ce soit joyeux. Que ce soit joyeux pour que ça lui ressemble. Il ne faudrait pas qu'on ait tous des gueules d'enterrement, souligne le réalisateur Claude Lelouch invité de Laissez-Vous Tenter ce 7 septembre 2021. Ça serait triste et il n'aimerait pas ça. Je lui avais demandé en marge d'Itinéraire d'un enfant gâté s'il croyait en Dieu et il m'a dit : 'si Dieu a le sens de l'humour, alors je crois en lui'. 

"Je l'ai rencontré tout de suite après À bout de souffle, il est devenu très vite une star, en un film, il était sur orbite. Il ne se prenait jamais au sérieux. Il est passé de l'anonymat à la star en moins de 6 mois, il n'avait pas bien compris ce qui lui était arrivé, se souvient le metteur en scène. Un homme qui me plait en 1969 a été le premier film entre Jean-Paul Belmondo et Claude Lelouch... Il y aura, près de 20 ans plus tard, Itinéraire d'un enfant gâté puis Les Misérables en 1995... 

Quand il débarque sur nos écrans à la fin des années 50 et bien entendu dans À bout de souffle de Godard en 1960 c'est une révolution. Cette Nouvelle Vague, il en est le visage. À 27 ans, ce n'est plus un gamin mais il en conservera toujours le caractère... Là où Gérard Philippe ou Jean Marais avaient incarné la beauté presque antique et le jeu très théâtral, Belmondo lui arrive avec une autre beauté, un autre physique, un ton juste et naturel...

Jean-Paul Belmondo comme Alain Delon, a imposé son nom comme une marque : chaque année un film (comédie ou action), le mot "Belmondo" tout en haut de l'affiche en plus gros que le titre et puis des immenses cartons que ce soit Le professionnel, Le marginal, L'as des as, Peur sur la ville, Le guignolo, Le solitaire ou Flic ou voyou de Lautner en 79... 

Il n'a jamais emmerdé les gens avec ses soucis

Claude Lelouch
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Quand Claude Lelouch retrouve Jean-Paul Belmondo en 1988 pour Itinéraire d'un enfant gâté, il lui offre autre chose : ce personnage de Sam Lion, enfant abandonné devenu milliardaire qui va faire croire à sa mort avant de revenir... Il avait 55 ans à l'époque. Le réalisateur lui offre autre chose à jouer. 

"Ce film arrive à un moment où Jean-Paul et moi on a un petit creux avec le public, raconte le réalisateur. On produit le film tous les deux et on se dit : on va prendre tous les risques, on va parler de choses très sérieuses mais on va les casser. Ce que j'aime chez Jean-Paul, c'est quand il joue des hommes moins dégueulasses que les autres, des hommes qui ont les qualités de leurs défauts. J'ai jamais aimé les super-héros ou les super-salauds parce que je n'en ai jamais rencontré. (...) On a eu ce petit creux ensemble et on a bouché le trou". Jean-Paul Belmondo recevra le César du meilleur acteur pour ce rôle, trophée qu'il n'est pas allé chercher... 

"Ce qu'il y a de formidable avec Jean-Paul c'est qu'on passe toujours par l'humour. On a le sujet et puis il se demandait toujours si les gens allaient comprendre. Ça l'obsédait. Quand on a tourné Les Misérables il avait peur qu'on s'éloigne trop de l'œuvre originale et qu'on nous le reproche, se souvient le réalisateur.

Dans la fin de sa vie, Jean-Paul Belmondo était diminué et il a composé avec un corps qui le lâchait peu à peu. "Je ne l'ai jamais vu pleurnicher ou se plaindre. C'était toujours la banane et la rigolade. C'est un exemple de courage incroyable. La dernière fois que je l'ai vu, il ne parlait plus, mais son sourire disait tellement de choses... Jusqu'au bout, il n'a jamais emmerdé les gens avec ses soucis, commente Claude Lelouch.

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