1. Accueil
  2. Culture
  3. Ciné et séries
  4. Cannes 2021 : Sandrine Kiberlain raconte les "quotidiens fauchés" dans "Une jeune fille qui va bien"
3 min de lecture

Cannes 2021 : Sandrine Kiberlain raconte les "quotidiens fauchés" dans "Une jeune fille qui va bien"

Le premier film de l'actrice devenue réalisatrice raconte la jeunesse d'Irène une amoureuse de 19 ans dont la vie est percutée par l'histoire en 1942 à Paris...

Rebecca Marder dans "Une jeune fille qui va bien"
Rebecca Marder dans "Une jeune fille qui va bien"
Crédit : Jérôme Prébois
3e jour du Festival de Cannes et une rencontre avec Sandrine Kiberlain, qui présente son premier film de réalisatrice "Une jeune fille qui va bien". Stéphane Boudsocq.
22:29
3e jour du Festival de Cannes et une rencontre avec Sandrine Kiberlain, qui présente son premier film de réalisatrice "Une jeune fille qui va bien". Stéphane Boudsocq.
22:29
Stéphane Boudsocq & Aymeric Parthonnaud

Jusqu'au 17 juillet, nous vous faisons vivre la 74e édition du Festival de Cannes chaque jour depuis la Croisette... Au programme de cette 3e journée de compétition officielle, il y a deux films : Lingui réalisé par le Tchadien Mahamat Saleh-Haroun et Julie en 12 chapitres signé du Danois Joacim Trier. Ces deux films concourent pour la Palme d'Or mais il y a également d'autres sélections à Cannes. Trois principales avec chacune des dizaines de films à découvrir et leur propre palmarès : La Quinzaine des Réalisaeurs, Un Certain Regard et La Semaine de la Critique... 

C'est à cette dernière que nous nous intéressons aujourd'hui puisque Sandrine Kiberlain y présente ce jeudi son premier film de réalisatrice : Une jeune fille qui va bien. "Oui, justement, je découvre tout. Je suis étonnée de tout. J'étais extrêmement émue, confie l'actrice devenue réalisatrice J'ai fait des bonds quand on m'a appris que le film était sélectionné à la Semaine. On est seul dans une pièce à écrire, à imaginer des personnages, une histoire, un début, un milieu, une fin. Je me souviens, je me disais, mais je n'arriverais jamais à raconter plus d'une page sur un personnage et encore moins à faire qu'il rencontre d'autres personnages et encore moins à le faire vivre pendant une heure et demie, à lui faire vivre l'histoire que j'avais en tête... Me dire que des gens vont le voir. C'est complètement fou."

Ce film conte l'histoire d'une jeune fille qui s'appelle Irène, qui a 19 ans, qui va tomber amoureuse, qui est amoureuse de sa famille, qui est amoureuse du théâtre. Une jeune fille passionnée, naïve. Mais nous sommes en 42 à Paris et la bête progresse...

"Je ne me suis jamais remise d'avoir compris un jour qu'il y avait eu cette injustice folle, cette folie qui fait encore débat aujourd'hui. Comment, en ayant vécu une telle monstruosité, une telle barbarie, une telle folie, comment on peut encore en parler aujourd'hui, comme dans des choses qu'on pourrait revivre ?, s'interroge Sandrine Kiberlain. Cette histoire me fait me questionner. Pas parce que je viens d'une famille juive polonaise, ce sont mes origines - d'ailleurs, mais je ne traite pas ça dans le film. Ma famille, j'y tiens, est française, je suis française et on ne se sentait pas menacé de la même manière à cette époque, quand on était français". 

Les échos du passé

À lire aussi

"Ce qui m'intéresse, c'est le quotidien de chacun d'entre nous. Mais aujourd'hui comme à l'époque, quand on vit, on se lève, on prend un petit déjeuner, on se balade, on fait notre métier, on a des passions, on est assez plus ou moins léger en fonction de nos vies, complète la réalisatrice. Mais on vit notre vie. Et puis, on sent quelque chose. On l'a vécu il n'y a pas si longtemps d'ailleurs. On sent quelque chose qui change, mais on est à ce moment-là dans le présent de ce moment et on ne peut pas présager de ce qui va se passer. Là, en l'occurrence, dans mon film, on ne peut pas imaginer. Les personnages ne peuvent pas imaginer ce que nous, on sait puisqu'on a 70 ans d'avance sur eux."

Un film très émouvant et très troublant. On est en 42. Il y a d'abord cette étape où il faut marquer "Juif" sur les papiers. Puis après, on porte l'étoile jaune. Et puis on sait malheureusement ce qu'il est advenu. Ce destin tragique n'est pas figé dans le passé et il reste éminemment moderne lorsque l'on voit ce qu'il peut se passer aujourd'hui pour les chrétiens coptes en Égypte, pour Ouïghours en Chine, pour les bouddhistes au Népal. "Irène, c'est notre sœur à tous, à toutes. À travers cette héroïne que je décris là, j'ai pensé à tous ceux à qui vous pensez aujourd'hui. Ces quotidiens fauchés", explique  Sandrine Kiberlain.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/