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"Aucun élément permettant de les relier à un trafic d’enfants" : Vinted répond à la polémique sur les annonces de jouets qui enflamme TikTok

Des vidéos virales sur les réseaux sociaux affirment que des annonces publiées sur Vinted cacheraient un vaste trafic d’enfants à travers des codes dissimulés dans les descriptions et les prix. Face à l’ampleur de la polémique, la plateforme réfute catégoriquement ces accusations. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nanterre.

Une annonce sur Vinted

Crédit : Capture d'écran TikTok

Yasmine Boutaba

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La plateforme Vinted abrite-t-elle un trafic d’enfants derrière des annonces de jouets d’apparence anodines ? Tout est parti de plusieurs vidéos virales montrant des annonces de jouets vendus à des prix extrêmement élevés, accompagnées de mentions qui ont alimenté les soupçons.

Une figurine est ainsi proposée à 8.950 euros, avec la mention "12 à 18 mois, 80 cm", des informations qui ne correspondent manifestement pas au jouet présenté. Une peluche Hello Kitty est affichée à 30.000 euros, avec la taille "152 cm" et la mention "12 ans". Une autre annonce évoque une figurine de ballerine vendue au même prix, indiquée destinée aux enfants de "14 ans", accompagnée d’une description particulièrement dérangeante : "La meilleure des figurines, elle peut tenir si on utilise des objets comme un bâton bien dur ou un objet mouillé pour son âge".

D’autres annonces interpellent aussi les internautes, notamment une peluche avec une description glaçante : "9 ans, bon état, féminin, vierge" ou encore un maillot de bain porté par une enfant, proposé à près de 13.000 euros.

@katu.bd creepy (sorry for the quality) #fyp #realproblem #vinted #childaabuseawareness #francia ♬ sonido original - K𝔞𝔱𝔲 ˚. 🪱ᵎ

Dans les commentaires, certains y ont vu un système de codage destiné à masquer un trafic d’enfants. "Je suis terrifié de voir ça", écrit un internaute. "Vinted est complice !", lance un autre.

Des créateurs de contenus appellent à signaler les annonces

La polémique a été amplifiée par plusieurs créateurs de contenus. Une influenceuse américaine affirme dans une vidéo qu’"un trafic se passe sous nos yeux" et appelle les internautes à massivement contacter Vinted.

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Dans ce sens, l'influenceur français Maskam, suivi par plus de 350.000 abonnés s'est, lui, engagé à traquer les vendeurs et à partager son investigation sur Snapchat et TikTok. Le créateur de contenus a alors affirmé avoir contacté plusieurs vendeurs afin de vérifier ces soupçons. Dans une vidéo avec des captures d'écran à l'appui, il explique avoir négocié le prix d’une figurine Mario affichée à 18.000 euros avant de demander directement au vendeur l’âge correspondant. Celui-ci lui aurait répondu "un an et demi", puis précisé qu'il s'agissait d'un "garçon".

@100rancoeur

Je filmerais tout sur sc:maskam84, suite à ça je ne reviendrais plus sur cette affaire.

♬ son original - Maskam

Dans une autre vidéo, le créateur de contenus raconte être allé jusqu'au bout de sa démarche en fixant un rendez-vous avec le vendeur - qu'il a eu au téléphone au préalable - après plusieurs échanges. Une fois sur place, personne ne s'est présenté. Il montre avoir ensuite reçu un message indiquant : "J’ai trouvé une meilleure demande sur le dark web". L’influenceur appelle toutefois ses abonnés à ne pas reproduire cette démarche et les invite plutôt à effectuer des "signalements sur le 119 ou Pharos - Plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements, qui permet de signaler en ligne les contenus et comportements illicites de l'internet".

"Aucun élément permettant de les relier à un trafic d’enfants" : la réponse ferme de Vinted

Créée en 2018 et présente dans 18 pays, la plateforme de vente entre particuliers Vinted fait ainsi face depuis plusieurs jours à une vague d’accusations. Sollicitée par RTL.fr, Vinted a déclaré ce jeudi 25 juin avoir "pris connaissance des annonces actuellement diffusées en ligne" et affirme "qu’après notre enquête, nous n’avons trouvé aucun élément permettant de les relier à des activités de trafic d’enfants".

L’entreprise explique que l’âge affiché dans certaines annonces ne correspond pas à celui d’une personne, mais à "la tranche d’âge à laquelle le jouet est destiné", comme cela "figure sur les emballages" des fabricants. "Ce champ est utilisé dans toutes les catégories de produits, et pas uniquement pour les vêtements", justifie le site spécialisé dans la seconde main.

Des figurines vendues sur Vinted.

Crédit : Capture d'écran Vinted

Concernant les montants parfois astronomiques affichés - plusieurs milliers voire plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une figurine ou une peluche - Vinted évoque plusieurs explications : des objets ayant une "véritable valeur de collection", des "provocations", ou encore "des tactiques de négociation ou de désinformation".

Des signalements pris "très au sérieux"

La plateforme assure aussi prendre ces signalements "très au sérieux" et rappelle qu’elle retire toute annonce suspecte grâce à ses outils de détection ou aux signalements des utilisateurs. Elle précise pouvoir "suspendre des comptes et collaborer avec les forces de l’ordre lorsque cela s’avère nécessaire."

Vinted met aussi en garde contre les dérives observées depuis le début de la polémique. Selon l’entreprise, certains utilisateurs publient volontairement de fausses annonces pour "piéger" d’autres membres "qu'ils soupçonnent à tort", tandis que d’autres contactent des vendeurs" en se faisant passer pour des acheteurs avant de les menacer de les dénoncer à la police". Si la plateforme "comprend les inquiétudes", elle estime que ces comportements relèvent "du harcèlement", et "compliquent le travail de modération de la plateforme et peuvent perturber de véritables enquêtes, tout en mettant nos membres en danger". 

Le lendemain, Vinted a communiqué dans une story Instagram, en anglais, pour rassurer les clients ce vendredi. "Nous avons enquêté sur les annonces [de jouets] relayées en ligne et nous n’avons trouvé aucun élément crédible qui lie cela à un trafic d’enfants. Ces annonces sont délibérément fausses, nous les supprimons progressivement et prenons nos dispositions pour ces comptes, incluant d’en bannir. Nous collaborons étroitement avec les autorités qui mènent de leur côté leur propre investigation. Nous travaillons sans relâche pour que Vinted soit safe pour nos membres" peut-on lire. 

Une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nanterre pour vérifier les signalements

Si aucune preuve de trafic n’a été établie à ce stade, les autorités ont décidé de vérifier les signalements. Le parquet de Nanterre a annoncé vendredi 26 juin l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée à l’Office des mineurs (OFMIN), afin de "vérifier" les soupçons de trafic d’enfants évoqués sur Vinted.

La Haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, avait auparavant saisi Pharos et l’Arcom, après avoir signalé l’existence de comptes qu’elle jugeait suspects. Le parquet n’a toutefois pas indiqué, à ce stade, si certains des signalements s’étaient révélés fondés.

Par ailleurs, un article publié par 20 Minutes, qui rapportait avoir échangé avec un prétendu vendeur d’enfant, a depuis été corrigé. Le média a expliqué que la personne derrière l’annonce était en réalité un lycéen de 17 ans ayant créé cette publication afin de piéger des personnes qu’il soupçonnait d’être des prédateurs sexuels.

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