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"Black Panther 2: Wakanda Forever" : le deuil au cœur d'un Marvel puissant

NOUS L'AVONS VU - Après un premier volet historique, les habitants du Wakanda sont de retour dans un film qui fait de la mort sa thématique principale. Notre critique, sans spoiler.

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Le roi est mort. Avec la disparition soudaine de son interprète principal, Chadwick Boseman, la toute nouvelle franchise de Marvel Black Panther devait relever un défi de taille : intégrer le décès de T'Challa, notre super-héros vêtu de noir, devenu l'un de ses personnages les plus emblématiques du Marvel Cinematic Universe (MCU). Après l'annonce du décès du comédien, plusieurs solutions s'offraient aux producteurs du film : remplacer l'acteur dans son rôle de roi du Wakanda ou puiser dans la peine collective de cette disparition

Afin de respecter la peine du public et de l'équipe du film et pour éviter un jeu malsain de comparaison entre deux acteurs, le réalisateur Ryan Coogler a fait le choix de transposer ce choc dans son univers fictionnel. C'est ainsi que commence ce deuxième volet de Black Panther. Le voile du deuil est tombé sur le royaume fictif du Wakanda, une fois de plus. La superpuissance mondiale qui vit dans le secret et sa famille royale sont, une nouvelle fois frappés au coeur, et plusieurs menaces pointent à l'horizon. 

Que faire sans T'Challa ?

Nous ne rentrerons pas ici dans les détails de l'intrigue de ce Wakanda Forever afin de préserver le plaisir de la découverte. Vous pouvez donc compter sur nous pour ne pas dévoiler de grands spoilers dans la suite de cet article. Idem pour les traditionnelles scènes post-génériques, nous vous conseillons simplement de rester jusqu'à ce que l'écran de votre cinéma s'éteigne pour ne pas rater certaines révélations très importantes. 

Pour aller à l'essentiel, nous pouvons simplement dire que ce Black Panther 2 est une franche réussite. Par sa maîtrise scénaristique, ses enjeux thématiques imposés et par son casting, le nouveau film du MCU fait bien mieux que le premier volet des aventures du super-héros africain. Un film qui a fait sensation mais qui restait assez classique dans sa structure. 

À écouter aussi

Avec l'absence de T'Challa, le trône du Wakanda est désormais vacant. Pire encore, nul ne peut reprendre le rôle du défenseur Black Panther puisque la fleur magique qui permet à l'héritier de communier avec ses ancêtres et d'obtenir certains pouvoirs surnaturels a disparu. Si le premier film nous offrait le plaisir incomparable de découvrir la suprématie du Wakanda sur le monde, cette suite nous offre un spectacle nettement plus intrigant puisque le Wakanda est en péril. 

Des menaces intérieures et extérieures

À écouter

234. Le phénomène "Black Panther"
00:19:23

La famille royale n'a plus boussole. La reine mère Ramonda (incarnée par Angela Bassett) doit faire ce qu'elle peut avec les moyens à sa disposition. La soeur prodige de notre héros disparu, Shuri (Letitia Wright) a perdu de sa bonne humeur pour osciller entre déprime et désir de vengeance. Les autres tribus sont dans le doute. Les États-Unis et les autres puissances mondiales (dont la France qui se fait copieusement humilier pendant une courte séquence introductive) veulent profiter de cette faiblesse pour découvrir les secrets du fameux vibranium, ce métal qui offre au royaume sa domination technologique. Et c'était sans compter sur une autre civilisation secrète, vivant dans les abysses, qui vient directement titiller nos héros. 

Cette multiplication des conflits qui emprunte aux tragédies familiales autant qu'aux enjeux géopolitiques post-coloniaux, permet à Black Panther 2 de nous tenir en haleine tout au long des 2h42 du long métrage. Si le film fonctionne aussi bien c'est avant tout grâce aux femmes qui tiennent à elles seules la quasi-totalité du film. Car si le deuil et la domination sont deux thèmes centraux du film, la figure maternelle est présentée comme la clef de voute de la résilience de ce monde plus dangereux que jamais. 

Letitia Wright, Lupita Nyong'o (Nakia), Danai Gurira (Okoye) et Angela Bassett font un travail assez remarquable tout au long du film. Celles et ceux qui étaient frustrés de ne pas profiter plus pleinement du talent de ces grandes comédiennes seront contents de constater qu'elles ont, cette fois, de la place pour développer leurs émotions. Angela Bassett est tout particulièrement éclatante dans son rôle de mère brisée. 

Sous l'océan...

L'autre aspect qui rend le film particulièrement séduisant est Namor, le grand méchant du film. À l'instar d'un Thanos, Namor offre une certaine subtilité à son personnage. Est-il un allié objectif ? Un redoutable ennemi capable de rayer le Wakanda de la carte ? Ses motivations semblent justes. Du moins, le film prend le temps de nous les faire comprendre afin de tisser un lien d'empathie entre lui et nos héros (et donc le public). 

L'interprétation menaçante de Tenoch Huerta est réussie et on se prend à être surpris par le péril considérable qu'il représente. Il n'y a rien de pire qu'un film dont les enjeux sont limités aux personnages secondaires. Ici, même les héros sont en danger et on craint pour eux... De quoi maintenir le suspense à un bon niveau. 

Techniquement, les apparitions de Namor et de ses camarades aquatiques sont l'occasion de briller du côté des effets spéciaux. Les décors sous-marins, les scènes d'action... Tout est réussi (à l'exception de quelques explosions ou de certaines armes du Wakanda qui semblent sorties d'un jeune vidéo du début des années 2000). Lors le film se plonge dans l'intimité des personnages, dans des décors naturels, joue avec la lumière du soleil, avec la richesse des tenues et des accessoires... Là Black Panther 2 brille visuellement. 

Palpitations

Reste le plus important : l'émotion. Black Panther est un film Marvel donc les fans seront ravis de retrouver le mélange entre action, comédie et émotion qui caractérise le MCU depuis de longues années. Certaines blagues font mouche (à condition d'avoir les références culturelles nécessaires), l'action est toujours très bien orchestrée et, cette fois, une part assez importante de l'intrigue est consacrée à l'émotion. Les dialogues, les événements et même la réalisation appuient cet aspect. On retrouve ici et là une touche WandaVision ou Eternals qui fonctionne très bien.

Les questions politiques, sociales et culturelles qui ont fait la force du premier Black Panther sont toujours bien présentes. La musique tient toujours une place de choix aussi dasn les points forts de ce film. Outre le retour en fanfare de Rihanna qui signe deux titres (et son retour), la totalité de la bande originale de Wakanda Forever accompagne à la perfection le feu d'artifice visuel. 

Après des films d'une Phase 4 qui n'ont pas toujours séduits Black Widow (très critiqué et zappé par beaucoup de fans), Shang-Chi (drôle et de qualité mais sans phénomène de masse), Eternals (trop différent), Doctor Strange in the Multiverse of Madness ou encore
Thor: Love and Thunder... Black Panther 2: Wakanda Forever devrait mettre tous les fans de la franchise d'accord.

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