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André Wilms, acteur fétiche d'Aki Kaurismäki, est mort

L'acteur, qui interprétait le père de famille dans "La vie est un long fleuve tranquille", est décédé à l'âge de 74 ans. Il doit apparaître une dernière fois à l'écran dans le "Maigret" de Patrice Leconte, qui sort le 23 février.

André Wilms au festival de Cannes, le 17 mai 2011.
André Wilms au festival de Cannes, le 17 mai 2011.
Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP
Sandra Cazenave & AFP

André Wilms était connu pour ses collaborations avec le réalisateur finlandais Aki Kaurismäki dont il était l'acteur fétiche. Le comédien est décédé, mercredi 9 février, à l'âge de 74 ans dans un hôpital parisien. La raison de son décès n'a pas été communiquée par sa famille, a indiqué jeudi 10 février son agent Sébastien Perrolat à l'AFP. 

Acteur de théâtre et de cinéma, metteur en scène sur les planches, André Wilms s'est fait connaître du grand public en jouant M. Le Quesnoy dans La Vie est un long fleuve tranquille (1988), d'Étienne Chatiliez. Son personnage est un cadre supérieur qui vouvoie son épouse et se fait vouvoyer par ses cinq enfants. "Si tu bois froid juste après le potage chaud, ça va faire sauter l'émail de tes dents, Emmanuelle", explique-t-il par exemple.

Puis, il avait été apprécié des cinéphiles grâce aux films tragicomiques d'Aki Kaurismäki. Ensemble, ils ont tourné La Vie de bohème (1992), Les Leningrad Cowboys rencontrent Moïse (1994), Juha (1999), Le Havre (2011), présenté au Festival de Cannes, L'Autre Côté de l'espoir (2017). Des films marqués par des dialogues poétiques, avec une tendresse certaine pour ses personnages.

André Wilms s'esclaffait quand on l'interrogeait sur le fonctionnement d'un plateau dont le patron ne parle pas la langue : "Les grands metteurs en scène n'ont pas besoin de parler ! Il me disait : 'Play like an old gentleman. Ne cours pas. Ne renverse rien'... Tout le monde court dans les films aujourd'hui". "Aki est l'un des rares metteurs en scène qui ne prend pas les acteurs pour des analphabètes, quoiqu'il y en ait beaucoup", disait-il encore.

"C'est l'époque qui impose les acteurs"

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André Wilms s'est toujours méfié des aléas de la célébrité. Natif en 1947 de Strasbourg, où il obtient un CAP de plâtrier, il quitte sa ville natale pour Toulouse. Devenu machiniste dans un théâtre, il est alors tenté de monter sur les planches. Il y parvient comme figurant.

"On m'a toujours mis dans les rôles de nazis, parce que je parlais bien allemand", se souvenait-il. Cette maîtrise de la langue de Goethe lui servira quand il montera à Paris et décrochera un rôle dans un "Faust" mis en scène par Klaus Michael Grüber.

"C'est l'époque qui impose les acteurs (...) Belmondo, tout le monde le trouvait laid. Depardieu, on disait que c'était un jeune premier agricole. Et donc je crois que les gueules évoluent avec l'époque", constatait-il. "J'aimerais dire que je ne suis pas responsable de ma gueule."

Dans sa jeunesse, il s'était engagé au sein de la Gauche prolétarienne, organisation maoïste du début des années 1970. "On cherchait cette utopie, désespérément (...) donc on a espéré en la Révolution chinoise (...) Tout ça s'est effondré. J'ai quelques camarades, il y en a qui se sont suicidés, d'autres qui sont devenus muets. J'y ai cru, vraiment. Je croyais même que le théâtre pouvait changer", expliquait-il. Il doit apparaître une dernière fois à l'écran dans le Maigret de Patrice Leconte, qui sort le 23 février.

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