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YouTube, Facebook et TikTok accusés de profiter des vidéos de maltraitance animale

Une enquête menée par des groupes de protection des animaux pointe le laxisme des plateformes face aux vidéos mettant en scène des actes de cruauté envers les animaux.

Exemple de vidéo mettant en scène un faux sauvetage de chien étouffé par un seprent
Exemple de vidéo mettant en scène un faux sauvetage de chien étouffé par un seprent
Crédit : Asia for Animals
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Des milliers d’animaux à travers le monde sont soumis à des actes de cruauté dans le cadre de vidéos macabres qui rapportent de l’argent aux plateformes sur lesquelles elles sont diffusées. Telles sont les conclusions d’un rapport publié mercredi 25 août par une coalition d’associations de protection des animaux, Asia For Animals, qui accuse directement YouTube, Facebook et, à un degré moindre, TikTok de complicité avec ces contenus lucratifs. 

Entre juillet 2020 et août 2021, les auteurs de l’enquête ont documenté près de 5.500 liens de vidéos mettant en scène des actes de cruauté, en grande majorité sur YouTube, cumulant plus de 5 milliards de visionnages. Ces contenus revêtent de nombreuses formes allant de la souffrance animale causée involontairement ou par ignorance - comme les vidéos d'animaux habillés comme des humains - à la cruauté intentionnelle, le plus souvent, créée à dessein pour générer de l’engagement, sous la forme de likes, de commentaires et de partages, et obtenir une rémunération financière.

Ce sont des animaux stressés, maltraités, enterrés, noyés ou incendiés, des chatons piétinés, des chiots et des canards étouffés à mort par des serpents, des singes saoulés à la vodka, des mises en scène de sauvetage… Publiées à titre de divertissement et vues par des milliards de téléspectateurs, ces séquences optimisées pour les algorithmes des plateformes passent entre les mailles des systèmes de modération. Elles peuvent rapporter des millions d'euros à leurs créateurs et aux plateformes qui les monétisent en utilisant les outils publicitaires à leur disposition. Les auteurs du rapport estiment que YouTube a gagné ainsi jusqu'à 12 millions de dollars en trois mois fin 2020 grâce au partage de contenus de ce type.

Exemple de vidéo épinglée par l'association
Exemple de vidéo épinglée par l'association
Crédit : Asia For Animals

Modération défaillante des plateformes

La grande majorité des vidéos documentées par les enquêteurs est issue de YouTube, où des chaînes spécialisées dans ce type de contenus peuvent rassembler plusieurs dizaines de millions d'abonnés. Sollicité par RTL, YouTube affirme que le contenu représentant de la violence ou des abus envers les animaux n'a jamais été autorisé sur sa plateforme. "Nous appliquons nos politiques en utilisant une combinaison de machine learning (apprentissage automatique) et de vérification humaine, et nous révisons périodiquement nos politiques pour nous assurer qu'elles sont à jour. Ce travail est en cours", assure l'entreprise. 

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YouTube rappelle qu'il a élargi en début d'année "sa politique en matière de violence et de graphisme concernant les contenus relatifs à la maltraitance des animaux, afin d'interdire plus clairement les contenus présentant des souffrances physiques ou des dommages délibérés aux animaux, y compris les contenus présentant des sauvetages d'animaux qui ont été mis en scène et placent l'animal dans des scénarios dangereux".

Mais les auteurs du rapport expliquent que des vidéos signalées à de multiples reprises restent généralement longtemps en ligne sur la plateforme et sont souvent republiées après leur suppression. 

Facebook abrite également une part conséquente de vidéos de maltraitance animale. Ces contenus rentrent évidemment en infraction avec les standards de sa communauté. Mais la plateforme peine à lutter contre leur diffusion car ils transitent en dehors de ses radars, à la fois dans les groupes privés et dans les boucles WhatsApp, protégées par le chiffrement. Joint par RTL, le réseau social n'a pas encore réagi à la publication de cette enquête.

De son côté, TikTok, principalement épinglé pour des vidéos de maltraitance involontaire mettant en scène des animaux dans des situations stressantes, précise à RTL qu'il n'avait pas été sollicité par l'association au moment de la publication du rapport. Le réseau social rappelle que "les règles communautaires de la plateforme indiquent très clairement que les contenus gratuitement choquants, sadiques ou macabres sont interdits, et plus particulièrement tout contenu qui évoque des actes de cruauté envers les animaux". TikTok assure également qu'il applique ces règles de façon proactive et souligne que plus de 61 millions de vidéos ont été supprimées par ses soins au premier trimestre 2121, soit moins de 1% de l'ensemble des vidéos téléchargées sur la plateforme.

Côté utilisateur : signaler ces contenus et ne pas les visionner

Mais ces mesures restent insuffisantes aux yeux des associations qui exhortent les plateformes à obtenir des résultats plus significatifs. "À ce jour, les organisations de protection des animaux ont eu très peu de succès dans la lutte contre ce problème et les géants des médias sociaux tels que YouTube, Facebook et TikTok continuent de le laisser en grande partie sans réponse sur leurs plateformes", déplorent les auteurs du rapport qui affirment les avoir interpellés à ce sujet sans effet. 

La coalition demande la mise en place de systèmes de modération plus efficaces pour identifier et supprimer les vidéos de maltraitance animale et améliorer les mécanismes de signalement par les utilisateurs. Le rapport invite aussi les personnes qui tomberaient sur ces vidéos à les signaler et à ne pas les visionner, les partager ou interagir avec elles afin de ne pas augmenter leur popularité. 

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